L’Afrique célébrée
L’Afrique célébrée

La Galerie Africaine célèbre jusqu’au 9 septembre 2025, les œuvres de Camara Gueye, de Yao Metsoko et de Junior Mvunzi, artistes qui tous ont été sélectionnés à différentes éditions de la Biennale de Dakar. Elle rend aussi hommage au savoir-faire des maîtres-bronziers du Burkina Faso dont Siriki Ky, Y. Touré, I. Guire, I.Gandema, H. Yameogo & I.& A. Dermé.

 Camara Gueye 

C´est à BIGNONA où son père servait comme médecin vétérinaire qu´est né un 15 Août 1968, Amadou CAMARA GUEYE et où il a passé tout son enfance. Jeune, il se plaisait à griffonner tous les murs de la maison avec du charbon de bois. C´est comme si ce dessin au charbon lui revenait : il aime beaucoup travailler sur de grands supports au fusain et crayon au tracé large. Sorti major des Beaux-Arts de Dakar en 1997, sa sélection en 2000 à la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, favorise immédiatement sa carrière à l’international. En 2005 il se perfectionne en céramique au European Ceramic Center à Hertogenbosch aux Pays-Bas. Vite repéré par un Hollandais qui le collectionne, il lui ouvre les portes de l’Europe, et est invité lors de plusieurs résidences. Il Participe à de nombreuses éditions de la Biennale de Dakar, Dak’Art en in et en off, lors du festival Mondial des Arts Nègres, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, à Paris, notamment au Musée Dapper, lors de l’exposition « le Sénégal contemporain », en Suisse – Genève & Zurich, – en Allemagne, à Liège, Bruxelles, en Autriche, en Espagne, à Beyrouth Francophonie), au Canada, à Los Angeles, Chicago, New York, Washington, & Shenzhen.

AO METSOKO

Chacune des créations de Yao Metsoko traduit une déclinaison de ses préoccupations où l’artiste associe le monde animal, minéral, végétal, humain à la question de l’invisible et aux mystères de la création. A travers les œuvres sur papier Yao Metsoko fait apparaître dans son traitement chromatique, des jeux de transparences entre les formes et la matière afin d’obtenir un agencement esthétique cohérent. Il pense en permanence la forme et finit l’exécution de ses œuvres avec tact et agilité. Créer c’est aussi pour lui la seule méthode mise à sa disposition pour essayer de comprendre le monde dans sa complexité, d’en retranscrire sa fragilité et celle des êtres vivants en relation avec l’univers. Dans les concepts abordés, il y a un jeu de correspondance entre le vivant et l’inerte, le visible et l’invisible, le passé et le présent. L’artiste matérialise sur ses toiles et dessins des énergies qui se déploient, qui s’ouvrent, qui se referment et dont il cherche à capter l’âme. Les totems et grands panthéons africains y sont évoqués pour dire l’unité cosmique. Pour représenter certains animaux qui ont une symbolique très forte, que ce soit l’éléphant, le margouillat, la tortue ou l’oiseau, l’artiste puise dans la cosmogonie africaine. Dans sa réflexion esthétique, Yao Metsoko écarte d’emblée des formes conventionnelles figées. Pour lui, les formes mutent toujours et nous interrogent à chaque instant ; elles peuvent être stables, bouger, se transformer, se multiplier voire s’effacer tout en continuant à se déployer dans des régions subtiles qui échappent à nos sens et ceci relève des mystères de la création. L’artiste saisit ces choses, il est un passeur d’énergies et un lanceur d’alertes des temps modernes ! Pour explorer cet univers mystérieux, l’artiste se laisse porter par son monde onirique ; comme par magie, des liens se créent entre un oiseau, un cheval et une cloche, une barque dans le firmament, lieu d’interrogation, lieu d’orientation. Mais qu’indique-t-il ? Nous sommes à l’intersection de deux mondes. A force de vouloir tout et trop rationaliser, l’on oublie la beauté de ces fluides et le monde magique. L’artiste capte ces forces, il emprunte aux contes et légendes africaines mais il sait dialoguer avec le monde qui l’entoure. Après une trentaine d’années d’exercices artistiques et de recherches, Yao Metsoko crée une écriture esthétique qui transcende des frontières culturelles et par son abstraction, lui garantit son universalité

Junior Mvunzi Sculpteur Performeur Photographe 

« Mon nom, Mvunzi signifie oiseau en lingala, c’est un oiseau petit et très joli. J’ai 34 ans, je suis diplômé en électronique et mécanique, j’ai effectué un bref passage à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa entre 2013 et 2015 où je me suis intéressé aux matières et aux formes. Ma pensée va à l’encontre du mythe répandu selon lequel les anges sont blancs, alors que l’histoire nous a appris que la première personne était noire. Mon rêve a toujours été celui de m’envoler à chaque fois que je me retrouvais dans une situation où des personnes maléfiques cherchaient à m’attraper. Rien ne peut m’arrêter tant que j’ai des ailes puissantes en métal et un corps hydride. Mon message c’est le costume appelé «MABELE YA MBOKA KONGO», ce qui signifie : la terre du Kongo. Nous savons tous combien le sous-sol congolais est riche en terres rares qui ne fait qu’entraîner le pays dans une pauvreté extrême et une guerre effroyable avec plus de 6 millions de morts. Parmi les 100 millions d’habitants, plus de 60 millions vivent avec moins de 2 dollars par jour. Mon cri est un cri de dénonciation. L’autre message que je veux faire passer alors que notre population est formée par 80% de jeunes est d’ordre positif : nous devons nous mettre au travail pour pouvoir voler de nos propres ailes : arrêtons de laisser faire le pillage de nos ressources par d’autres dont nous ne bénéficions en rien. Les photos datent de juillet 2022 et ont été prises dans mon studio à Kintambo. Cependant ce costume a fait des apparitions dans plusieurs quartiers depuis que je l’ai créé en 2020 pendant le covid. Il est entièrement composé de matériaux récupérés dans la rue et auprès de réparateurs en électronique : cuivre rouge, aluminium, plomb, fer, polyester, téléphone, microprocesseur, ordinateur, ventilateurs. MABELE YA MBOKA KONGO comprend le masque, le slip en cuivre rouge et l’aile qui mesure 90 cm et qui pèse un peu moins de 9 kilos. Mon imagination et la confiance en moi m’ont permis d’embrasser la rue, d’aller vers le public grâce à des performances artistiques. Certaines photographies de ces performances ont circulé sur les réseaux sociaux et dans quelques revues. La Galerie africaine me donne la chance de présenter pour la 1ère fois mes photos de studio. » ANGE BLACK HYBRIDE est une des dernières œuvres de Junior. On y retrouve toute la sensibilité de l’artiste, désireux que son pays puisse s’en sortir en prenant son destin en main, sans oublier l’hommage qu’il tient à rendre aux ancêtres, gardiens des terres sacrées.

Siriki Ky

Siriki Ky est un sculpteur Burkinabé. Depuis 1985, il est présent sur la scène internationale, en Italie, en Allemagne, en Belgique, en France et au Canada mais aussi en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal, où il participe à de nombreux symposiums de sculpture. Il a été l’initiateur, en 1988, du Symposium International de Sculpture sur granit de Laongo au Burkina Faso. Du granit du Burkina Faso à la neige en Europe, en passant par la pierre, le bois, le bronze, le fer, Siriki Ky interprète le monde, touchant à la fois aux points saillants révélés, cachés de l’existence : le réel et l’irréel, tradition et modernité, le sacré et le profane, Moi et Autrui. Faisant partie de la première génération d’artistes plasticiens burkinabé qui a reçu une formation académique, Siriki Ky, étudiant aux Beaux-Arts d’Abidjan, se perfectionnera à Pietrasanta en Italie avant de s’installer au Burkina Faso où il se fera connaître en remportant le Prix de la Fondation Afrique en Créations (1996) pour son projet « Sculpture sur granit de Laongo », un véritable musée à ciel ouvert.

La Galerie Africaine
Aude Minart
19 rue du Pont Louis Philippe
Paris 75004

https://www.lagalerieafricaine.com/

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