« Est-ce tromper si c’est juste dans la tête ? » En pensée comme en actes, jamais tromper n’a été aussi facile : applications de rencontre au catalogue infini, plateformes pour adultes à portée de pouce, IA capables de murmurer exactement ce qu’un conjoint ne dit plus. La tentation s’est dématérialisée, industrialisée, banalisée. Et pourtant, là où l’on attendait une France résolument acquise au polyamour et aux couples « ouverts », c’est l’inverse qui se dessine. Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 000 Français(es), cette enquête de l’institut Discurv pour XLovecam révèle un attachement au couple plus solide qu’attendu mais miné de l’intérieur par un imaginaire sexuel en fuite. Dans les actes, la quasi-totalité des couples restent exclusifs et la monogamie à vie demeure un horizon crédible. Dans les têtes, c’est une autre histoire : désir d’ailleurs, nostalgie des ex, pornographie dévaluante, IA confidente… L’imaginaire fait sécession, les corps restent à la maison. Portrait d’une France fidèle des actes, infidèle des esprits — et qui préfère désormais savoir.
CHIFFRES CLÉS
A) UNE TRANSGRESSION DU PRINCIPE D’EXCLUSIVITÉ QUI PROGRESSE EN LIEN AVEC UN RAPPROCHEMENT DES COMPORTEMENTS FÉMININS ET MASCULINS
1 – Près d’un(e) Français(e) sur trois (31%) admet avoir déjà été infidèle dans sa vie, soit deux fois plus qu’il y a une quarantaine d’années (16% en 1983). Au total, un(e) Français(e) sur deux (50%) a donc déjà eu (31%) ou pourrait avoir (19%) une aventure extraconjugale.
2 – Mais le fait le plus marquant tient à un rapprochement spectaculaire des comportements féminins et masculins : 29% des Françaises ont déjà été infidèles dans leur vie, soit un taux trois fois plus élevé que celui observé dans leurs rangs dans les années 80 (9% en 1983) ou à la fin des années 90 (12% en 1999).
3 – Plus d’un homme sur trois (36%) pourraient par ailleurs accepter de coucher avec une personne beaucoup plus belle / attirante que leur partenaire actuel si elle leur proposait d’avoir une relation sexuelle en toute discrétion, soit deux fois plus que les femmes (17%).
B) LES ÉCARTS DE BASSE INTENSITÉ S’AVÈRENT DAVANTAGE MASCULINS
4 – 42% des hommes ont déjà pensé à quelqu’un d’autre pendant un rapport (contre 36% des femmes), 23% ont déjà eu une conversation intime avec une IA (contre 18%) et 31% ont déjà échangé des messages ambigus avec un tiers (contre 26%).
5 – Plus d’un(e) Français(e) en couple sur deux (55%) avoue fantasmer sur une personne plus attirante que son/sa partenaire, un imaginaire qui s’avère davantage masculin (62%) que féminin (48%).
6 – La nostalgie des ex, un fantôme très genré. La comparaison rétrospective avec un·e ex n’épargne pas le couple : 50% des hommes en couple repensent avec nostalgie à leur vie sexuelle avec un·e ex, contre seulement une femme sur trois (36%).
C) ET POURTANT, LE COUPLE MONOGAME TIENT BON
7 – La fidélité pour la vie, un idéal qui résiste. Rester fidèle toute une vie demeure un horizon crédible pour une proportion de Français(es) (73%) aussi large qu’il y a quarante ans (80% en 1983).
8 – Le couple exclusif reste le premier régime relationnel : 92% des Français(es) en couple sont dans une relation d’exclusivité sexuelle, le couple « ouvert » ne concernant qu’une frange marginale (8%).
9 – Un partenaire actuel loin d’être dévalorisé par la comparaison avec les ex. Il juge que le conjoint est le plus beau (77%), le « meilleur coup » (72%) et le partenaire des expériences les plus folles (70%).
D) UN NOUVEAU RÉGIME : LA VÉRITÉ EXIGÉE, LA NON-EXCLUSIVITÉ TOLÉRÉE SI ELLE EST NÉGOCIÉE
11 – La vérité plutôt que l’ignorance ! En cas d’infidélité du conjoint, deux Français(es) sur trois (64%) préfèrent le savoir plutôt que l’ignorer, contre à peine une femme sur deux en 1983 (46%) une exigence de transparence portée par les plus jeunes (82% des 18-34 ans).
12 – Une non-exclusivité acceptable à condition d’être consentie. Si le couple ouvert reste marginal, l’expérience d’une non-exclusivité cadrée n’a rien d’anecdotique : 26% des personnes ayant été en couple ont déjà vécu une relation « libre » négociée, et 20% ont déjà eu des rapports à plusieurs (plan à trois, échangisme, soirée libertine).
LE POINT DE VUE GÉNÉRAL DE DISCURV SUR L’ÉTUDE
Au terme de cette enquête, un constat s’impose : le désir fait sécession, mais le couple tient bon. Là où l’on attendait le récit d’une France toujours plus libérée, multipliant les partenaires et désertant l’exclusivité, les données dessinent l’inverse un attachement intact à la fidélité comme idéal, une exclusivité ultra-dominante, et un repli sur soi qui l’emporte massivement sur tout appétit de pluralité. Mais cette façade fidèle est minée de l’intérieur. Dans les têtes, l’imaginaire s’évade en permanence : vers un·e ex que l’on regrette, vers une « meilleure option » que l’on fantasme, vers des images pornographiques qui dévaluent le réel, et désormais vers une intelligence artificielle prête à combler ce que le couple ne dit plus. Les Français(es) sont, en somme, devenus plus fidèles dans leurs actes que dans leur tête. Ce hiatus n’est pas une hypocrisie : c’est la signature du couple contemporain. Il assume de tenir ensemble l’attachement et la tentation, à la condition d’un nouveau pacte celui de la vérité. Car le véritable basculement de ces quarante années n’est pas la fin de la fidélité, mais la fin du secret : on accepte tout, sauf de ne pas savoir. Reste à savoir combien de temps un couple peut tenir sur cette ligne de crête, entre la fidélité des corps et l’infidélité des esprits.
« Étude Discurv pour XLovecam réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 13 au 15 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. »
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