L’esprit de la Nature
L’esprit de la Nature

Jusqu’au 28 septembre 2025, le Domaine départemental de la Roche- Jagu propose à ses visiteurs de découvrir les arts des peuples autochtones d’Amérique du Nord et leur rapport à la nature à travers une exposition d’objets issus de collections privées et de musées français.

L’art et la Nature sont indissociables pour les peuples autochtones d’Amérique du Nord. Les esthétiques de ces peuples s’inspirent de leur histoire, leurs mythes et leurs religions, issues de la terre.

Les peuples amérindiens ont un rapport différent du monde occidental avec les éléments qui les entourent (végétaux, animaux, minéraux), leur conférant souvent une âme ou un pouvoir. Toute création dans la nature est perçue comme sensible et vivante, connectée et en interaction avec les autres. Ce rapport à la terre est la matrice culturelle de ces peuples et il nourrit leur expression artistique. Le Domaine vous invite ainsi à découvrir les arts des peuples autochtones d’Amérique du Nord et leur rapport à la nature à travers une exposition d’objets issus de collections privées et de musées français.

Ils remontent aux XVIIIe , XIXe et début XXe siècles pour la plupart : ils sont caractéristiques du quotidien et des rituels spécifiques à chaque région. Chaque objet raconte une histoire et nous éclaire sur les traditions de ces peuples vivant dans des milieux naturels variés. Ils témoignent de ce lien entre ces arts et la nature qui perdure encore de nos jours.

Ces artefacts autochtones ne sont pas produits à des fins purement artistiques ; ils répondent aussi à des besoins matériels ou spirituels. Leur fonctionnalité a une incidence sur leur forme et sur leur décoration. Ainsi, l’aspect esthétique et l’aspect fonctionnel sont indissociables, tout comme le sacré est inhérent au quotidien.

En se concentrant sur cinq grandes aires géographiques et culturelles, cette exposition dévoile un fragment de toute la diversité culturelle de ces peuples :

1. L’EST ET LA REGION DES GRANDS LACS : artefacts issus des peuples ojibwa, delaware, huron, iroquois, cree…
2. LES GRANDES PLAINES, LE PLATEAU ET LE GRAND BASSIN : arts des peuples sioux, crow, blackfoot, cheyenne, comanche, ute, paiute…
3. LE SUD-OUEST ET LA CALIFORNIE : cultures hopi, pueblo, apache, navajo
4. LE GRAND NORD : productions artistiques des peuples inuit, yupik, inupiat, aléoute, ammassalik, athapascan…
5. LA CÔTE NORD-OUEST : sociétés haïda, salish, tlingit, nootka… Au total, ce sont 165 objets révélant la pluralité de ces peuples que le Domaine départemental de la Roche-Jagu donne à découvrir du 8 mai au 28 septembre 2025.

Il existe aujourd’hui plus de 1 100 nations amérindiennes officiellement reconnues au Canada et aux États-Unis. Y a-t-il un terme adéquat qui puisse désigner cette multitude de peuples aux cultures variées, complexes, issues de longues histoires ? « Il n’y a jamais eu de nom collectif convenable car, au départ, il n’y a jamais eu de collectif », affirme l’auteur d’origine cherokee Thomas King. La terminologie est pourtant une question centrale mais délicate, « friponne » selon King, lorsqu’il s’agit de nommer les peuples autochtones. Trouver une désignation collective relève de la gageure : Indiens d’Amérique du Nord (équivalent d’American Indians mais terme connoté, hérité de C. Colomb ayant cru avoir atteint les Indes via une nouvelle route au 15e siècle), Amérindiens (équivalent de Native Americans, terme pratique par sa brièveté mais pouvant revêtir une connotation colonialiste pour certains), Premières Nations (terme utilisé au Canada, pays qui reconnaît 2 autres groupes de peuples distincts : les Inuit et les Métis), Peuples Autochtones (traduction d’Indigenous Peoples, terme officiel des Nations Unies, privilégié pour cette exposition) ? Aucune solution n’est vraiment satisfaisante, car elle tend à être trop simplificatrice et à effacer la spécificité de chaque peuple, chaque culture, chaque société. Idéalement, afin de respecter l’identité et la souveraineté culturelle de chaque peuple, il s’agit de les désigner par le nom qu’ils se donnent dans leur propre langue, de manière collective, mais en prenant aussi en compte les noms des différentes nations qui les composent. Par exemple, les « Iroquois » s’appellent ainsi collectivement « Haudenosaunee » ou « Peuple Construisant la Longue Maison ». Ils regroupent aujourd’hui six nations s’appelant Kanien’kehá:ka (Peuple du Silex, Mohawk dans l’appellation populaire), Onenyota’á:ka (Peuple de la Pierre Dressée, Oneida), Onoñda’gegá’ (Peuple des Collines, Onondaga), Gayogo̱hó:ṉ’ (Peuple du Grand Marais, Cayuga), Onondowagah (Peuple de la Grande Colline, Seneca), Skarù∙r, (Peuple de la Chemise ou du Chanvre, Tuscarora, intégré en 1722). Chacune de ces six nations est en outre composée de plusieurs clans, en nombre variable selon la nation. Le nom populaire par lequel un peuple est généralement connu correspond souvent à un « exonyme », ou nom attribué par un autre peuple, parfois fortement connoté. Le nom « Mohawk » est dérivé d’un terme de la langue algonquine, mohowawogs, avec le sens d’« anthropophages ». Fabrice Le Corguillé, enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale, membre associé du laboratoire HCTI de l’UBO, spécialiste des peuples autochtones d’Amérique du Nord et conseiller scientifique de l’exposition..

« Il existe tout un monde de différence entre être un Indien et être un Anishinabe. Un Indien est une création de l’imagination européenne qui nous a été imposée au travers de la loi par le gouvernement fédéral. Il n’y avait pas d’Indien sur nos territoires avant l’arrivée des Européens. En effet, il n’y a d’Indiens, au sens contemporain du terme, que si le gouvernement fédéral est autorisé à prendre contrôle des identités autochtones. » John Borrows, Constitution autochtone du Canada

Le contexte

Les peuples autochtones d’Amérique du Nord étaient souvent décrits de manière caricaturale et nous en avons gardé une image stéréotypée. Cette vision est d’autant plus simpliste qu’il existe selon les historiens un millier de peuples et quelque deux cents langues différentes. Un regard sur les modes vie et les objets du quotidien montrent qu’il n’y a pas une seule culture amérindienne mais bien des cultures multiples. Vivant en harmonie avec leur milieu naturel, les peuples autochtones dépendent en effet des conditions climatiques et des ressources présentes. Chaque peuple est contraint de s’adapter à son environnement.

L’exposition a pour objectif de montrer la corrélation entre les peuples autochtones d’Amérique du Nord et leur environnement, leurs liens de parenté et leurs actions pour les préserver. Elle est aussi l’occasion de présenter des objets amérindiens authentiques et anciens, appartenant à des collectionneurs privés, ainsi qu’à des musées français, et ce, par le prisme du rapport à la Nature.

Au total, 165 pièces de collections sont présentées dans cette exposition : des objets de cérémonies, des ornements, des coiffes, des vêtements, des armes de chasse, des masques, ou encore des objets du quotidien.

Des collections muséales enrichissent le propos avec des parures, mocassins, armes, masques, paniers et tissus. Tout au long du parcours, le public découvre les différentes facettes des arts autochtones d’Amérique du Nord. On peut regrouper les cultures amérindiennes en cinq ensembles géographiques ou grandes zones culturelles.

Ainsi, l’exposition se déploie sur cinq espaces différents aux 1er et 2e étages du château, invitant au voyage à travers les différents paysages d’Amérique du Nord. Une thématique spécifique à chaque grande région et liée à son environnement est évoquée. Pour chaque aire géoculturelle, nous avons souhaité donner à voir et à entendre la voix de peuples autochtones à travers des extraits vidéos de documentaires, et ce, afin de souligner l’importance de la vivacité de ces peuples encore aujourd’hui et des enjeux de réappropriation culturelle.

L’esprit de la Nature Arts des peuples autochtones d’Amérique du Nord
Domaine départemental de la Roche-Jagu
22260 PLOËZAL

https://larochejagu.fr/

A voir aussi sur artsixMic :

Coren-les-Eaux : La culture sort des sentiers battus
Bleu de Chine de Bruno Catalano
Là où la lumière pleut : Entre mémoire, fragilité et résistance
Géologie des âmes à la Fondation Thalie Arles
Ernest Pignon-Ernest autour de Pasolini
Andrea Branzi, le règne des vivants
Camille Claudel, être sculptrice à Paris
LIN Xiang Xiong : Les viscissitudes le vie
1725. Des alliés amérindiens à la cour de Versailles
Bernard Plossu – Pierre Buraglio : Suivre Favignana
Catwalk : The Art of the Fashion Show
1925-2025 : Cent ans d’Art déco au MAD
Visages magiques – Gaston Chaissac
ART EMERGENCE : Révéler la jeune création artistique
Les Choralies 2025 de Vaison-la-Romaine
6 000 places offertes pour célébrer la Fête du Cinéma !
Une séance de cinéma en forêt ?
Intimina lance le flash mob du périnée
Première exposition du collectif Solda’rtiste !
Vaincre le cancer : Aidez-les en faisant un don
Une précarité qui dure : l’AFP et les Restos du Cœur
Comment les nazis ont photographié leurs crimes
Arêches-Beaufort et les Rencontres Culturelles
LearningPlanet Festival : les clés du futur souhaitable !
Institut Bernardaud : De l’or blanc entre les mains
Les Correspondances de Manosque 2024 !
Atmo Normandie : Les Odeurs capitales
Lucioles : L’art de l’enfance au Musée Gassendi
Léonard de Vinci était aussi un Nez !
REVIVING CRAFT au Musée des Arts Décoratifs
Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient
André Charles Boulle au château de Chantilly !