Là où la lumière pleut, est le troisième et ultime volet d’un triptyque entrepris en 2023 à travers le projet curatorial de la Carte Blanche offerte par AKAA : La page n’était pas blanche, sur la paix, suivi de l’exposition Sur le banc des accusés, ta petite musique tonitruante en 2024, autour de la culpabilité. On y déconstruit de récents amalgames dans le but de recréer «un vivre ensemble» respectueux et plus apaisé. L’actualité donne à cette exposition sur le pardon une tonalité décalée et pourtant nécessaire. Comment avancer dans ce désordre si ce n’est en étant porté par l’espoir d’un avenir meilleur ? Les artistes ne sont ni des utopistes ni de fervents défenseurs d’une injonction au pardon. Il s’agit, à travers le regard de Lida Abdul, Fouad Bouchoucha, Liliane Giraudon, Julie Joubert, Adela Malatovà, Mathilde Melek, Aryle Nsengigiyumva et Maïssa Toulet, de s’interroger sur cette notion à la lumière d’un aujourd’hui où partout s’expose la violence. Farrah Bencheikh
Farrah Bencheikh présente du 23 octobre au 1er novembre 2025 au Centre culturel Césure – Grand Plateau « Là où la lumière pleut », troisième et dernier acte d’un triptyque d’expositions entamé en 2023 autour des émotions et enjeux collectifs contemporains : après la paix et la culpabilité, ce dernier volet interroge la notion de pardon dans un monde traversé par les conflits, les injustices et les héritages douloureux.
Mais ici, le pardon n’est ni un mot d’ordre ni une morale imposée. L’exposition propose plutôt un espace sensible et nuancé où l’on regarde ce qui reste après la violence : les ruines, les silences, les blessures – mais aussi les gestes, les récits, les formes artistiques qui permettent de continuer à vivre.
Une constellation d’artistes, une pluralité de regards
Huit artistes internationaux livrent des œuvres poignantes, profondes et engagées, entre vidéos, installations, photographies et performances. Ensemble, ils donnent corps à un dialogue entre mémoire intime et mémoire collective, entre douleur et réparation, entre oubli et transmission.
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Fouad Bouchoucha convoque dans Le Rappel la mémoire des travailleurs immigrés d’Afrique du Nord, mêlant spiritualité et politique dans une œuvre sculpturale à la force brute et méditative.
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Lida Abdul, figure majeure de la scène contemporaine afghane, applique de la chaux blanche sur les ruines de son pays : un geste de soin, sans effacement, qui symbolise la résilience.
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Liliane Giraudon déroule un monostiche de dix mètres, une parole tendue entre fragilité et résistance.
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Maïssa Toulet transforme le traumatisme de l’inceste et les secrets familiaux en boîtes transparentes, comme des cabinets de curiosités du réel.
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Julie Joubert suit pendant plusieurs années un jeune homme en errance, dans un projet photographique mêlant beauté crue et humanité vacillante.
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Mathilde Melek An explore la symbolique du feu d’artifice, entre célébration et pardon collectif, dans une installation sensible à la mémoire historique.
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Adéla Matalová donne forme à des émotions enfouies – frustration, colère, secret – à travers des textures et des textes percutants.
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Aryle Nsengigiyumva, jeune performeur franco-burundais, met en scène le corps blessé dans une performance sur l’acceptation, la douceur, et le retour à soi.
Une lumière dans les failles
« Là où la lumière pleut » est une invitation à habiter les failles plutôt qu’à les refermer trop vite. L’exposition ne cherche pas à délivrer un message simpliste : elle questionne la possibilité de se relever, de créer, de transmettre – sans oublier.
Dans un contexte mondial marqué par les tensions, les guerres, les discriminations et les douleurs intimes, cette exposition pose une question essentielle : comment vivre avec ce qui nous dépasse ? L’art, ici, n’apporte pas de solution – mais offre des chemins.
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