Photo anthropométrique de Missak Manouchian prise lors de son arrestation. Paris, 18 novembre 1943. © Archives de la préfecture de police de Paris.
Photo anthropométrique de Missak Manouchian prise lors de son arrestation. Paris, 18 novembre 1943. © Archives de la préfecture de police de Paris.

Avec Missak Manouchian, accompagné de Mélinée, ce sont tous les résistants étrangers qui entreront au Panthéon le 21 février 2024. 

L’exposition “Des étrangers dans la résistance en Franceau Mémorial de la Shoah remet en perspective l’histoire de la résistance en France pendant la guerre et met ainsi en lumière les raisons de la panthéonisation de Missak Manouchian.

Qu’ils soient réfugiés politiques ou immigrés économiques, naturalisés, voire nés en France, ces hommes et ces femmes, dont de nombreux Juifs, ont combattu en France métropolitaine mais aussi dans les colonies et à l’étranger et ont joué un rôle crucial dans la Résistance contre l’Occupant et le régime de Vichy.

Pour accompagner cette Panthéonisation d’une dimension résolument universaliste, l’exposition centre son propos sur les FTP-MOI parisiens tout en l’élargissant aux diverses modalités de l’engagement résistant des étrangers. De diverses mouvances politiques, au sein de la résistance intérieure comme de la France libre, c’est autour de la France des droits de l’homme, de la France des Lumières que se sont combinées ces identités plurielles.

Missak Manouchian 1906 -1944

Missak Manouchian

 avait 9 ans quand, en 1915, il est confronté au génocide des Arméniens. Il y perd ses deux parents et est caché par une famille kurde avec son frère, Garabed, avant de rejoindre un orphelinat près de Beyrouth, pays passé sous mandat français, où il apprend la menuiserie et la littérature française. Il vient en France en 1924, vivant ensuite de petits métiers. Son frère meurt à son tour de tuberculose. Il est dans la mouvance communiste dès 1931 et entre au PCF trois ans plus tard. Il devient permanent, en charge au sein des organisations de masse de l’immigration arménienne en France. À deux reprises, en 1933 et en 1940, il demande sa naturalisation. Libéré après ses deux arrestations, en septembre 1939 puis en juin 1941, il rejoint bientôt la MOI dont il va diriger la section arménienne à Paris. En février 1943, il rejoint les FTP-MOI, est nommé dans le triangle de direction début juillet avant de remplacer Boris Holban comme chef militaire. Arrêté le 16 novembre dans la rafle qui décime l’organisation, il est jugé et condamné à mort en février 1944 à l’issue du procès dit de l’Affiche rouge. Le 21 février; il est exécuté avec ses camarades au Mont Valérien.

La panthéonisation de Mélinée et Missak Manouchian, le 21 février 2024, est l’occasion de rendre hommage à l’ensemble des étrangers ayant combattu pour la France. L’exposition se propose de décliner les formes de résistance ; en partant de l’Affiche rouge, vitrine édifiante du courage des femmes et hommes issus des FTP-MOI parisiens, pour s’étendre vers la Résistance intérieure, révélatrice de personnalités singulières au destin universel.

Avec Missak, accompagné de Mélinée, c’est le premier résistant étranger et le premier résistant communiste à entrer au Panthéon. Avec lui ce sont les 23 accusés du procès qui sont honorés, comme en témoigne une plaque qui leur est dédiée et, plus généralement, ce sont tous les étrangers qui ont été si nombreux dans la Résistance.

Des étrangers dans la Résistance en France

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy–l’Asnier
75004 Paris

www.memorialdelashoah.org