4 jeunes Européens sur 10 ont peur de tomber dans la pauvreté

jeunes et pauvreté

Plus de 8 jeunes sur 10 (et 72% des étudiants) travaillent pour subvenir à leurs besoins. 2 jeunes sur 3 dépendent de l’aide de leurs parents

À l’exception des jeunes Polonais qui voient le développement de leur pays avec optimisme. Les jeunes Français (44%) sont deux fois plus nombreux que les Polonais (28%) à être inquiets. Ce sont les jeunes Italiens (60%) et les jeunes Polonais (55%) qui sont les plus nombreux à vivre chez leurs parents. Les Français ne sont que 37%. Mais 68% des jeunes Européens dépendent de l’aide de leurs parents pour subvenir à leurs besoins. Pour de nombreux jeunes aujourd’hui, bien plus que le souhait d’échapper à leur condition sociale, c’est la confrontation à un risque important de basculer dans la pauvreté qui domine. L’étude menée par le Secours populaire avec le concours de l’institut Ipsos rend compte des difficultés des jeunes Français en matière d’argent. En règle générale, près d’un Français sur deux âgé de 15 à 25 ans connaît des difficultés financières. Cela gêne 47% d’entre eux pour accéder à des activités cultures et de loisirs, 46% pour se procurer une alimentation saine et équilibrée ou encore 48% pour s’acheter des vêtements convenables. Plus de deux jeunes Européens sur trois déclarent devoir aujourd’hui demander de l’aide à leurs parents pour subvenir à leurs besoins. Ils sont une large majorité d’étudiants et de jeunes demandeurs d’emploi à le faire, mais aussi de jeunes actifs (56%), particulièrement lorsqu’ils travaillent à temps partiel (66%), mais aussi à temps plein (51%). La corrélation avec le taux de chômage des jeunes dans ces pays est évidente: le taux de chômage des moins de 25 ans est de 31% en Italie, de 20% en France, 11% au Royaume-Uni et de 9% seulement en Pologne. Si le chômage reste le principal obstacle à la confiance des jeunes dans leur avenir, obtenir un emploi ne signe pas toujours la fin des ennuis. 82% des jeunes Européens interrogés par Ipsos disent en effet travailler pour subvenir à leurs besoins (72% des étudiants). Parmi eux, une majorité connaît les petits boulots (53%).

Seuls 47% des jeunes issus de milieu modeste considèrent que l’ascenseur social fonctionne en France, contre 60% de ceux issus d’un milieu favorisé. Une résignation telle qu’un jeune sur deux diplômé du supérieur long et issu de milieu modeste, déclare que s’il trouve ou a un emploi stable, il est prêt à le conserver même s’il ne s’y épanouit pas, contre seulement 33% des Bac+3 et plus issu de milieu favorisé.

Selon l’enquête, les difficultés concernent aussi plus les filles que les garçons, et sont davantage ressenties par les jeunes actifs et les demandeurs d’emploi que par les étudiants. Les filles, quel que soit leur pays, sont plus nombreuses que les garçons à déclarer avoir des difficultés pour accéder à des biens ou des activités culturelles et de loisirs (47% contre 39% des garçons), se procurer une alimentation équilibrée (46% contre 39%), se vêtir correctement (41% contre 38%), payer certains actes médicaux (36% contre 31%) et payer leur abonnement de transport (30% contre 28%). Les loyers sont néanmoins chers pour tout le monde, puisque 31% des filles comme des garçons ont du mal à le payer, qu’ils soient actifs ou demandeurs d’emploi (38% des premiers et 39% des deuxièmes disent être en difficulté pour se loger). Selon Christian Lampin, l’un des secrétaires nationaux du Secours populaireindique qu’en deux ans, le nombre des étudiants ayant besoin de nourritures a été multiplié par deux et l’association a par conséquent doublé les antennes de distribution.

Parmi les domaines dans lesquels les jeunes seraient les plus susceptibles de s’engager, on note les arts, le sport et la culture (41%), l’environnement et le développement durable (39%) et la lutte contre toutes les formes de discriminations (33%), particulièrement citée par les jeunes Français (38%) et Italiens (37%), et par les jeunes Européennes (40% contre 26% des garçons). La vie de son quartier ou village est citée ensuite (26% ; 36% en Pologne), devant l’aide aux personnes en situation d’exclusion dans son pays (14%) ou l’aide au développement à l’étranger (10%), ces deux derniers domaines étant particulièrement cités par les jeunes Britanniques. Enfin, la politique est citée par 10% des Jeunes Européens (13% des jeunes Polonais). En 2017, le Secours populaire a accompagné 1 590 000 jeunes Français de moins de 25 ans dans ses permanences d’accueil et de solidarité, 34 000 étaient étudiants.

Le site du Secours populaire : https://www.secourspopulaire.fr

Photo : Jeune bénévole du Secours populaire © Pascal Montary

Dans le cadre de cette enquête, 2500 jeunes âgés de 15 à 25 ans ont été interrogés par internet du 20 septembre au 8 octobre 2018. Dans chacun des pays sondés, un échantillon représentatif de la population des 15-25 ans a été interrogé (méthode des quotas) : 1000 personnes en France, 500 en Grande-Bretagne, 500 en Italie et 500 en Pologne.

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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