Accueil Arts Plastiques Michael KENNA : « Constellation » à Vannes

Michael KENNA : « Constellation » à Vannes

0
115
Michael Kenna - Constellation
Michael Kenna - Constellation

À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, la Ville de Vannes présente « Constellation », une rétrospective exceptionnelle consacrée au photographe britannique Michael Kenna.

Créé en 2009, le Kiosque est depuis 2015, un établissement culturel municipal exclusivement dédié à la photographie situé sur la rive droite du port de Vannes. Il présente du 27 novembre au 7 mars 2027 « Constellation », une rétrospective exceptionnelle de l’œuvre de Michael Kenna, figure majeure de la photographie contemporaine en noir et blanc. Depuis plus de cinquante ans, ce photographe britannique, voyageur infatigable, explore le monde avec une sensibilité rare, captant l’empreinte du temps, la mémoire des lieux et la poésie silencieuse des paysages. L’exposition rassemble 60 tirages argentiques, issus d’un corpus de plus de 4 000 tirages, représentatifs des grandes séries qui jalonnent son parcours : les paysages de nature, urbain et industriel du nord de l’Angleterre, la France, les bords de mer nimbés de brume, les arbres incontournables du Japon… Cette exposition est rendue possible grâce à la donation exceptionnelle que Michael Kenna a consenti à l’État Français en 2022 : les tirages originaux réalisés dans 43 pays, ainsi que les négatifs, les numérisations et l’ensemble de ses archives. Le fonds est conservé aux bons soins de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie au fort de Saint-Cyr.

Toujours réalisés en noir et blanc, les tirages de Michael Kenna traduisent une esthétique poétique et contemplative, empreinte d’une grande rigueur formelle. Il photographie souvent à l’aube, dans la nuit ou par temps couvert, à l’aide de poses longues qui transforment la réalité en vision onirique. Loin du diktat des instantanés, son travail relève de l’évocation, de la suggestion. Il privilégie les atmosphères, les rythmes, les lignes. Son regard essaie de capter ce qui demeure, la présence dans le vide de l’absence : un arbre solitaire, un chemin, une trace. Il interroge ainsi notre rapport à la mémoire collective, au mystère. Sans jamais céder au spectaculaire, ses images invitent à la lenteur, à l’introspection. Il a choisi le format le plus difficile, le petit format. Cette rétrospective met en lumière la cohérence et la profondeur d’une œuvre où chaque photographie semble suspendue entre le visible et l’invisible. Elle propose une traversée intime de la terre, guidée par un artiste qui, avec humilité et exigence, nous rappelle la beauté du monde par la force du regard et l’appel du silence.

Sabine Troncin-Denis – Commissaire de l’exposition  et agent de Michael Kenna

Le regard patient & l’alchimie du tirage 

Michael Kenna s’est imposé comme l’un des grands photographes contemporains grâce à une esthétique à la fois épurée et profondément méditative. Sa démarche repose sur une approche lente et introspective, aussi bien au moment de la prise de vue qu’au tirage en chambre noire. À rebours de la frénésie numérique, Kenna privilégie la contemplation et la simplicité formelle, forgeant une œuvre où chaque image semble suspendue hors du temps. L’œuvre définitive n’est que la partie émergée d’une multitude d’images produites à différentes étapes : tirages instantanés et clichés numériques sur le terrain, planches-contact et tirages tests en chambre noire. Il photographie principalement à l’aube ou au crépuscule, dans cette lumière douce et diffuse qui suggère les formes plus qu’elle ne les décrit. Loin de chercher le spectaculaire, Kenna capte l’essence silencieuse des lieux : arbres solitaires, plages désertes, architectures abandonnées. Il travaille au moyen format argentique, avec des temps de pose parfois longs de plusieurs heures. Cette temporalité lente, presque rituelle, imprègne chaque cliché d’une dimension spirituelle et poétique. C’est au laboratoire que l’alchimie s’opère pleinement. Michael Kenna tire lui-même ses photographies en chambre noire, sur des papiers barytés. Pour lui, le tirage n’est pas un simple aboutissement, mais une seconde écriture de l’image. Il joue sur les contrastes, les flous, les densités, transformant parfois radicalement la scène capturée. Il ne cherche pas à reproduire fidèlement la réalité, mais à en extraire une essence presque onirique. Chaque tirage, limité et signé, est une pièce unique, fruit d’un artisanat à la fois rigoureux et sensible.

Michael Kenna

Né en 1953 à Widnes, ville industrielle du nord-ouest de l’Angleterre, Michael Kenna grandit au sein d’une famille ouvrière catholique. Après sept années au petit séminaire, où il envisage un temps la prêtrise, il découvre sa passion pour l’art et se tourne vers la photographie. Il étudie à la Banbury School of Art, puis au London College of Printing, dont il sort diplômé en 1976. L’année suivante, il s’installe aux États-Unis et rencontre à San Francisco la photographe Ruth Bernhard, auprès de qui il travaille comme tireur pendant plus de dix ans. Cette expérience fondatrice façonne son exigence technique et son rapport intime à l’image, à l’origine de la précision et de la quête de perfection qui caractérisent ses tirages argentiques. Le voyage occupe une place centrale dans sa démarche créative. Depuis plus de cinquante ans, Michael Kenna parcourt le monde à la recherche de paysages propices à la contemplation, transformant le réel par la lumière. Son œuvre, où nature et trace humaine coexistent en équilibre poétique, en fait une référence majeure de la photographie minimaliste contemporaine. Ses travaux ont fait l’objet de nombreux ouvrages et expositions monographiques. Aujourd’hui, il partage son temps entre son studio de Seattle, aux États-Unis, et ses voyages à travers le monde, comme si capturer la beauté exigeait de poursuivre sans cesse l’émerveillement dans l’inconnu. Son travail figure dans les collections permanentes de nombreuses institutions prestigieuses, parmi lesquelles : la Bibliothèque nationale de France, le Musée Carnavalet, le Musée Guimet, à Paris, le Los Angeles County Museum of Art, la National Gallery of Art, à Washington D.C., le Tokyo Photographic Art Museum, le Victoria & Albert Museum, à Londres.

A voir aussi sur artsixMic :

Pierrot Men : Une mémoire vivante de la Grande Île de Madagascar
Wallen Mapondera « SOLO SHOW » à la galerie Mitterrand
Laurent Gapaillard « ArchiCultures » au Château Bellefont-Belcier
Véronique Caye : Polynesia 66, carnet de constellations
Mïa L’Envers et Rafaelle Lorgeril : Deux écritures photographiques sensibles et singulières chez Nikon
Dialogue de Markus Klinko à la galerie Gadcollection
Lis Sam : Photographie, Composition florale, Matière et Illusion optique !
Nancy : « Là où les arbres prennent forme » à la Villa Majorelle
Exhibition of Lanfranco Baldi at Accademia Belle Arti in Firenze
La mode en majesté : Haute couture et tradition à la cour de Thaïlande
Illumination, l’Art Numérique Coréen à l’honneur !
Paul McCartney Photographe, 1963-64: Eyes of the Storm
Leonora Carrington au Musée du Luxembourg
JonOne s’installe à Montpellier mais aussi à Paris !
Avant les Nymphéas, Monet découvre Giverny !
Art aborigène : Le temps du rêve au Musée de Lodève
Robert Charles Mann présente à Chambord : SOLARIS
Tangara Gélinotte et Cie au Musée du Nouveau Monde
Le Louvre Abu Dhabi présente “Picasso, la figure”
Le Muséum national d’Histoire naturelle à 400 ans !
H.G. Ibels, un nabi engagé au Musée Toulouse-Lautrec
Quand le design français inspire l’artisanat japonais
Ce qui se trame : Histoires tissées entre l’Inde et la France !
Salomé. Henner et Moreau face au mythe
Le Louvre s’invite en Arménie
Bodies that Wave / Waves that Embody
Un siècle de conservation !
TEMPI : Une exposition immersive qui célèbre la Corse
Hideka Tonomura et Tamiko Nishimura à Paris Photo
PHOTOCLIMAT : Dans l’oeil des photographes