Adepte du sténopé, Robert Charles Mann a installé pendant six mois plusieurs appareils sur les hauteurs du château et du domaine forestier. Le résultat retranscrit la course quotidienne du soleil du solstice d’hiver au solstice d’été : entre abstraction et observation scientifique, les clichés créés portent un regard presque cosmique sur Chambord.
Chambord suscite admiration et fascination à travers le monde entier depuis plus de 500 ans. Placé sur la première liste des monuments historiques français dès 1840, patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1981, c’est l’une des constructions les plus stupéfiantes de la Renaissance et le plus grand parc clos d’Europe avec 5 440 hectares.
Deuxième château le plus visité de France, Chambord accueille plus d’un million de visiteurs par an. Propriété de l’État depuis 1930, le Domaine national de Chambord est un établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle des ministères en charge de la Culture, de l’Agriculture et de l’Environnement et sous la haute protection du Président de la République.
Robert Charles Mann – SOLARIS, en coproduction avec la galerie Capazza
Dans les années 1990, le photographe Robert Charles Mann a fait un choix radical : renoncer à l’usage de l’objectif pour travailler exclusivement avec des sténopés, fabriqués à la main. Dans la continuité de la camera obscura, ancêtre de l’appareil photographique moderne, le sténopé est dépourvu de lentille optique. La lumière passe directement à travers un minuscule trou et vient fixer l’image sur du papier photosensible. Dans le cadre d’une résidence au Domaine national de Chambord durant l’hiver 2024, Robert Charles Mann a installé quarante-trois sténopés dans le parc et dans les parties les plus hautes du château. Pointés vers le ciel, ces appareils primitifs sont restés en place pendant six mois – du 21 décembre 2024 au 21 juin 2025, soit du solstice d’hiver au solstice d’été. Le photographe a ainsi capturé la trajectoire quotidienne du soleil au cœur des éléments naturels et architecturaux qui composent chaque image créée. Après avoir récupéré tous les sténopés, Robert Charles Mann a immédiatement scanné les négatifs, saturés de lumière, puis les a retravaillés numériquement afin de dévoiler toutes leurs nuances. Le cliché ainsi obtenu est nommé solarigraphe : ce n’est pas un montage mais le résultat d’une unique et longue exposition, révélant des arcs lumineux tracés par la course du soleil. Les tirages de l’exposition SOLARIS sont réalisés sur aluminum avec des pigments permanents. Si le résultat évoque les photographies pictorialistes du début du XXᵉ siècle, les œuvres de Robert Charles Mann sont pourtant le fruit d’un travail expérimental liant technique ancienne et outils numériques.
Les quelque 40 clichés issus de ce long processus, d’une beauté inédite, seront exposés dans le château du 20 mars (équinoxe de printemps) au 21 juin 2026 (solstice d’été). Une vidéo explicative sur la pose des sténopés à Chambord, extraite d’un documentaire sur le photographe en cours de réalisation par Géraldine Gallinari et Thibault Forestier, accompagnera l’exposition. SOLARIS est une exploration rare où photographie primitive, techniques contemporaines et patrimoine architectural se rencontrent.
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