Accueil A la Une Exposition Tangara Gélinotte et Cie au Musée du Nouveau Monde

Tangara Gélinotte et Cie au Musée du Nouveau Monde

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Max Roy_MNM.1986.1.8_Martinet François Nicolas_Cassique vert de Cayenne
Max Roy_MNM.1986.1.8_Martinet François Nicolas_Cassique vert de Cayenne

Tangara, gélinotte, aracari koulik… ces oiseaux d’Amérique aux noms étranges qui sonnent comme des incantations ont fait l’objet de dessins et peintures pour mieux les comprendre, isolés ou dans leur milieu naturel. Parmi les illustrateurs naturalistes les plus talentueux et reconnus figurent François-Nicolas Martinet et Jean-Jacques Audubon dont les travaux immenses font référence. Avec Tangara, gélinotte et Cie.

Oiseaux d’Amérique le Musée du Nouveau Monde fait dialoguer des gravures de François-Nicolas Martinet de sa collection avec des dessins de jeunesse de Jean-Jacques Audubon prêtés par la Société des Sciences naturelles de la Charente Maritime et des spécimens du Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle, entre science naturelle, dessin, discours naturalistes et impact colonialiste.

L’oiseau est un thème fécond qui a traversé l’histoire de l’art. Il revêt des valeurs symboliques diverses : messager, transporteur, sauveur, psychopompe… Il peut être représenté pour lui-même ou comme l’incarnation d’une idée, d’un concept. Créature incontournable dans les cosmogonies et mythologies des origines, l’oiseau fait souvent le lien avec le divin grâce à sa capacité à voler. Les représentations abondent dans l’art égyptien, grec et romain puis dans l’imagerie religieuse jusqu’à incarner des valeurs éthiques et politiques. Les plus anciennes représentations d’oiseaux datent de la préhistoire. Dans la grotte de Lascaux, la « scène du puits » datée de la fin du paléolithique il y a 15 000 ans, apparait énigmatique avec une possible dimension spirituelle. À partir du 17e siècle, la représentation des animaux devient un genre à part entière en Europe. Un goût pour les oiseaux exotiques se développe, lié à l’essor des ménageries et zoos et à l’arrivée d’espèces inconnues en provenance des colonies. Ils sont dépeints dans des scènes de chasse, en trophée dans des natures mortes ou dans les concerts d’oiseaux, très prisés pour leur aspect décoratif. L’oiseau est perçu comme sujet de délectation. À partir du milieu du 18e siècle, l’essor de l’esprit encyclopédique accentue le goût pour les livres d’ornithologie. Les planches sont dessinées avec un souci marqué de véracité, comme dans l’Histoire naturelle des Oiseaux de Buffon. L’engouement scientifique pour l’ornithologie se poursuit au 19e siècle. Aux 20e et 21e siècles, les artistes continuent de s’inspirer des oiseaux pour produire des œuvres naturalistes ou poétiques. La représentation est parfois déconstruite. Les recherches formelles prennent le pas sur le souci naturaliste et la symbolique traditionnelle. Dans certaines compositions contemporaines ou sur des supports liés au questionnements écologiques, l’oiseau peut être aujourd’hui aussi vecteur de revendications éthiques.

François-Nicolas Martinet et Jean-Jacques Audubon

François Nicolas Martinet (1731-1800) est un ingénieur et graveur français connu pour avoir contribué à de nombreux ouvrages d’histoire naturelle. Il a aussi produit des illustrations d’architectures, paysages et de théâtre. Ingénieur de formation, François Nicolas Martinet maîtrise la technique de gravure et le dessin d’agrément. Son travail rencontre rapidement un grand succès qui le pousse à faire de l’illustration et de la gravure son activité principale, en particulier pour des ouvrages d’histoire naturelle. En 1756, il est nommé graveur au Cabinet du Roi et va participer à de nombreux ouvrages qui font encore référence.  Dans les années 1760, il est sollicité par le naturaliste Louis Jean-Marie Daubenton pour réaliser un ensemble de planches colorées de spécimens issus des collections royales dont il a la charge. Les quatre premiers cahiers de 24 planches comportent essentiellement des oiseaux et quelques insectes, reptiles, amphibiens, coraux… À partir de 1767, 42 de ces cahiers de « planches enluminées », soient 1008 planches gravées par Martinet et colorées à la main, sont publiées dans les volumes 16 à 24 de l’Histoire naturelle des Oiseaux. Il contribue à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert avec 21 illustrations ornithologiques. À la fin de sa carrière, François Nicolas Martinet publie son propre ouvrage : Histoire des Oiseaux peints dans Tous Leurs Aspects Apparents et Sensibles (1773-1792), dont peu d’exemplaires subsistent aujourd’hui.

Naturaliste et peintre américain d’origine française, naturalisé en 1812, Jean-Jacques Audubon (1785-1851) est considéré comme le premier ornithologue du Nouveau Monde. Dessinateur naturaliste spécialiste des oiseaux, c’est un homme de contraste. Il est écologiste avant l’heure en même temps que grand chasseur, homme des bois et friand des salons de la haute société.

Tangara Gélinotte et Cie. Oiseaux d’Amérique
Exposition jusqu’au au 4 mai 2025

Musée du Nouveau Monde de La Rochelle

Commissariat d’exposition : Mélanie Moreau, directrice des musées d’art et d’histoire Scénographie/Conception : Mélanie Moreau, directrice des musées d’art et d’histoire
Graphisme : Ville de La Rochelle
Programmation Dimanche 25 janvier à 15h // Visite guidée de l’exposition … à suivre sur https://museedunouveaumonde.larochelle.fr

S29F33_Cardinal_rouge - Société des Sciences naturelles de la Charente-Maritime Bibliothèque scientifique du Muséum de La Rochelle
Cardinal_rouge - Société des Sciences naturelles de la Charente-Maritime Bibliothèque scientifique du Muséum de La Rochelle