la Grande Madre à la Fondation Nicola Trussardi

la Grande Madre

A l’initiative de la Fondation la Fondation Nicola Trussardi, le mercredi 26 août s’est ouvert au Palazzo Reale de Milan, l’exposition « la Grande Madre« . Ce sont plus de 400 œuvres de près de 140 artistes du XXe siècle de renommée internationale, dont les trois quarts féminins, qui confrontent leur recherche artistique sur ce thème universel.

Les plus grandes sont à l’affiche : Frida Kahlo, Cindy Sherman, Yoko Ono, Louise Bourgeois, Dora Maar, Lee Miller, Annette Messager, Niki de Saint-Phalle… mais également leurs confrères parmi les plus créatifs: Marx Ernst, Marcel Duchamp, Salvador Dali, Man Ray, Francis Picabia, Edvard Munch, Jeff Koons, Maurizio Cattelan… L’exposition est par conséquent des plus complètes, et débute par une section consacrée aux idoles, matrones, Vénus et autres divinités préhistoriques qui au cours de toutes les civilisations ont concrétisé l’image de la mère. La femme est celle « qui offre deux dons au monde, celui de la vie et celui de la nourriture« , a rappelé en conférence de presse Domenico Piraina, directeur du Palazzo Reale, la mère étant perçue dans cette exposition sous différents angles, la génitrice, la mère patrie et la nourricière.

Mais la femme n’est pas que mère, a souligné Massimiliano Gioni, le commissaire artistique de l’exposition, qui s’exprimait depuis New York… où sa femme venait d’accoucher. « Le cliché le plus répandu, et à mon sens le plus dangereux, serait de dire que la femme joue un rôle passif dans l’histoire de l’art, à l’image des poupées, allégories de la femme-objet. Il est vrai qu’au cours du XXe siècle, les stéréotypes s’enchaînent, celui de la femme fatale et celui de la muse, mais la révolution sexuelle des années 1970 a proposé une autre voie aux femmes : celle de la liberté d’user de leur corps et donc de refuser la sacro-sainte maternité », a-t-il ajouté.

C’est pourquoi une large part de l’exposition est consacrée aux femmes qui « cherchent à fuir l’oppression qui les attend, celle de faire des enfants », ce piège tendu par la famille, la société, la tradition, a insisté Massimiliano Gioni, évoquant « une certaine critique du matriarcat et non une attaque contre la maternité« . « Il n’est pas question uniquement de maternité mais de féminité« , a renchéri Beatrice Trussardi, présidente de la Fondation qui porte le nom de son père et organise l’exposition.

« Il s’agit de rappeler les pouvoirs qui ont été niés aux femmes puis qu’elles ont reconquis« . Les années 1990 voient émerger un nouveau féminisme – illustré par les « riot girls » américaines « dont le sex-appeal sert d’arme de séduction » selon Massimiliano Gioni, et la revendication homosexuelle de la maternité -, abordé dans la dernière partie de l’exposition, au même titre que ce drame si universel: la mort de la mère.

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