Accueil A la Une Rafael Pavarotti au musée des Arts décoratifs  

Rafael Pavarotti au musée des Arts décoratifs  

0
87
Rafael Pavarotti
Rafael Pavarotti

Rafael Pavarotti au musée des Arts décoratifs : Un univers visuel singulier, où la couleur et la mise en scène donnent naissance à des images puissantes et intensément expressives

Le musée des Arts décoratifs présente, du 2 octobre 2026 au 2 mai 2027, une exposition inédite consacrée au photographe brésilien Rafael Pavarotti, qui s’est imposé en quelques années comme l’une des figures montantes de la photographie de mode. Connu pour ses images colorées, sensuelles et profondément inspirées des cultures afro-autochtones brésiliennes, il a développé une signature visuelle immédiatement reconnaissable, mêlant lumière, texture et affirmation des identités. « Rafael Pavarotti, photographe » réunit plus de 130 tirages, des couvertures emblématiques des plus grands magazines de mode aux portraits de figures majeures de la pop culture telles que Rihanna, Harry Styles et Beyoncé.

L’exposition déploie un univers visuel singulier, où la couleur et la mise en scène donnent naissance à des images puissantes et intensément expressives. Le commissariat est assuré par Sébastien Quéquet, attaché de conservation en charge des collections photographiques, dans une scénographie conçue par Ibby Njoya, fidèle collaborateur de l’artiste.

Né en 1993 à Belém, dans l’Etat de Pará, au cœur de la forêt amazonienne, Rafael Pavarotti découvre la photographie à l’âge de 12 ans en utilisant l’appareil de son père. Il photographie alors la plage et des bâtiments abandonnés. C’est en découvrant en 2004 une vidéo du défilé de John Galliano pour Christian Dior sur le thème de l’Egypte ancienne qu’il a la révélation : il travaillera dans la mode. À 16 ans, il débute un parcours international qui le mène de Rio à São Paulo, puis à Londres, avant de s’installer à Paris en 2025. Son univers visuel est profondément nourri par son histoire personnelle : les femmes fortes de sa famille, les objets colorés de sa grand-mère, l’artisanat de son père et les paysages amazoniens constituent un réservoir d’images et de références essentiel à son travail.

L’exposition présente une sélection thématique d’images issues de commandes et de travaux personnels. Des premières expérimentations à une série de portraits masculins publiés dans Double Magazine en 2019, le parcours invite à découvrir progressivement l’univers visuel et l’ambition artistique de Rafael Pavarotti. La photographie s’affirme comme un moyen d’expression et de transmission, notamment à destination des jeunes générations. Le processus de création est dévoilé dans toutes ses étapes, du carnet de croquis aux pages de magazines. Certaines publications majeures trouvent un écho à travers des silhouettes sur mannequins, soulignant le dialogue entre image et vêtement.

Afro-autochtone brésilien, Rafael Pavarotti affirme travailler pour les générations futures, en créant des images où chacun peut se reconnaître et s’identifier, quelle que soit sa couleur de peau. À travers la représentation de corps longtemps invisibilisés dans la mode, son travail comporte une dimension politique et sociale. Il déclare : « La couleur a toujours été plus que de simples pigments pour moi. Elle est un ancêtre, un rythme, un esprit, une mémoire. C’est une voix qui a existé avant moi et qui perdurera après moi. Elle symbolise quelque chose de plus large, de vivant, qui appartient au Sud et au nouveau monde qui est en train d’émerger. » Il collabore aujourd’hui avec des maisons telles que Balenciaga, Balmain, Chanel, Dior, Ferragamo et publie dans Vogue, i-D, Acne Paper, The New York Times ou W Magazine. Il a notamment photographié Rihanna et Beyoncé.

La Une du British Vogue en 2022, dans le numéro As the World Turns, marque la nécessité d’une évolution profonde des représentations dans la mode et les médias, en mettant à l’honneur une nouvelle génération de mannequins aux parcours et aux identités multiples, parmi lesquels Adut Akech et Anok Yai. L’exposition revient également sur l’histoire de la représentation des mannequins racisés, en convoquant des figures majeures telles que Donyale Luna, Beverly Johnson et Naomi Campbell. Les collaborations de Rafael Pavarotti avec des créateurs et des directeurs artistiques emblématiques, comme Feben ou Ib Kamara, dans la continuité de Virgil Abloh, participent à une relecture des codes de la mode.

Son langage visuel repose sur des images aux couleurs intenses, qui amplifient l’expressivité des modèles et célèbrent des figures féminines et fortes, libres et visibles. Il les représente fréquemment sous les traits d’impératrices, de déesses, de reines ou de guerrières, toujours conscientes de leur pouvoir politique, social et de séduction. Cette esthétique théâtrale, nourrie par des accessoires issus de maisons de couture ou créés par l’artiste, se retrouve également dans ses portraits de célébrités, réunissant notamment Beyoncé, Bad Bunny, Kate Moss, Rihanna, Harry Styles et Madonna. L’exposition s’achève sur son engagement en faveur de la nature, en lien avec son Amazonie natale. Son travail ouvre à une réflexion sur l’avenir de la mode, des relations humaines et de la planète.

Commissaire : Sébastien Quéquet, attaché de conservation en charge des collections photographiques

Musée Nissim de Camondo
École Camondo
Ateliers du Carrousel
107 rue de Rivoli
75001 Paris