Boris Wilensky : Hurban / Nude à la galerie Deux6

Boris Wilensky : Nude

Boris Wilensky « Il n’y a pas de recherche de la vérité dans la photographie, il y a juste un renvoi de la réalité telle qu’on la perçoit soi-même » 

Entre civilisation et nature, entre humanité menacée et purification de soi, les photographies de Boris Wilensky ne manquent pas de convoquer l’imaginaire et de dresser un portrait tantôt fragile tantôt destructeur du monde qui nous entoure. Menacée, supplantée ou absente, la vie, dans les photographies de Boris Wilensky, est toujours suggérée. Comme une toile de fond inaliénable, la vie sous-tend chaque réflexion mise en œuvre par les images : elle est dans les courbes du désert qui évoquent la nudité d’une femme, dans la publicité omniprésente des métropoles qui forment les désirs, dans le mystère de ce que cachent les dunes de sable. Paradoxalement, les paysages les plus nus semblent contenir bien plus de secrets et d’histoires que les constructions contemporaines. Peut-on se perdre en ville, et se trouver dans le désert ? « Il n’y a pas de recherche de la vérité dans la photographie, il y a juste un renvoi de la réalité telle qu’on la perçoit soi-même » explique Boris Wilensky quand on le questionnait en 2016 sur sa recherche artistique. Pour lui, la photographie est un voyage dans l’espace et le temps et, comme tout voyage, la finalité est de raconter une histoire, de « donner à voir », pour reprendre le titre d’un recueil de Paul Eluard.

L’exposition HURBAN / NUDE, présentée à la galerie Deux6, rassemble des œuvres qui pourraient d’abord paraître antinomiques. Quels liens, en effet, entre mégalopoles grouillantes et déserts à la quiétude manifeste?

Ces deux extrêmes sont réconciliés par Boris Wilensky, qui exploite les identités propres à chaque environnement pour mieux en souligner les contrastes. La ville, riche d’âmes en mouvement et gorgée d’informations visuelles bigarrées, se révèle bien pauvre en terme d’humanité. Au contraire, le désert saharien, dont Boris Wilensky s’est imprégné pour créer, est le symbole d’une nature souveraine, magistrale et intemporelle. Les images rapportées par l’artiste sont pures, éthérées, paisibles, nues. Le nom de cette série, NUDE, résonne comme un écho à l’absence d’artifice dans ces paysages de sable et de ciel, où rien ne compte que la contemplation, tel un oasis dans la frénésie du quotidien.

« Le désert n’est pas là où l’on croit. Le Sahara est plus vivant qu’une capitale et la ville la plus grouillante se vide si les pôles essentiels de la vie sont désaimantés” Antoine de Saint Exupéry

NUDE rappelle à tous la simplicité d’une nature intacte, aussi vivante que fragile, et s’inscrit donc naturellement au cœur des problématiques que Boris soulève avec la série HURBAN VORTEX : la mondialisation, la saturation, le vide, l’humanité, et la place que ces entités occupent les unes par rapport aux autres.

HURBAN / NUDE
Une exposition “hors les murs” de Paris Photo et jusqu’au 22 décembre 2018

galerie Deux6
66 Avenue de la Bourdonnais
75007 Paris

http://www.deux6.com/

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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