Aurélie Filippetti signe Les Idéaux, une rencontre amoureuse au cœur du pouvoir

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Aurélie Filippetti : Les Idéaux
Aurélie Filippetti : Les Idéaux

Aurélie Filippetti signe avec “Les Idéaux” un livre inspiré de son histoire personnelle. Une histoire d’amour entre un homme de droite et une femme de gauche.

Plus de dix ans après la publication de son dernier roman, et quatre ans après avoir démissionné du gouvernement, Aurélie Filippetti signe avec “Les Idéaux” un livre inspiré de son histoire personnelle.  Ministre dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, Aurélie Filippetti a quitté sa fonction à l’été 2014 en même temps qu’Arnaud Montebourg, avec qui elle a eu depuis, une relation amoureuse. Dans son dernier livre, l’ex-ministre de la Culture raconte une rencontre amoureuse au cœur du pouvoir.

De 2012 à 2014, l’ancienne député de Moselle était en couple avec Frédéric de Saint-Sernin, député UMP et ex-secrétaire d’Etat dans le gouvernement de Raffarin. Les idéaux raconte l’histoire d’amour de deux députés que tout oppose, et qui se sont rencontrés à l’Assemblée nationale. N’étant pas du même bord, ils tiennent leur liaison secrète.

Stéphanie Polack, son éditrice, en dit qu’il s’agit « d’une exploration littéraire et intime du pouvoir. Comment par une histoire d’amour, le couple parvient à redécouvrir leur fondement de leurs engagements politiques ».

Les idéaux

Une femme, un homme, une histoire d’amour et d’engagement. Tout les oppose, leurs idées, leurs milieux, et pourtant ils sont unis par une conception semblable de la démocratie. Au cœur de l’Assemblée, ces deux orgueilleux se retrouvent face aux mensonges, à la mainmise des intérêts privés, et au mépris des Princes à l’égard de ceux qu’ils sont censés représenter. Leurs vies et leurs destins se croisent et se décroisent au fil des soubresauts du pays. Lorsque le pouvoir devient l’ennemi de la politique, que peut l’amour ?

Les idéaux : Extrait

Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible. Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous. En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.

La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.

Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.

Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.

Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.

– J’ai pensé à toi.

Depuis son exclusion du Parti Socialiste, Aurélie Filippetti se consacre à l’enseignement à Sciences-Po Paris ainsi qu’à l’ESJ Lille. Elle n’a plus de mandat politique, mais elle s’est engagée dans le mouvement Génération.s de Benoît Hamon.

  • Broché: 448 pages
  • Editeur : Fayard
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2213709440
  • ISBN-13: 978-2213709444