Renaissance à Digne les Bains de la Maison Alexandra David-Neel

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Alexandra David-Neel
Alexandra David-Neel

Alexandra David-Neel, 1ère femme occidentale à pénétrer dans la cité de Lhassa au Tibet, fait partie de ces personnages inclassables et si inspirants.

Il y a un demi-siècle Alexandra David-Neel célèbre pour avoir, en 1924,réussi à atteindre la capitale interdite du Tibet et à y séjourner, fière que cet exploit ait été réalisé pour la première fois par une femme, s’éteignait à Digne, dans sa maison de Samten Dzong.

Le nom d’Alexandra David-Neel (1868-1969) est indissociable de l’exploration du Tibet. Pourtant, celle qui va devenir écrivain sous le nom de David-Neel ne s’embarque qu’à l’âge de 43 ans pour un voyage de plus de quatorze années, son grand voyage. La longue période de sa vie précédant la célébrité conquise dans le monde des lettres et de l’orientalisme constitue autant la source que le fondement déterminant d’un si extraordinaire parcours pour une femme de son époque: riche d’une immense diversité de rencontres et d’enseignements, d’engagements sociaux et politiques par ses positions féministes et anarchistes, philosophiques avec la franc-maçonnerie, et artistiques car elle fut aussi une musicienne accomplie. L’irrésistible attrait pour l’Asie et la spiritualité orientale fut toutefois le plus fort: après son mariage en 1904 en Tunisie avec Philippe Néel qui restera un indéfectible soutien, elle consacre un livre au bouddhisme en 1910 et part pour Ceylan en 1911.

L’impact de cette vie exceptionnelle est encore très présent aujourd’hui, aussi bien dans les milieux artistiques (un opéra a été créé et une chorégraphie est en cours d’écriture, ses écrits inspirent des artistes visuels, des auteurs de bandes dessinées, des photographes marchant sur ses traces, des réalisateurs de documentaire, des expositions, etc.)que philosophiques, comme en atteste la vivacité des nombreuses recherches sur ses textes et ses explorations.Il s’agit donc aujourd’hui, à travers les différents mais indissociables aspects du travail que nous conduisons (maison, musée, jardin) de rendre compte de la formidable diversité et de la modernité de son œuvre, loin des clichés et approximations dont elle fut l’objet.

Et puis, dans une maison à moi, avec un grand jardin, je pourrai éviter de nombreux frais de blanchissage et autres.Quand on n’est pas vu, on peut travailler soi-même, faire maintes choses, mais si on est au milieu d’autres gens qui vous regardent on ne peut, sous peine de se déconsidérer socialement et par là de se causer du tort, vaquer à certaines besognes, ni même manger trop simplement. Quand on est ce que je suis et que l’on a fait ce que j’ai fait,on peut se permettre toutes sortes d’originalités en rapport avec le personnage que l’on est. Ma cabane dans les montagnes aura beaucoup plus de «chic» qu’une chambre dans un hôtel médiocre. Il faut entretenir sa réclame quand on doit vivre de l’argent que l’on gagne.” Alexandra David-Neel, Colombo, 21 mars 1925, archives MADN, Ville de Digne-les-Bains.

Si Alexandra David-Neel a passé 25 ans de sa vie en Asie, si elle fut la première femme européenne à se rendre dans la cité interdite de Lhassa, ses voyages ne font pas d’elle «qu’une» exploratrice:ils nourrissent une œuvre d’une densité et d’une force considérable.

À son retour du Tibet, Alexandra, avec l’acquisition de sa demeure en 1928,va réellement devenir écrivain. Après une première étape à Toulon, où elle achève le manuscrit définitif du Voyage d’une parisienne à Lhassa, elle se rend à Digne pour y visiter une propriété dont elle fera son port d’attache dans la montagne. Samten Dzong (Résidence de la Réflexion en tibétain) est l’unique maison qu’ait possédée Alexandra David-Neel tout au long de sa vie centenaire.

La vie d’Alexandra est une suite de récits qu’elle consignera d’abord dans des carnets personnels, dans les nombreux échanges épistolaires, puis dans les publications pour des revues, des journaux et enfin des éditeurs.Mais c’est ici, à Samten Dzong qu’elle écrira la plus grande partie de son œuvre.

Par testament, celle qui a toujours mené sa vie comme elle l’avait choisie, désigne la ville de Digne-les-Bains comme héritière principale de ses biens, manuscrits et droits d’auteur de plus de vingt-cinq titres traduits dans une vingtaine de langues.

C’est sa maison et son jardin ainsi qu’un musée qui vont être ouverts au public dès le 25 juin 2019. Ce projet scientifique et culturel, a été confié à Nadine Gomez,conservateur en chef du patrimoine. Alexandra David-Neel, décédée à presque 101 ans, laisse sa demeure remplie de son histoire et de tous ses trésors.

Le site de l’association : http://www.alexandra-david-neel.com/

Maison Alexandra David-Neel
27 avenue du Maréchal Juin
04000 Digne-les-Bains

www.alexandra-david-neel.fr

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Renaissance à Digne les Bains de la Maison Alexandra David-Neel
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Renaissance à Digne les Bains de la Maison Alexandra David-Neel
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Il y a un demi-siècle Alexandra David-Neel célèbre pour avoir, en 1924,réussi à atteindre la capitale interdite du Tibet
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