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Marcel Caloïan Grosaru

Marcel Caloïan GrosaruJe projette, je construis « mon carré », je le recompose, je le décline en silence, en bruit, en origine, en éphémère, en commencement, en perpétuel mouvement de l’âme et des sentiments

Marcel Caloïan Grosaru rend hommage à Kasimir Malevitch  avec l’exposition  “Eloge au carré” à l’occasion de l’anniversaire des 100 ans de sa première exposition suprématiste (le 16 décembre 1916).

Marcel Caloïan Grosaru vu par Thomas Maria Hubert

Après environ 35 années de peinture figurative, Caloïan en a eu assez. Suite à un déclic de grande envergure, il a décidé de se lancer dans un répertoire beaucoup plus abstrait. Jusque-là, les formes tracées étaient en majorité courbes, rondes, arrondies. Souples, drapées, alanguies, etc. Et puis, il y a eu ce déclencheur, véritable tremblement de terre à l’échelle de sa pratique de peintre.

Un siècle avant, le 19 décembre 1915, un certain Kasimir Malevich présentait pour la première fois son fameux Carré noir sur fond blanc dans une galerie de Saint-Pétersbourg. Autre déclencheur aux yeux de Caloïan : se trouver à cette date anniversaire (100 ans tout rond !) en train de peindre des formes carrées sur une toile et penser à son illustre prédécesseur. Se rendre compte, aussi, du chemin parcouru – par soi, par les autres, par l’Histoire de l’art.

L’artiste travaille sans relâche, il retravaille si besoin, ajoute des couches sur d’autres couches. Ce qui finit par constituer des sortes de protubérances. A cela, s’ajoutent ses recherches liées à la couleur. Passionnément, Caloïan calcule, teste, superpose, en quête de subtilités si possible surprenantes. Car il s’agit de faire chanter la couleur, qu’elle vibre en gammes chromatiques. Même le noir est présent et a droit à ce traitement.

Après un certain nombre d’années pendant lesquelles la peinture de Caloïan était influencée par son caractère impulsif, l’artiste a maintenant fait le choix de la retenue. Tout en nuance, il alterne le chaud et le froid, se concentrant avant tout sur leur complémentarité. Il compose comme bon lui semble, avec application et intensité, mais sait retrouver par moment la légèreté permettant de rebondir sans trop se prendre au sérieux.

Marcel Caloïan Grosaru :

“Il y a quelques années, ma création (la figuration libre) a glissée au fil des recherches dans l’abstraction avec une fréquente utilisation des structures géométriques, cercles, triangles, carrés, lignes. Ma palette est limitée, structurée, purifiée et mon vocabulaire géométrique proche des artistes qui m’enchantent, me passionnent en permanence : Malevitch, Ad Reinhardt, Agnès Martin, Sol Lewit, Donald Judd, Carl André… A la fois statique ou dynamique « mon carré » m’obsède, m’inspire, me traverse, m’imagine, me démesure. Il est lumière de l’ombre et l’ombre de lumière, transcendé par des territoires plastiques forts, rempli de couleurs puissantes ou pastelles, contrastées ou monocordes, harmonisées ou désonorisées totalement, décoiffées de sens, d’enjeu et de sublime. « Mon carré » espace qui transite à la recherche de quête universelle, de l’harmonie.

Je projette, je construis « mon carré », je le recompose, je le décline en silence, en bruit, en origine, en éphémère, en commencement, en perpétuel mouvement de l’âme et des sentiments. Je suis submergé par la musicalité de la couleur, la sonorité du rythme, la force du contraste et l’expérimentation du langage artistique, du génie célébré.

Et c’est par le dialogue et l’apprentissage permanent que je porte en moi « le rythme » indélébile de la dualité entre la forme et le matériel, le silence et le bruit, les aplats et les juxtaposés, le contraste, les lignes, les formes, le contraste des couleurs, le défi positif/négatif, le contraste des valeurs, l’opposition chaud/ froid, la construction symétrique/asymétrique, les complémentarités, la monochromie, pour mieux sublimer et émerveiller ma création.”

Photo : Marcel Caloïan Grosaru – Kriptonite – composition tournante – 100x100cm Huile sur toile – signée, datée au dos, initiales

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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