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Diluvium : Eva Nielsen en Chine à l’Espace Culturel ICICLE Shanghai

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Eva Nielsen, Vue de l'exposition Deluvium, Espace Culturel ICICLE Shanghai, 2026 (c) ICICLE 6
Eva Nielsen, Vue de l'exposition Deluvium, Espace Culturel ICICLE Shanghai, 2026 (c) ICICLE 6

L’Espace culturel ICICLE de Shanghai ouvre la nouvelle saison artistique avec Eva Nielsen, figure majeure de la scène contemporaine française !

Diluvium, à l’Espace ICICLE de Shanghai jusqu’au 18 juin 2026 est la première exposition d’Eva Nielsen à Shanghai et sa troisième en Chine. Certaines œuvres de l’exposition sont inédites, d’autres ont été produites dans le cadre de la résidence BMW Art makers | les Rencontres d’Arles. Eva Nielsen, née en 1983, est diplômée d’un Master de l’École des Beaux-Arts de Paris (2009) et a étudié à Central Saint Martins (2008). Son travail a été exposé dans de nombreuses institutions de premier plan, en France et à l’international.

Sous le commissariat conjoint de Marianne Derrien et Myriam Kryger, l’exposition Diluvium réunit un ensemble d’œuvres récentes, dont plusieurs inédites, conçues spécialement pour cette première présentation de l’artiste à Shanghai. Le projet se déploie du dehors au dedans, depuis la façade du bâtiment ICICLE, au cœur du centre historique, jusqu’à ses espaces intérieurs.

Au sein de chacune de ses œuvres, Eva Nielsen associe peinture, photographie et sérigraphie. Son travail s’ancre dans des environnements en mutation — paysages instables, fragments d’infrastructures, lieux en retrait — parfois traversés de présences humaines fantomatiques qui s’y fondent. L’hybridation des éléments, des techniques et des matériaux est au cœur de sa démarche. Elle engendre une expérience perceptive vertigineuse qui brouille les repères et déplace les seuils du visible.

“En déjouant les codes d’une certaine histoire du portrait et du paysage en peinture, Eva Nielsen cultive les points de rencontres et d’échanges. Comme les bras d’un fleuve où converge un foisonnement de chemins, ses œuvres favorisent un écosystème vivant d’une riche diversité de sillons et d’interstices qui irrigue le trouble de notre vision.” Marianne Derrien, commissaire de l’exposition

“Comme la mémoire, les œuvres d’Eva Nielsen procèdent d’une dynamique de résurgence et d’enfouissement. Les formes apparaissent, se déplacent, se dérobent. Le regard circule sans jamais se fixer, pris dans une instabilité perceptive qui dissout toute notion de centre et de hiérarchie. Rien ne domine : tout se répond et s’interpénètre, comme les techniques et les matériaux que l’artiste hybride.” Myriam Kryger, commissaire de l’exposition

DILUVIUM vu par Marianne Derrien

C’est dans les profondeurs de la peinture, de la photographie, de la sérigraphie et de l’archive qu’Eva Nielsen entame une traversée tant physique que mentale de notre façon d’habiter, de fabriquer ou de parcourir des territoires. Peintre et photographe franco-danoise, elle porte son regard sur les zones interstitielles, les paysages en mouvement, les fragments d’infrastructures ou encore les habitations à l’abandon.

En combinant des techniques de sérigraphie avec de l’huile, de l’acrylique et de l’encre sur toile, le processus d’Eva Nielsen est celui d’une fragmentation, d’une dissimulation et d’une révélation, positionnant l’œuvre finale à la fois comme réserve et résidu à la recherche d’une fiction picturale capable de contenir de multiples récits et temporalités.

Par des superpositions de capture photographique, de peinture et de techniques d’assemblage, les paysages apparaissent entre transparence et opacité. Des échelles et des perspectives multiples coexistent pour faire émerger une autre histoire de l’aménagement territorial et de notre relation à l’environnement, touchant à certains souvenirs bien enfouis.

À travers l’instabilité et l’érosion des paysages, Eva Nielsen partage cette vision d’un « futur préhistorique », élaborée par les artistes Nancy Holt et Robert Smithson. Les temps géologiques et organiques se confondent dans des textures et voilages évanescents, quasi fantomatiques. Des images remontent à la surface en couches successives et sédimentées. D’étranges présences surgissent, celles d’êtres aux postures lascives ou en action. Le corps humain se fait paysage, le paysage se corporalise.

En déjouant les codes d’une certaine histoire du portrait et du paysage en peinture, Eva Nielsen cultive les points de rencontres et d’échanges. Comme les bras d’un fleuve où converge un foisonnement de chemins, ses œuvres favorisent un écosystème vivant d’une riche diversité de sillons et d’interstices qui irrigue le trouble de notre vision.