Cet été a marqué pour le château de Versailles l’aboutissement d’une démarche patrimoniale rigoureuse visant à restituer les volumes, les effets de lumière et les perspectives de la galerie des Glaces. Cette intervention permet de se rapprocher de son véritable état historique et d’en révéler toute la cohérence, l’exceptionnelle majesté et la richesse artistique, notamment en rétablissant la vue sur la voûte peinte par Charles Le Brun, chef-d’œuvre de la peinture française du XVIIe siècle.
La galerie des Glaces retrouve également un décor oublié des années 1680 : les orangers présentés le long de ses parois dans de grands vases d’argent, fondus en 1689 avec le reste du légendaire mobilier d’argent. Pour en rappeler la splendeur, une série de vases en bronze, réalisés d’après les modèles de Claude Ballin et habituellement installés dans les parterres, est provisoirement exposée dans la galerie. Ils accueillent des orangers illusionnistes réalisés par un bronzier et un céroplasticien, offrant aux visiteurs une évocation sensible de l’atmosphère fastueuse du règne de Louis XIV.
Aujourd’hui, la nouvelle configuration avec une seule rangée centrale de lustres permet de rétablir un état du château de Versailles plus authentique, au plus près de la réalité du palais devenu siège de la Cour et du gouvernement du royaume de France en 1682.
La galerie des Glaces remplaçait alors une terrasse peu fonctionnelle et mal adaptée au climat français. Elle assurait la jonction entre les Grands Appartements du Roi et de la Reine en offrant au château une salle suffisamment prestigieuse pour accueillir les grandes cérémonies d’apparat, comme les réceptions d’ambassadeurs.
Le maintien de six lustres centraux tel que cela a pu être le cas sous l’Ancien Régime permet donc de restituer l’expérience originelle de la galerie. Ce choix rétablit le dialogue subtil entre les fenêtres ouvertes sur les jardins et les miroirs qui leur font face, avec cette dilatation de l’espace que renforce la voûte baroque, pleine de perspectives en trompe-l’œil ouvrant la galerie sur le ciel. Les proportions inouïes de cet espace, les pilastres aux chapiteaux d’ordre français soutenant une corniche qui semble libérée de la pesanteur, le rythme des travées, la monumentalité des deux grandes baies ouvrant sur les deux salons d’angle, autant d’éléments d’une merveille architecturale que le faux-plafond formé par les lustres pouvait occulter. Ainsi, c’est toute la lisibilité du chef-d’œuvre de Charles Le Brun qui est rétablie.
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