Accueil A la Une Emile Gallé : Maître verrier, Maître de l'Art nouveau

Emile Gallé : Maître verrier, Maître de l’Art nouveau

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Né le 4 mai 1846 de l’union de Charles Gallé et Fanny Reinemer, Emile GALLÉ est considéré comme l’un des maîtres de l’Art nouveau en France.

Emile Gallé est l’une des figures les plus marquantes des arts appliqués et l’un des pionniers de l’Art Nouveau. Il est né à Nancy en 1846 où son père possède une gobeleterie. En 1866, Émile reçoit un jour, une lettre de ce dernier, peintre sur porcelaine de formation, qui lui annonce, qu’il est arrivé au bout de son chemin, et qu’Émile doit poursuivre son oeuvre. Charles Gallé, qui a fait à l’époque, prospérer de façon considérable le commerce de sa belle-mère, dont l’enseigne se transforme alors en « Gallé-Reinemer ». C’est aussi à cette même époque que Charles Gallé est devenu le fournisseur attitré de Napoléon III.

Coupe Roses de France  – Photo : Musée de l’école de Nancy

De 1862 à 1866, Émile Gallé lui a séjourné à Weimar en Allemagne et fait son apprentissage de verrier dans les fabriques de Burgun et Schwerer à Meisenthal.

En 1867, à son retour à Nancy, Emile s’associe donc à l’entreprise de négoce et de décoration de faïence et de verrerie de son père. Il prend  la tête de la création artistique. Il représente son père à l’exposition universelle de 1867.  Il rencontre  Victor Prouvé, qui deviendra un intime de la famille Gallé. Ils créeront ensemble la faïences dit « services de ferme ». Il prend la décision de fonder son propre atelier dans la maison familiale dite ” La Garenne ”  construite par Charles GALLÉ au n°2 avenue de la Garenne à Nancy. C’est durant cette période qu’il développe véritablement, son propre style, jusqu’à atteindre dans les années 1890, son plein épanouissement. Ses premiers résultats sont dévoilés lors de l’Exposition de l’Union Centrale de 1878 à Paris, et en 1884 avec un lot de porcelaines et de verreries qui lui valent une médaille d’or.

Industriel, artisan, Émile Gallé participe à la redéfinition de l’artiste de cet  fin du XIXe siècle. Il a le sens des affaires, le goût du risque, et il sait gérer ses hommes. Il se pose alors, la question du comment concilier un travail de création avec des pièces de qualité qui nécessitent des recherches, et l’Art pour tous, des objets de la vie quotidienne accessibles à tous ?

Emile Gallé, a mené ses premières herborisations à l’âge de 14 ans. Son inspiration botanique remonte à ses années de formation en Allemagne durant lesquelles il a étudié la botanique et la minéralogie. L’herbier outil d’observation naturaliste et poétique, est également un exercice artistique. Il calque ses modèles à l’encre de Chine ou au pastel. Il a une prédilection pour l’ombellifère ou berce des prés, les paysages de montagnes, les fleuves, les lacs, les étangs et les sous-bois ainsi que toute la flore qui s’y développent. Il fonde en 1877 la Société centrale d’horticulture de Nancy. Son amour pour la botanique est omniprésente dans ses œuvres, dans ses écrits, que dans ses activités.

Au tournant du XXe siècle, Emile Gallé impose son génie de céramiste sur la scène artistique française et internationale, avec des commandes provenant de la famille impériale russe, ou encore de la Ville de Paris pour le tzar Nicolas II. Sa fabrique lui assure des revenus réguliers, et ses recherches personnelles lui apportent la reconnaissance de ses pairs.

Guéridon aux Libellules – Tilleul mouluré et ciselé, à marqueterie florale sur les plateaux.
Signature nouille.

Son inspiration se nourrie également de la peinture japonaise et notamment de Hokusaï, qu’il considère comme un modernisateur de l’art décoratif. Il façonne formes, courbes et détails de certaines fleurs, mais aussi des insectes, pour créer des vases et des meubles. Il est devenu, l’une des références de l’Art Nouveau. Pour lui, la nature est perçue comme une porte vers le monde de l’imaginaire, mais aussi du fantastique. Elle est certainement, l’une des explications de son intérêt pour l’art japonais, qu’il découvrira en même temps que ses contemporains. A partie de 1872,  il commence à acquérir des objets d’art japonais : céramiques, laques, objets en bambou, peintures, estampes, calligraphies, ouvrage, qui constitueront au fur et à mesure du temps, une incroyable collection qu’il enrichira jusqu’à sa mort.

En 1885, Emile Gallé se prend de passion pour ce matériau qu’est le bois. Il monte très rapidement un atelier d’ébénisterie. Son premier ensemble mobilier est présenté à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Célébré par la critique pour ses qualités techniques et son inventivité, il remporte une médaille d’or, le Grand Prix. A cette occasion, Gallé est fait officier de la Légion d’Honneur.

Préoccupations scientifiques et préoccupations artistiques sont intimement liées chez lui.

Lampe Les Coprins – 1902 – Photo : Musée de l’école de Nancy

Si, l’Antiquité, le Moyen Âge, la Renaissance, le XVIIIe siècle, l’Orient, l’islam, et l’art japonais, qui ont nourrit l’inspiration permanente du créateur, ont été d’une très grande importance, la nature demeurera en permanence, sa principale source d’inspiration. En 1898, la marqueterie de verre lui permettra totalement, de restituer à sa manière, les couleurs entrevues de la nature et transcendées par son imagination.

Emile Gallé a conçu génialement, une large gamme de lampe Art nouveau. Les formes et décors sont totalement inspirés par la nature. Le verre coloré et gravé devient fleur. Le fer forgé branche. Leurs noms : la lampe Les Coprins, la girandole Coloquintes, la lampe aux ombelles. Avec Daum Frères et Majorelle, il est l’un des premiers à travailler sur les éclairages électriques.

Il existe trois types de luminaire, signés du nom du maître : Ceux créés de son vivant (1900-1904), ceux édités par sa veuve et son gendre (1905-1931), et les multiples contrefaçons et faux produits depuis 1935.

En 1901, Émile Gallé rédige les statuts de l’École de Nancy, ou Alliance Provinciale des Industries d’Art, qui est alors officiellement créée. Verrerie, mobilier, vitrail, céramique, cuir, ferronnerie, architecture, participent à la rénovation des arts décoratifs qui marque encore aujourd’hui la ville de Nancy.

Ateliers Gallé – Vue des ateliers Gallé – Photo : Musée de l’école de Nancy
Qu’est-ce que l’Art nouveau ?

Le mouvement Art nouveau est celui des courbes et des arabesques, il est un courant artistique pluridisciplinaire. Il concerne l’architecture, la décoration d’intérieur, la sculpture, le vitrail et accessoirement la peinture. Inspiré par la nature, mais aussi celui de la femme, il est un produit de la Belle Époque, comprise entre 1890 et 1914. L’art nouveau puise ses racines dans le mouvement Arts & Crafts, apparu en Angleterre dans les années 1860. Le terme Art nouveau est repris par le marchand d’art Siegfried Bing qui imagine à Paris en 1895, le magasin “La Maison de l’Art nouveau“. Esthétiquement l’art nouveau est une réaction à l’impressionnisme. C’est Hector Guimard qui l’incarne notamment, au travers des bouches de métro dont il est l’architecte, et que la ville de  Paris lui commande en 1899, et autour de l’École de Nancy, d’Émile Gallé.

La première Guerre Mondiale signera de la fin des inspirations de l’Art nouveau. Il cédera la place au style Art déco qui, dans les années 1920, promeut un retour au classicisme. Les représentants du style Art nouveau sont aussi également : Louis Majorelle, René Lalique, Victor Horta, Eugène Grasset, Alfons Mucha.

En 1999 s’est constitué un réseau européen de villes possédant un riche patrimoine Art nouveau, le Réseau Art nouveau Network (RANN). Nancy a participé à la constitution de ce réseau en 1999 et, depuis, en partage les actions. 20 villes à ce jour, poursuivent la sauvegarde et la promotion du patrimoine Art nouveau.

A sa mort en 1904, Emile Gallé laisse derrière lui une œuvre immense. La quasi-totalité de sa collection est rassemblée à partir de 1968 au musée de l’Ecole de Nancy. Sa verrerie continuera d’être produite jusqu’en 1936.

Informations complémentaires sur : https://musee-ecole-de-nancy.nancy.fr/accueil-2676.html

Jean Marc Lebeaupin
Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !
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