Accueil A la Une La révélation Soutine « Collection du musée de l’Orangerie » au Musée d’art moderne...

La révélation Soutine « Collection du musée de l’Orangerie » au Musée d’art moderne de Céret

0
96
Chaïm Soutine, Le petit pâtissier, entre 1922 et 1923, Paris, musée de l'Orangerie © GrandPalaisRmn (musée de l'Orangerie) / Photo Thierry Le Mage
Chaïm Soutine, Le petit pâtissier, entre 1922 et 1923, Paris, musée de l'Orangerie © GrandPalaisRmn (musée de l'Orangerie) / Photo Thierry Le Mage

Le musée d’art moderne de Céret organise, avec la collaboration exceptionnelle du musée de l’Orangerie, une exposition autour du peintre Chaïm Soutine. À cette occasion, dix-neuf oeuvres issues de la collection du musée de l’Orangerie, la plus importante de Soutine en Europe, seront présentées pour la première fois au musée d’art moderne de Céret pendant huit mois, du 19 décembre 2026 au 30 août 2027.

Un partenariat exceptionnel entre le musée de l’Orangerie et le musée d’art moderne de Céret Le musée d’art moderne de Céret annonce un partenariat exceptionnel avec le musée de l’Orangerie, autour de l’une des personnalités les plus emblématiques de l’histoire de l’art moderne : Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943). Un ensemble remarquable issu de la collection du musée de l’Orangerie sera présenté au musée d’art moderne de Céret, à l’occasion d’une collaboration scientifique entre les deux établissements. Entre paysages, natures mortes et portraits, cette exposition, dont le commissariat est assuré conjointement par les deux institutions, mettra en évidence la singularité du parcours de cet artiste et la réception de son oeuvre dès les années 1920.

De Céret à Philadelphie : l’ascension fulgurante de Soutine dans les années 1920

Le séjour de Chaïm Soutine à Céret, de 1919 à 1922, a profondément marqué son oeuvre : près de deux cent tableaux sont créés dans la cité catalane. C’est à cette période que le marchand et collectionneur Paul Guillaume repère le jeune artiste, l’expose au sein de sa galerie parisienne et le présente au collectionneur américain, le Dr. Albert Barnes, dont la quête d’art moderne français bouleverse alors le marché de l’art parisien. Cette rencontre transforme la trajectoire de Soutine, qui, de l’artiste maudit de l’Ecole de Paris, devient un artiste reconnu.

L’exposition reviendra sur la vie de ce peintre, né en 1893 à Smilovitchi, non loin de Minsk, dans l’ancien Empire russe. Après des études aux Beaux-Arts de Vilnius, Chaïm Soutine rejoint Paris en 1913 et se lie d’amitié avec les peintres de son temps, notamment Amedeo Modigliani. Entre 1919 et 1922, il rejoint le sud de la France, Cagnes-sur-Mer et Céret, avec le peintre Pinkus Krémègne. Soutine y réalise un ensemble de paysages, de natures mortes et de portraits parmi les plus aboutis de son oeuvre. Son style évolue alors vers un expressionnisme puissant, marqué par un mouvement tourmenté, une facture violente et des couleurs intenses inspirées par la lumière méditerranéenne. Cette nouvelle orientation de son travail, initiée à Céret, joue un rôle majeur dans sa notoriété internationale.

Au-delà de l’imaginaire d’une figure d’artiste maudit et solitaire, Soutine s’entoure de personnalités encourageant son travail : avant Paul Guillaume, le marchand Leopold Zborowksi, puis le couple Marcellin et Madeleine Castaing soutiennent son travail, le fournissent en couleurs et en toiles, et contribuent à la diffusion de son oeuvre. Grâce à ce réseau de relations, il bénéficie d’une reconnaissance croissante en France et aux États- Unis dans l’entre-deux-guerres. Au même moment pourtant, ses pairs commencent à suspecter ou jalouser ce succès commercial, notamment en ventes publiques dans les années 1920.

En regard de l’exposition, la publication d’un catalogue d’exposition avec des contributions des commissaires et d’une autrice internationale permettra de porter un nouveau regard sur la carrière de Soutine, sur son passage à Céret, et d’enrichir la connaissance sur la collection constituée par Paul Guillaume, aujourd’hui conservée dans les collections nationales. Cette collaboration sera portée par une riche programmation culturelle et des dispositifs de médiation spécifiques, conçus pour l’exposition à destination de tous les publics, notamment un podcast pédagogique imaginé par l’Orangerie, « Bleu comme une orange », consacré à Chaïm Soutine, et réalisé en collaboration avec des scolaires, à Céret même.

  • Commissariat Juliette Degennes, conservatrice du patrimoine, musée de l’Orangerie
  • Jean-Roch Dumont Saint-Priest, directeur-conservateur, musée d’art moderne de Céret
  • Gwendoline Corthier-Hardoin, adjointe au service conservation et responsable des expositions, musée d’art moderne de Céret