L’abbé Pierre, faire la guerre à la misère.
L’abbé Pierre, faire la guerre à la misère !

L’abbé Pierre, faire la guerre à la misère, retrace en photos et en citations la vie d’une des personnalités les plus appréciées de la population française.

Henri Grouès naît le 5 août 1912 à Lyon. Il est le cinquième d’une fratrie de 8 enfants. Antoine, le père, est un industriel dans la soierie fortement engagé auprès des plus pauvres. « Le monde change à chaque fois que quelqu’un partage. » dit-il.

Au début d’août 1942, Henri Grouès est confronté au choix de la clandestinité et de la résistance. Dès lors, les évènements nécessitent que’l change souvent de nom. Aux derniers jours de l’Occupation, il adoptera définitivement celui d’« abbé Pierre ». En 1947, l’Abbé s’installe avec sa secrétaire personnelle, Lucie Coutaz, à Neuilly-Plaisance pour travailler à l’étage et accueillir des personnes dans le besoin au rez-de-chaussée. Le lieu est baptisé Emmaüs et deviendra la première communauté, avec le début de la chine, l’activité économique de récupération à l’origine des Chiffonniers d’Emmaüs. Élu à la première Assemblée constituante, il se représentera et sera réélu à deux reprises, jusqu’en 1951.

Le terrible hiver 1953-1954 ! L’insurrection de la bonté !

L’hiver 1953-1954

est terrible, le thermomètre descend à – 15° à Paris. Toutes les nuits, l’abbé Pierre et ses compagnons parcourent les rues et découvrent chaque soir un plus grand nombre de gens désespérés. « J’ai raconté cette histoire horrible : un jour, une vieille femme agonise dans la rue. Mes amis l’emmènent au commissariat pour trouver un peu de chaleur. Trop tard, elle est morte. Dans ses mains, un avis d’expulsion, elle n’avait pas payé son loyer. Ce n’était plus possible. Un ami, Georges Verpraet, journaliste parlementaire, lance alors cette idée d’un appel à la radio. ».

Cet appel, « l’insurrection de la bonté », provoque un gigantesque élan de solidarité populaire dans lequel l’abbé Pierre préfère voir « l’insurrection de l’intelligence contre l’absurde et pour la justice »

L’Appel de l’hiver 1954 résonne partout dans le monde et une longue série de voyages à l’étranger commence pour l’abbé Pierre. En juillet 1963, il traverse le Rio de la Plata (entre Montevideo et Buenos Aires). Le bateau prend feu et l’Abbé survit au naufrage. Le 24 mai 1969, 70 groupes Emmaüs provenant d’une vingtaine de pays présents sur 4 continents répondaient à l’appel de l’abbé Pierre et se rencontraient, pour la première fois, au Parlement fédéral à Berne, en Suisse. Emmaüs International était né. En 1985, Emmaüs France verra le jour. « J’ai pris conscience que si j’avais disparu dans l’eau, jamais les hommes et les femmes que je connaissais partout ne se seraient rencontrés les uns les autres. J’étais le seul à connaître tous ces groupes à travers le monde, le seul à savoir tout ce qui se faisait au nom d’Emmaüs. »

Durant les années 1990, l’Abbé poursuit sa mission et multiplie les actions : Le 14 juillet 1992, il refuse sa nomination au rang de grand officier de la Légion d’honneur. Le 22 décembre 1992 le Haut Comité pour le Logement des personnes Défavorisées est créé, tandis que 6 ans plus tard, la loi du 29 juillet 1998 est votée, relative à la lutte contre les exclusions : son premier article stipule que « la lutte contre les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l’ensemble des politiques publiques de la Nation ».

La loi SRU de 2000, est issue d’un débat national lancé en 1999 concluant à la nécessité de décloisonner la ville en réduisant ses fractures principales, entre générations, géographiques et sociales. Elle vise principalement à répondre à la pénurie de logements sociaux accessibles aux plus modestes et oblige les communes importantes à disposer en 2025 d’au moins 25 % de logements sociaux en résidentiel en agissant sur l’offre, taux abaissé à 20 % pour celles où la demande de logement social est faible.

Le 22 janvier 2007, l’abbé Pierre s’éteint à l’âge de 94 ans, à l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris. Un hommage lui est rendu à la chapelle du Val-de-Grâce et des obsèques nationales se déroulent le 26 janvier, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

LA FONDATION ABBÉ PIERRE

La Fondation Abbé Pierre a été créée par l’abbé Pierre soucieux que son combat contre la précarité lui survive. Elle a trois principales missions :

  • Accompagner les personnes sans-abri dans ses structures d’accueil ;
  • Financer plus de 1000 projets, chaque année, conduits par 900 associations de lutte contre la précarité ;
  • Et enfin, peser sur le débat public en sensibilisant l’opinion et en interpellant les pouvoirs publics sur la pauvreté et le mal-logement.

La Fondation Abbé Pierre est laïque, non partisane et indépendante. Elle agit uniquement grâce aux dons de particuliers et d’entreprises partenaires. La Fondation agit directement auprès des personnes en difficulté, en :

  • Accueillant les personnes sans abri dans plus de 30 structures en France métropolitaine et à la Réunion ;
  • Conseillant juridiquement par plateforme téléphonique, les personnes mal-logées, notamment dans le cadre de procédures d’expulsion (Espace Solidarité Habitat, Allô
    Prévention Expulsion).

L’exposition L’abbé Pierre, faire la guerre à la misère

, du 12 mai au 5 novembre 2023 à la Cité de l’économie retrace en photos et en citations la vie d’une des personnalités les plus appréciées de la population française