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Restaurer les avions de musée

avions de musée

Monumentaux et solides, on oublie trop facilement que les avions n’ont pas été conçus pour durer. Or, comme tout musée de France, le musée de l’Air et de l’Espace se doit d’entretenir et de restaurer, telle une œuvre d’art, les avions appartenant aux collections publiques. C’est ce que conservateurs et restaurateurs viennent de faire en entreprenant la restauration, qui vient d’arriver à son terme, de deux avions de voltige de l’entre-deux-guerres, le Dewoitine D.530 de Marcel Doret et le Morane-Saulnier AI d’Alfred Fronval.

Fondé en 1919, le musée de l’Air et de l’Espace est situé sur l’aéroport de Paris-Le Bourget, premier aéroport d’affaires d’Europe. C’est l’un des premiers musées de culture aéronautique au monde. Il conserve une collection très composite constituée d’objets d’art, de peintures, dessins, estampes, affiches, photographies, collections textiles, maquettes, moteurs, équipements techniques et, naturellement, de ballons, objets spatiaux et aéronefs. Ces derniers illustrent l’histoire de l’aviation, des tout premiers planeurs de la fin du XIXe siècle au Concorde, en passant par le Breguet 19 TR Super Bidon baptisé Point d’interrogation, qui réalisa le premier vol Le Bourget-New York en 1930.

Les avions du musée de l’Air et de l’Espace ressortissant du patrimoine national, sont conservés sous la responsabilité d’un personnel scientifique qualifié dont l’activité est régie par le Code du Patrimoine.

La première partie de l’exposition est ainsi consacrée aux dimensions déontologiques de ce texte et aborde la manière dont elles dialoguent, dans les musées conservant des collections dites techniques comme les avions, avec les pratiques réelles de restauration.

Chaque restauration est un cas particulier car chaque avion a une histoire ; il faut tenir compte de son état et du projet auquel il est destiné. Pour cela, une approche spécifique est faite, ce qui est expliqué dans la deuxième séquence de l’exposition.

Une même méthodologie peut aboutir à deux restaurations opposées comme le prouvent les deux restaurations récentes, diamétralement opposées en termes de degré d’intervention : le Morane-Saulnier AI, et le Dewoitine D.530 du musée de l’Air et de l’Espace

le Morane-Saulnier AI

Le Dewoitine D.530

Dewoitine D.530

En s’appuyant sur l’étude préalable à chacune de ces interventions, la méthodologie de la prise de décision est illustrée de manière concrète et argumentée. Par le biais d’une série d’exemples, sont abordées les grandes étapes de chacune de ces deux restaurations à travers les questionnements auxquels elles ont donné lieu, par exemple :

Faut-il traiter la corrosion du fuselage du Morane AI au prix de la suppression des couches de peintures originales ?  Comment interpréter certaines altérations du Dewoitine ? Marques d’usage ou accidents ? Et en fonction de la réponse, faut-il les conserver ou les supprimer ?  Doit-on conserver la couche de peinture « moderne » appliquée par-dessus l’entoilage du Dewoitine D.530 ou faut-il la retirer pour révéler la polychromie originale ?

Établie au sein du Hall de l’Entre-deux guerres du musée de l’Air et de l’Espace, cette exposition est enrichie par des objets de collections, une large sélection de documents dont une large documentation photographique et un livret pédagogique spécifiquement conçu à l’attention des jeunes visiteurs et de leurs accompagnateurs.

La présence d’ateliers de restauration, aujourd’hui établis à Dugny, permet au musée d’intervenir sur les aéronefs de sa collection et ce depuis les premières décennies de son histoire. La tutelle du Ministère de la Défense a en effet permis au musée de se voir affecter des personnels techniques qualifiés pour entretenir ses collections et parfois assurer leur mise en valeur. L’atelier s’est progressivement professionnalisé du point de vue des métiers du patrimoine et il comprend aujourd’hui deux restaurateurs diplômés ce qui n’empêche pas le musée de collaborer aussi régulièrement avec d’autres restaurateurs professionnels.

Récemment, les ateliers ont également remis en état le Concorde prototype, ainsi que le Douglas A26 C Invader qui rejoindra prochainement le Hall 1939-1945 du musée. À l’issue de l’exposition Restaurer les avions de musée, le Dewoitine D.530 et le Morane-Saulnier AI seront exposés de manière permanente dans le hall du musée consacré à la période 1919-1939, le Hall de l’Entre-deux guerres. Ces deux avions illustrent en effet la naissance de la voltige en tant que discipline sportive, haute école de l’aviation, à partir de la fin des années vingt. De quoi compléter les cinq autres thématiques majeures abordées dans ce hall : les grands raids, le transport, la poste, l’aviation de loisir et le sport aérien comme spectacle.

Photo : Musée de l’Air et de l’Espace

Musée de l’Air et de l’Espace

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