Les grands portraitistes florentins du XVIe siècle au musée Jacquemart-André

Florence à la cour des Medicis

Le musée Jacquemart-André consacre jusqu’au 25 janvier prochain, une exposition inédite aux grands portraitistes florentins du XVIe siècleÉdouard André et Nélie Jacquemart avaient collectionné, parmi les chefs-d’oeuvre de l’art italien de la Renaissance, les portraits réalisés entre autres par Ridolfo del Ghirlandaio ou Francesco Salviati. Pour la toute première fois à Paris, ils seront présentés à côté de leurs contemporains Rosso Fiorentino, Andrea del Sarto, Pontormo et Bronzino. Si ces noms sont assez méconnus en France, ils ont été célèbres à leur époque et on leur doit des portraits d’hommes et de femmes qui nous permettent de nos jours d’appréhender ce que fut la ville de Florence au XVIe siècle.

Une quarantaine d’œuvres témoigneront de l’art du portrait à cette époque, à la fois parmi les élites florentines qui trouvent là un moyen de porter à la postérité les traits de leur visage et leur statut social et au sein des dirigeants qui s’en servent comme instrument de communication.

« J’ai choisi de donner comme fil rouge de l’exposition l’histoire de Florence, c’est-à-dire les changements politiques majeurs et ce qui a changé la ville pendant le siècle. Car c’est l’histoire et pas seulement le style qui change« , explique Carlo Falciani, le commissaire de l’exposition, professeur d’histoire de l’art à l’Accademia di Belle Arti de Florence et spécialiste de la Renaissance. La scénographie de l’exposition, à la fois thématique et chronologique, permet d’appréhender l’évolution du style du Cinquecento qui a connu bien des évolutions aussi bien culturelles que religieuses.

Influençant l’époque républicaine, Léonard, Michel-Ange et Raphaël, y laissent l’empreinte d’un grand rigorisme que l’on peut percevoir dans le tableau qui débute l’exposition, un portrait sombre aux traits sévères de Savonarole de profil, peint par Fra Bartolomeo à la fin du XVe, deux ans après que le prédicateur dominicain a été brûlé. « Ce portrait donne le style des vingt premières années » du siècle, « l’austérité du style de vie dans la ville« , résume Carlo Falciani.

Une période plus « moderne » suivra, avec des portraits raffinés et attirants, symboles à la fois du luxe de la cour des Médicis, famille de riches marchands chassés de la ville en 1494 par la République de Savonarole et de la beauté intérieure de l’âme.

Viennent ensuite les représentations héroïques d’hommes de guerre, symboles des conflits militaires et politiques amenant les Médicis à prendre le pouvoir sur Florence en 1530 et qui se font représenter en armes. Le régime des Médicis se consolidant, les portraits se démilitarisent et laissent la place à ceux de cour qui se distinguent par leur richesse et leur élégance, et aux portraits d’artistes, témoins du rôle nouveau que s’attribuent les peintres de cour, s’ouvrant à d’autres formes d’art comme la poésie et la musique.

Les peintres du régime, Bronzino, Salviati, Pontormo, ne sont plus des artisans, ce sont des intellectuels de la cour qui ont un rôle important et reconnu. Pas seulement peintre, Bronzino est aussi un poète qui connaît tout Pétrarque et tout Dante et publie des livres !

Cette exposition bénéficie d’un partenariat ex ceptionnel des Musées de Florence et de prêts de la Royal Collection (Londres), du musée du Louvre (Paris) ou encore du Städel Museum (Francfort). Le portrait, arme culturelle et politique des Médicis, au musée Jacquemart-André

Florence, Portraits à la cour des Médicis

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