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les éditions des Falaises publient Nara de Claire de Virieu

les éditions des Falaises publient Nara de Claire de Virieu

Le coffret Nara a été édité en nombre limités à 60 exemplaires signés et numérotés par la photographe Claire de Virieu. Ce coffret présente une sélection de 20 photos racontant son voyage initiatique au Japon.

Nara est un portfolio d’artiste tiré à 60 exemplaires, signés et numérotés, il est proposé dans un coffret, contenant 20 photographies de Claire de Virieu et un livre de Véronique Brindeau. Les photographies présentées par l’artistes témoignent de sa première rencontre avec le Japon, l’ensemble du coffret a été réalisé à la main. À cette occasion, une seconde exposition se tiendra du mardi 21/03 au samedi 25/03 à la galerie Marty Cambiaire – 16 place Vendôme Paris (1er) – 12h/19h.

Claire de Virieu, inspirée par la nature, parcourt depuis trente ans le monde de jardin en jardin. Son travail est présenté à Paris par les Galeries Esther Woerdehoff, Basia Embiricos et Le Voleur d’Images. Elle a publié de nombreux livres dont Majorelle avec Pierre Bergé, Paris-Jardins avec Marc Augé et avec Camille Muller, Les Mains dans la Terre qui a reçu le prix du public et le prix artistique Pierre-Joseph Redouté.

Véronique Brindeau enseigne l’histoire de la musique et des arts de la scène au département Japon de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Inalco) à Paris. Lauréate de la Villa Kujoyama à Kyoto et de la Villa Marguerite-Yourcenar, elle a traduit des nouvelles d’Ikezawa Natsuki et deux essais, Hanafuda, le jeu des fleurs et Louange des mousses, ainsi qu’un livre pour la jeunesse J’écris des haïkus.

Sur les oeuvres « japonaises » de Claire de Virieu par Olivier Germain-Thomas

Claire de Virieu ne cherche pas la joliesse, elle cherche et trouve à rendre l’esprit d’un lieu, d’un morceau de nature, d’un paysage. L’important chez elle reste le rapport aux sources de la vie. Sa rencontre avec le Japon semblait inscrite car cette artiste, qui n’a jamais caressé les dérives conceptuelles, est habitée par un instinct très sûr quand il s’agit de capter une forme sans l’écran du mental. [Ne pas lui demander ce qu’elle veut exprimer, question dont l’art devrait se passer. Pas de mots, mais la vibration de l’essence des choses.] Pour elle, la nature n’est pas une idée, ni même un ordre qui serait le reflet d’un autre monde. Elle est. [« … les Japonais ont révélé à l’Occident qu’il était possible de se servir de la nature comme d’une matière première pour créer un art entièrement à partir d’éléments naturels. » écrit Claude Lévi-Strauss (L’autre face de la lune). ] Un seul séjour en automne 2011 a permis à Claire de Virieu de saisir le génie du Japon. Mais auparavant, elle avait capté, dans ses déambulations bourguignonnes ou parisiennes, des « signes » évoquant son Japon intérieur, qui l’accompagne depuis l’enfance.. On admire l’audace. Le Japon d’avant se déploie dans l’ordre du filiforme, de longs traits rythmés par des taches noires qui contrastent avec la fragilité des lignes tout en restant aériennes. [Couleur et carnation mise à part, une réminiscence : les iris de Van Gogh, eux-mêmes en dialogue avec les estampes à l’origine du japonisme. Plus éloigné encore dans le temps, on pourrait évoquer le graphisme de certains lavis du moine Sesshû Tôyô.]

Combien contrastent les photos prises au Japon ! L’aérien devient tellurique, l’univers aquatique est remplacé par du feu noir, la matière semble en fusion. Le mouvement Sur les oeuvres « japonaises » de Claire de Virieu ne provient plus d’une éventuelle brise sur des joncs, mais des formidables élans d’un volcan. Il y a là comme le brouhaha du commencement du monde. La surprise est grande. Si les montagnes japonaises sont habitées par des spectres qui ont nourri les mythes avant d’habiter des films, la nature réorganisée des jardins appelle la sérénité. La nature japonaise de Claire de Virieu apparaît sombre, mouvementée, charnelle. Les émanations blanches renforcent l’impression qu’un drame se joue. S’agit-il d’une remontée aux origines ? Elle est à mettre en résonnance avec ce que le père M-H Lelong écrit dans sa remarquable Spiritualité du Japon à propos du sanctuaire shintô qui « ouvre sur une nature qui a retrouvé l’âme qu’elle avait à l’aurore de l’humanité et qu’elle a toujours pour l’enfance émerveillée. » [On ne me prendra pas à tenter de donner des clés.] Les visions ne se discutent pas. [S’agit-il vraiment de photos ? Techniquement, ces oeuvres sont sorties d’un appareil photographique et les tirages sont sans retouches, mais le style qui s’en dégage se rapproche de l’estampe, tant elle a demandé aux formes d’exprimer son for intérieur.]

Après tant d’expositions et d’ouvrages dans lesquels Claire de Virieu saisissait des harmonies que la lumière rendait étonnantes, l’artiste n’ouvre-t-elle pas ici la porte de l’« abstraction » ? Le mot prête à sourire alors qu’il est question du mystère de la matière dont l’origine est des plus concrètes. La materia est une substance dont est faite la mater, le tronc de l’arbre, la mère. Nous sommes donc au coeur du réel, à son origine. L’art de Claire de Virieu est un art de dévoilement. L’intensité du regard suffit-elle ? Oui, s’il y a une âme intense derrière le regard.

Le coffret

Le coffret (473 x 360 mm) réalisé artisanalement, témoigne, par son aspect à la fois traditionnel et contemporain, du croisement des cultures française et japonaise et du savoir-faire de ces deux pays. Les photos présentées en deux séries (20 tirages jet d’encre pigmentaire sur papier Canson Etching rag 310 g) évoquent des paysages japonais abstraits correspondants à la vision de Claire avant et après s’être rendue au Japon. Le coffret est en vente au prix de 1200€.

On peut le visionner à Paris chez :

– Galerie Pierre-Alain Challier – 8 rue Debelleyme -75003 Paris
– Galerie librairie Jardins en Art – 19 rue Racine – 75006 Paris
– Librairie Chaine d’Encre, Hermès- 17,rue de Sèvres, 75007 Paris
– Librairie du Bon Marché

ou directement sur le site: www.editionsdesfalaises.fr

Nara - Claire de Virieu

Nara - 20 photographies de Claire de Virieu

Claire de Virieu et le coffret Nara

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Rédigé par : Jean Marc Lebeaupin

Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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