Echanges de vues avec les conversations photographiques Olympus

Rébecca Topakian

Chaque artiste est plus ou moins tributaire des influences du monde extérieur, nourrissant sa recherche artistique d’échos et de phénomènes de mode après avoir subi l’impact de ses propres maîtres et s’apprêtant à son tour a marquer de sa patte les œuvres de ses élèves.

Eternel phénomène que, depuis 2013, Olympus revisite et dynamise en organisant le dialogue entre trois grands noms de la photographie contemporaine qui parrainent trois jeunes diplômés de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Le principe en est aussi simple que ludique : à partir d’un corpus d’une quinzaine d’oeuvres proposées par chacun des « référents », les étudiants doivent en réponse s’approprier les photographies des aînés, les prolonger, les réfuter, les transposer, les détourner, afin de faire œuvre à leur tour. En 2015, les « référents » étaient Denis Darzacq, Paolo Woods et Dorothée Smith. Ils ont fait équipe avec Swen Renault, Elsa Leydier et Rébecca Topakian. En 2014, Françoise Huguier, Antoine d’Agata et Denis Rouvre ont dialogué avec Sajede Sharifi, Santiago Torres et Steven Daniel. En 2013, Sarah Moon, Stanley Greene et Jean-Christian Bourcart ont parrainé Lise Dua, Jeannie Abert et Matthieu Rosier.

Ces « conversations » ont donné lieu à trois expositions qui ont été présentées, en 2013, en 2014 et en 2015, dans le cadre prestigieux des Rencontres d’Arles. Cet hiver, la galerie Les filles du calvaire est heureuse de s’associer à cette démarche et de présenter une partie des images créées à l’occasion de ces trois années d’échanges. Elle réunit ainsi les dix-huit photographes qui ont participé à cette aventure singulière.

Photo : Rébecca Topakian – Infra- #3, Série Infra-, 2015 Courtesy de l’artiste

– Dorothée Smith et Rébecca Topakian ont eu en commun une réflexion sur la solitude de l’individu dans la société, et une fascination pour le regard nocturne.

– Paolo Woods et Elsa Leydier ont opté pour un dialogue informel nourri par une complicité dans leur façon de documenter le monde.

– Swen Renault répond à deux séries de Denis Darzacq – Recomposition 1 et 2 – fondées sur le détournement d’objets anodins tel que des cartons d’emballage ou des éléments de chaises Ikea.

– Steven Daniel prolonge à sa façon la série que Denis Rouvre a consacrée aux « cosplayers », ces jeunes gens fans de vidéos ou de manga, qui adoptent le costume de leurs héros favoris et renoncent à toute personnalité propre.

– Sajede Sharifi dialogue avec les portraits de femmes voilées de Françoise Huguier en proposant de son côté trois séries de photos prises à Téhéran, qui questionnent la frontière entre l’espace public et l’espace privé.

– Le Colombien Santiago Torres répond aux photos des migrants qu’Antoine d’Agata a cadrés de dos, marcheurs solitaires et anonymes, par des images où l’anonymat et l’effacement deviennent des modes de défense face au rejet que suscite le fait d’être autre et étranger.

Matthieu Rosier questionne l’interdit, sur les traces de Jean-Christian Bourcart. Qu’est ce qui se cache derrière les pare-brises et les pare-soleil des camionnettes qui stationnent en bordure d’Avignon ?

Jeannie Abert s’adosse aux images de guerre de Stanley Greene, les détourne et les recompose.

Lise Dua répond au noir et blanc inquiet de Sarah Moon par la pâleur lactée d’images suspendues, elles aussi, aux rêves d’enfance.

Rébecca Topakian – Infra- #3, Série Infra-, 2015 – Courtesy de l’artiste

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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