Accueil A la Une Paul McCartney Photographe, 1963-64: Eyes of the Storm

Paul McCartney Photographe, 1963-64: Eyes of the Storm

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Paul McCartney Photographe
Paul McCartney Photographe

« A l’époque, on n’avait pas le droit à la paresse. Il fallait prendre la bonne photo, composer soi-même l’image dans son cadre sans se dire qu’au pire on pourrait toujours la rogner après-coup ».

ÉDITO by Rosie Broadley

Cette exposition met en lumière les extraordinaires photographies prises par Paul McCartney, des documents d’archive rares qui immortalisent les Beatles à une période charnière de leur histoire. Tout le parcours de l’exposition s’articule autour d’un événement unique : la prestation du groupe au “Ed Sullivan Show” le 9 février 1964. Ce jour-là, près de 73 millions de téléspectateurs regardent cette émission (un record !), et celle-ci propulse du jour au lendemain les Beatles au rang de superstars mondiales, tout en redéfinissant à jamais ce que signifie être une star à l’ère moderne. Les photos prises par Paul McCartney permettent pour la première fois de plonger au cœur même du tourbillon qu’est la Beatlemania, et de l’observer à travers l’objectif de son Pentax : ce que McCartney appelle « les yeux du cyclone ».

Si les Beatles sont constamment assaillis par la presse et les médias, McCartney se sert au contraire de son appareil pour saisir des moments fugaces et intimes avec les photographes de presse ou des individus en particulier, avec en arrière-plan des foules en délire. Son intérêt pour les arts visuels de l’époque est également manifeste dans ses photographies inspirées de la nouvelle vague, du cinéma documentaire et du photojournalisme naissant. Les premières images de l’exposition datent d’octobre 1963, date à laquelle la Beatlemania commence à s’emparer du Royaume-Uni. Elles comprennent des photographies prises par McCartney en France lors d’une série de concerts à l’Olympia de Paris sur une période de 18 jours, et pour lesquels les Beatles partagent l’affiche avec Sylvie Vartan et Trini Lopez.

L’exposition culmine avec des photographies à Miami Beach en février 1964, pendant les derniers jours de leur premier voyage triomphal à la « conquête » de l’Amérique. Les photographies elles-mêmes n’existaient que sous la forme de planches contact et de négatifs originaux, conservés dans les archives personnelles de McCartney, et qui n’ont réapparu qu’en 2020. Ces photos n’avaient jamais fait l’objet d’un tirage. Seules quelques-unes avaient été partagées publiquement, notamment celles d’une planche contact, apparaissant sur l’affiche conçue par Richard Hamilton en 1968 pour l’Album blanc, The Beatles. Lorsque Paul McCartney et son équipe ont contacté la National .

Portrait Gallery de Londres en proposant d’exposer certaines photos, il est immédiatement apparu qu’il s’agissait d’un ensemble d’œuvres exceptionnelles, d’une grande valeur historique et culturelle, nécessitant une exposition de plus grande envergure. En tant que commissaire de l’exposition, j’ai bénéficié d’un accès sans précédent à ces archives extraordinaires. Paul McCartney a participé en personne au choix des images. Il a également enrichi l’exposition de souvenirs précis et captivants sur cette époque, si bien que ce sont, autant que possible, ses propres mots qui accompagnent les œuvres. Ce n’est qu’au moment où les clichés ont été tirés et agrandis pour l’exposition que Paul McCartney a découvert pour la première fois des photographies qu’il avait prises plus de soixante ans plus tôt.

L’exposition réunit près de 250 clichés : portraits en noir et blanc granuleux, saisis dans les coulisses de Liverpool, musiciens en répétition dans un studio parisien, silhouettes hivernales des immeubles de Manhattan, ou encore images en couleur de la plage de Miami baignée de soleil. L’œil incisif de McCartney, cette acuité du regard qui transparaît dans les textes de ses chansons, se retrouve pleinement dans les photos qu’il a prises des autres membres du groupe, de leur entourage et de celui de leur manager Brian Epstein.

Cette exposition donne l’impression de côtoyer de près Paul McCartney, mais aussi John Lennon, George Harrison et Ringo Starr, les clichés figeant l’instant où ces quatre amis voient leur vie radicalement modifiée à tout jamais. Considéré aujourd’hui comme l’une des plus grandes icônes culturelles des XXe et XXIe siècles, Paul McCartney nous offre, à travers ses photographies éclatantes de bonheur, le souvenir d’une époque où la culture se démocratisait : quatre hommes très jeunes, venus d’un port industriel du nord de l’Angleterre, ont pu grâce à leur musique et à leur créativité marquer l’humanité tout entière.

Rosie Broadley : Conservatrice en chef & Directrice des collections du XXe siècle National Portrait Gallery, Londres

Paul McCartney
Paul McCartney - Photo : DR

Paul McCartney Photographe au Musée Granet

Le musée Granet d’Aix-en-Provence présente du 4 juillet 2026 au 3 janvier 2027 une exposition exceptionnelle des photographies de Paul McCartney, célèbre chanteur des Beatles, intitulée “Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm “. Cette exposition de près de 250 clichés pris par le musicien entre 1963 et 1964, retrace une période charnière du groupe au moment où sa célébrité va dépasser les frontières de Liverpool et du Royaume-Uni, pour devenir un véritable phénomène planétaire.

« A l’époque, on n’avait pas le droit à la paresse. Il fallait prendre la bonne photo, composer soi-même l’image dans son cadre sans se dire qu’au pire on pourrait toujours la rogner après-coup ».

C’est grâce à la redécouverte en 2020 dans les archives de Paul McCartney de près d’un millier de photographies prises par l’artiste avec un appareil photo de 35 mm, qu’est livré ce témoignage profondément personnel sur cette période décisive dans l’évolution du groupe. L’artiste immortalise le parcours extraordinaire des Beatles, de ville en ville, de l’Europe aux Etats-Unis : Liverpool et Londres à la fin de l’année 1963, Paris, puis les Etats-Unis en février 1964 où leur performance dans l’émission « The Ed Sulivan Show » est vue par environ 73 millions de téléspectateurs. A ce moment précis, les Beatles accèdent au statut de stars planétaires et redéfinissent la notion de célébrité à l’ère moderne, comme s’ils étaient le prototype de ce que deviendra la célébrité au cours des décennies suivantes…

« L’Amérique fut sans conteste le gros lot : c’était le berceau d’une grande partie, voire de toute la musique qu’on aimait ».

Cette exposition de près de 250 photographies s’étend sur 700 m² d’espace muséal et va ainsi permettre aux visiteurs de partir à la découverte de ce groupe singulier. Ces images révèlent une partie de l’intimité de ces quatre garçons de Liverpool en tournée, qui commencent à parcourir le monde et découvrent pour la première fois les Etats-Unis. Nous sommes à moins de 20 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ce pays est vu par Paul McCartney – et plus largement par de nombreux européens -, comme celui qui a libéré l’Europe. Il incarne à l’époque une certaine modernité. Il fascine.

« C’était une période complètement dingue pour nous, on vivait des tas de trucs incroyables… »

Ces clichés racontent l’intensité des concerts, des longues journées passées en répétition, dans les hôtels, sur la route, soumis au regard des médias à chaque étape de leur parcours. Pour ces quatre jeunes garçons déjà célèbres, tout est découverte… Les photographies de Paul McCartney nous montrent aussi des atmosphères, une esthétique propre à ces années 60 entre le Royaume-Uni, Paris et les Etats- Unis. Avec eux, les visiteurs vont (re)découvrir une société aujourd’hui disparue, au travers ici d’une lunette arrière de voiture ou d’une vitre de train, là d’un bout de trottoir devant l’Olympia à Paris où les Beatles sont programmés avec Sylvie Vartan… autant de photos souvent prises « à la volée », floues, parfois cadrées de manière plus rigoureuse. Paul McCartney aime la photographie qu’il pratique avec son frère dès l’enfance, grâce au premier appareil familial, un Kodak Brownie.

L’exposition va ainsi s’articuler de façon chronologique et se composer de 7 temps forts : derrière l’objectif ; les premières années des Beatles : Liverpool et Londres ; Paris ; départs et arrivées : New York ; de New York à Washington ; Miami.

« La vue de ces photos ne me procure pas tant un sentiment de perte que de joie rétrospective (…) En fait chaque cliché fait remonter des souvenirs, et je peux m’amuser à retrouver l’endroit où a été prise telle ou telle photos, à me remémorer ce qu’on faisait hors champs à ce moment-là ».

Exposition organisée par Paul McCartney avec Sarah Brown pour le compte de MPL Communications Limited et Rosie Broadley de la National Portrait Gallery, Londres, et présentée par le musée Granet – Ville d’Aix-en- Provence. Ce projet s’inscrit dans les célébrations des 200 ans de la photographie. Cette exposition fait partie de la programmation des Rencontres d’Arles dans le cadre du Grand Arles Express.

Musée Granet – Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm
Exposition du 4 juillet 2026 au 3 janvier 2027

Place Saint Jean de Malte, Aix-en-Provence
museegranet-aixenprovence.fr