“Corpus” a été écrit le soir en semaine, tourné sur 13 week-ends consécutifs, et monté pendant presque un an.
L’histoire : Diane est avec Clément depuis le lycée. Elle rêve d’être journaliste, mais son
manque de confiance en elle l’empêche d’avancer. Lorsque Clément décroche le poste que Diane convoite au prestigieux Nowgazine, la guerre est déclarée. Tous deux doivent alors choisir entre leur ambition personnelle et leur relation.
Une histoire actuelle, qui parle à tout le monde
Au centre de l’histoire, il y a “Corpus”, ce logiciel d’écriture automatique qui en rappellera peut-être un autre aux spectateurs.
Léo : En effet ! Le titre de travail du film, c’était LoveGPT… on peut dire qu’on a vraiment fait dans la subtilité ! (rires) Diane déteste les articles qu’elle écrit, elle se trouve nulle. Dès le début du film, elle est prête à renoncer à qui elle est pour être reconnue par les autres. C’est pour ça qu’elle crée Corpus. Corpus, c’est une seconde plume, une sorte de béquille à laquelle Diane délègue l’écriture de ses textes.
Alex : Au cinéma, l’IA est souvent montrée comme une entité consciente, qui a ses propres desseins, son propre code moral… Corpus, c’est une IA réaliste. Celle qui génère des textes creux en piochant dans d’autres textes. Et paradoxalement, c’est elle qui remet le plus en question notre humanité.
Léo : Tout le monde utilise l’IA générative aujourd’hui. C’est un outil très utile, qui accélère certaines choses de façon spectaculaire, mais dans lequel on peut parfois se perdre par facilité. Dans l’histoire, Diane utilise Corpus pour se donner confiance, mais au final c’est tout l’inverse qui se produit.
Alex : Corpus est un antagoniste sournois : il s’immisce dans la relation de Diane et Clément, puis au Nowgazine. Mais c’est aussi un lanceur d’alerte qui force les héros à se remettre en question.
Corpus, vous l’avez produit “seuls”, sans réelle expérience et avec très peu de moyens. Pensez-vous qu’il peut trouver son public en tant que film et pas en tant que “curiosité” ?
Léo : Oui parce que la base de l’histoire parle à tout le monde. Des jeunes pleins d’espoir qui arrivent dans le monde du travail, à priori pour un métier “passion”, mais qui finissent par enchaîner les désillusions. On est tous un peu passés par la.
Alex : Au fond, Corpus n’est pas une histoire d’IA, ou même une histoire d’amour. C’est l’histoire du choix que nos deux personnages principaux doivent faire s’ils veulent rester eux-mêmes. C’est une histoire sur le fait de grandir sans trahir l’enfant qu’on était.
Léo : Mais on veut autant vendre le film que le projet derrière. Au final, on a un peu “provoqué les choses”, comme le personnage de Diane. En un an et demi, on a vécu tellement de choses, rencontré tellement de gens, créé tellement de souvenirs… On a découvert que le travail, ça se limite pas aux bureaux “tout gris” du Nowgazine. Que ça pouvait aussi être tout ça aussi…
75 minutes, pas d’argent, pas d’école, pas de contacts
Pourquoi avoir fait un long-métrage ?
Léo : On s’est rencontrés en cours d’anglais à la fac de Lyon 2, et on a réalisé un court-métrage pas terrible ensemble. C’était génial !
Alex : Ensuite, on a quitté Lyon chacun de notre côté et on s’est perdus de vue pendant un an. Quand on est montés à Paris pour nos masters, on a a découvert qu’on habitait vraiment à 200 mètres l’un de l’autre.
Léo : On était tous les deux perdus dans nos vies. On voulait faire un gros projet parce qu’on avait du temps et de l’énergie… et pour rencontrer des gens aussi, on ne connaissait personne.
Alex : Dès le début, c’était un sprint – on a écrit la première version du scénario en 5 semaines. On y trouvait déjà le principal : une jeune journaliste peu sûre d’elle, une directrice de journal tyrannique, et, évidemment, une histoire d’amour.
Léo : Alex aime beaucoup les comédies romantiques.
Alex : Dans les romcoms, il y a une structure qui revient souvent : amour, puis rupture, et réconciliation. En partant de cette base, on a vite trouvé le rythme qu’on voulait donner au récit. Puis on a pu se concentrer sur des éléments qui sortaient un peu plus des codes. Et oui, j’adore les comédies romantiques. Il y a un problème ?
Corpus a été tourné sur 14 week-ends, avec des dizaines de personnes bénévoles, qui n’avaient pour la plupart pas fait d’école de ciné…
Léo : …et qui n’avaient aucune raison de dire oui ! (rires) On a ramené des amis, qui ont ramené des amis… et petit à petit l’équipe s’est formée. Il y a même des gens qui sont venus de Lyon pour nous aider.
Alex : Et parmi ces amis d’amis, il y avait des pros. Les chefs-opérateurs image et son avaient déjà une bonne expérience des plateaux, ce qui a eu un effet levier sur l’ensemble du tournage. Les gens se sont donnés à fond du début à la fin… On a eu une chance monstre.
Après un an et demi de travail, 3 mois de tournage, 11 mois de post-production, Corpus est désormais terminé et recherche sa distribution. C’est une histoire sur le passage à l’âge adulte et sur l’importance de suivre sa passion… parce que sans passion, qu’on se le dise, l’âge adulte n’a aucun intérêt.
Le film est une lettre d’amour au plaisir de créer des choses, qui ils espèrent, vous aimerez Corpus autant que nous.
Venez assister à la projection de CORPUS, un long métrage réalisé par Alexandre Decouflé et Léopold Biessy et produit par 6MOIS.
“Corpus” : les projections
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