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Vinyl Saison 1 : Une série sexe, drogue et rock’n’roll désormais culte !

Vinyl Saison 1

Faute d’audience, l’excellente série Vinyl est morte née puisqu’au terme de dix épisodes, le tournage a été arrêté.  Retour sur l’unique saison d’un ovni culturel captivant.

Faute d’audience, l’excellente série Vinyl est morte née puisqu’au terme de dix épisodes, le tournage a été arrêté. Et pourtant, l’idée de départ possédait une indéniable originalité. Nous sommes dans le New York de 1973. Richie Finestra (Bobby Cannavale) est producteur de musique et fondateur d’American Century. Son label est au bord de la faillite et il doit absolument trouver de nouveaux talents. Le rock est sur le déclin alors que le disco et le punk sont sur le point d’émerger. Mais Richie a perdu la passion. L’alcool, la drogue, le sexe, rien ne parvient à raviver la flamme. Il erre, cumule les excès et bousille tout sur son passage. Produite par Martin Scorsese, Mick Jagger et Terence Winter, cette première saison avait tout pour rameuter les publics.

Pour lancer la série, Scorcese a même repris la caméra comme il l’avait fait avec le pilote de Boardwalk Empire. La première scène, où l’on découvre Richie Finestra camé à la cocaïne et au whisky dans sa mercedes, nous renvoie à l’Amérique des années 70. On pense à son premier film, Means Streets, avec cette musique rock soul blues omni présente, ces ambiances de boîte de nuit glauque où trainent sur le sol en vrac, shooteuses, mégots et canettes de bières. On est happé par cette belle mise en scène, ces images au ralenti, ces gros plans qui rythment le concert des New York Dols dans un immeuble en ruine.

L’histoire du producteur Richie Finestra est une critique acerbe du monde de la musique. Ses addictions, son cynisme, sa gouaille et son agressivité élaborés par les scénaristes, en font un héros totalement amoral. Non seulement Richie n’a ni Dieu ni maitre, ne respecte aucun code, ni celui de la famille, ni celui de l’honneur envers ses amis ou ses artistes (comme Lester ce talentueux bluesman plusieurs fois trahi) mais reste impuni de l’assassinat d’un patron de radio. Producteur prêt à tout, dévoré par la volonté de se faire un maximum d’argent, son activité n’est pas de tout repos. Richie croise souvent la route des addictions (on voit sa jeune assistante faire le plein d’herbe, coke et autres pilules colorées, auprès de dealers dans le métro) et de mafieux avec lesquels il orchestre des magouilles. Le spectateur assiste à une lutte de pouvoir et de batailles d’égo entre les directeurs artistiques, et au final de trahisons (contrat véreux proposé à Led Zeppelin qui finalement signera chez Atlantic). Comme Tony dans les Soprano, Richie appartient à l’ancienne génération. Il n’arrive pas à prendre ses marques dans cette époque en pleine mutation, qui voit arriver l’explosion du disco, du punk et la naissance du hip hop.

Les points forts sont bien sûr les costumes et les décors, avec ces reconstitutions remarquables des rues et immeubles du New York des 70’s, ainsi que cette magnifique photographie couleur sépia qui donne ce petit côté rétro. Même si on ne les voit pas à l’écran, comment ne pas penser à ces lieux mythiques, le Chelsea Hotel, la Factory, le club 54 ou le CBGB !

L’autre atout de la série est cette succession de tubes qui s’enchainent les uns après les autres. C’est la bande son de toute une époque fascinante. A noter également cette belle galerie de personnages en forme de clin d’œil. Même si certains sont plus ou moins réussis, on a quelques frissons à l’apparition des sosies d’Alice Cooper, Peter Grant le bouillonnant manager de Led Zeppelin (plus vrai que nature!), Elvis et le colonel Parker, David Bowie, John Lennon, Johnny Thunders, Gram Parsons, Stephen Stills et toute la faune de la Factory d’Andy Warhol.

« Après mûre réflexion, nous avons décidé de ne pas développer plus avant la saison 2 de Vinyl, a annoncé la chaîne américaine du câble, HBO. À l’évidence, cette décision n’a pas été facile à prendre. Elle n’entame en rien notre respect pour l’équipe de créateurs et les acteurs qui se sont engagés avec passion dans ce projet. » Vraiment dommage, car cette première saison nous avait drôlement mis l’eau à la bouche…

Vinyl Saison 1 : 

Créateurs : Martin Scorsese, Mick Jagger, Terence Winter, Rich Cohen, George Mastras.
Réalisateurs : Martin Scorsese, Allen Coulter, Mark Romanek, S.J. Clarkson, Peter Sollett, Nicole Kassell, Jon S. Baird, Carl Franklin.
Distribution : Bobby Cannavale, Olivia Wilde, Ray Romano, Ato Essandoh, Max Casella, P.J. Byrne, J.C. MacKenzie, Juno Temple, James Jagger…
Genre : Drame
Studio : HBO

Vinyl - Trailer

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