Pierre Bonnard « Peindre l’Arcadie » au musée d’Orsay

Pierre Bonnard

Que ses sujets soient faits de personnages, de figures, de nus, de portraits, de paysages animés, d’intérieurs, de natures mortes, de fleurs ou de fruits, tous reflètent le sens inné de la lumière, l’attirance pour les couleurs vives et la sensibilité artistique de Pierre Bonnard.

Artiste postimpressionniste et membre du groupe des nabis, il pratiqua l’art sous toutes ses formes, jouant de la peinture, du dessin, de l’estampe, des arts décoratifs, de la sculpture et de la photographie.

Né en 1867, Pierre Bonnard, selon le désir de son père avait suivi des études de droit jusqu’à l’obtention de son diplôme d’avocat. Inscrit parallèlement à l’école des Beaux-Arts, il y avait   découvert les peintures de Paul GauguinEdgar DegasClaude Monet et Paul Cézanne et rencontré Édouard Vuillard avec lequel il allait adhéré au mouvement artistique des nabis, attiré par leur aspect novateur dans le domaine des arts graphiques, leur exaltation des couleurs et la simplicité de leurs traits. Au sein de ce courant, Bonnard sera le tout premier à s’intéresser à l’affiche.

En 1891, Bonnard présente au Salon des Indépendants  cinq tableaux et quatre panneaux décoratifs et exécute une commande pour France-Champagne, abandonnant dans la foulée sa carrière juridique. Il réalise les années suivantes de nombreuses lithographies pour des revues, illustre de 18 dessins au pinceau un roman du Danois Peter Nansen et produit 109 lithographies pour un ouvrage de poésies libres de Paul Verlaine.

Au début du XXème siècle, il voyage beaucoup à travers l’Europe ; sa peinture évolue alors vers un esthétisme qui marque un  retour à l’impressionnisme, l’apparence visible étant teintée de mystère. Il s’installe au Cannet en 1916 où il vivra jusqu’à sa mort en osmose totale avec la nature.

Bonnard s’est, dès le début, éloigné de la peinture traditionnelle pour favoriser les aplats de couleurs franches, privilégiant l’effet décoratif qu’il renforce par le biais d’ une ligne évocatrice et élégante ; les effets postimpressionnistes qui caractérisent sa peinture marqueront la personnalité de son style aux couleurs légères, diaphanes et lumineuses, appliquées sur des compositions au dessin structuré.

Pierre Bonnard était un perfectionniste,  pratiquant ce que son entourage avait coutume d’appeler « bonnarder » voire « bonnardiser » pour son habitude à retoucher ses toiles in situ, une fois que celles-ci avaient été achetées par un musée !

« Au musée de Grenoble puis au musée du Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d’un gardien d’une salle à l’autre, de sortir d’une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d’un bout de pinceau, d’améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

L’exposition que Guy Cogeval, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, et Isabelle Cahn, conservateur en chef au musée d’Orsay proposent au public en ce printemps 2015,  est conçue suivant  huit thèmes : le japonisme, l’intimité, l’imprévu, la photographie, les portraits, le jardin sauvage, la couleur, et les grands décors.

Pierre Bonnard a été fortement influencé par la vogue du japonisme, allant jusqu’à recevoir le surnom de « Nabi japonard », ses œuvres de format vertical aux lignes en arabesque ponctuées de taches de couleurs vives évoquant les kakémonos.

Les thèmes intimes de la toilette et du bain sont également chers à Bonnard ainsi que l’imprévu, l’étrange, la fantasmagorie qui surgissent dans sa peinture, plongeant dans le  mystère des scènes ordinaires et  anodines de la vie courante.

Bonnard pratique beaucoup la photographie dans laquelle il privilégie la recherche esthétique, comme d’ailleurs dans tous ses portraits de famille ou d’amis ; la mise en scène de ses modèles est primordiale. Novateur, il a peint des décors intérieurs ouverts sur l’extérieur, réunissant dans un même espace maison et jardin avec une palette aux couleurs sans cesse enrichies.

Tous les thèmes chers à Bonnard sont ici réunis, de la vie intime jusqu’au monde contemporain à travers lesquels s’expriment  toute la sensibilité, la délicatesse, l’attrait et le charme qui font l’unicité de sa peinture.

Organisée par le Musée parisien d’Orsay, la Fundación MAPFRE de Madrid et les Fine Arts Museums of San Francisco, l’exposition Pierre Bonnard sera présentée à Madrid du 10 septembre 2015 au 6 janvier 2016 puis à San Francisco du 6 février au 15 mai 2016.

De nombreuses conférences, visites et ateliers sont organisés autour de l’exposition, le programme est à consulter sur www.musee-orsay.fr

Informations pratiques

Pierre Bonnard

Pierre Bonnard
La cueillette des pommes
© ADAGP, Paris © Pola Museum of Art

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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