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Paris-Montparnasse : terre d’asile, Eduardo Pisano

Femmes Bleues

Femmes Bleues – Huile sur papier, 61 x 46 cm © Pisano – collection privée

Du 1er février au 17 mars 2013, le Musée du Montparnasse présente Paris-Montparnasse : terre d’asile, Eduardo Pisano : peintre espagnol première exposition de la série « Montparnasse, terre d’asile, terre d’exil ». Le musée continue ainsi d’inscrire sa programmation autour des grandes aventures artistiques de ce célèbre quartier et présente une collection inédite de peintures, dessins et monotypes du peintre de l’Ecole Espagnole de Paris, Eduardo Pisano.

Cette exposition qui rassemble une soixantaine d’oeuvres de l’artiste permet de redécouvrir un peintre de la génération d’Antoni Clavé, Manuel Angel Ortiz, Ginés Parra, Emilio Grau Sala, Pedro Flores. Ces artistes participèrent à l’essor de la peinture d’après-guerre à Montparnasse ainsi qu’à l’émergence d’une Ecole Espagnole de Paris. Il exposa dés 1946 des oeuvres de style cubiste aux côtés de Pablo Picasso, Hernando Vines, Oscar Dominguez, Ginés Parra puis trouve son inspiration auprès des grands maîtres de la peinture espagnole : Goya par la force de ses thèmes picturaux évoquant l’Espagne profonde (gitans, saltimbanques, toreros), Le Greco par son maniérisme lyrique et coloré , et Georges Rouault par cette force dramatique préfigurant ainsi l’émergence d’un expressionnisme dit baroque dans lequel la couleur, le trait, l’énergie et le drame constituent les éléments d’un style profondément original.

Soldat républicain pendant la guerre civile, expulsé de son pays en 1939, Pisano a subi l’humiliation des camps d’internements français, puis celle des travaux forcés par les troupes d’occupations nazies. Après un long exil, c’est à Bordeaux qu’il retrouve sa liberté. Il s’installe à Arcachon en 1945, puis à Paris en 1947.

Malgré l’exil, le peintre n’a jamais abandonné ses racines espagnoles, pas plus que son folklore : ses toiles sont ainsi habitées par des figures de saltimbanques ou de gitans, évoquées par Baudelaire, Apollinaire ou Verlaine. Pour Pisano, créer c’est se souvenir.

Cette tradition du folklore espagnol est très importante dans son oeuvre, cela lui permet de se souvenir avec bonheur de son enfance entourée de ses parents (tauromachie, flamenco, cirque…), il peint aussi beaucoup de paysages et de nombreuses natures mortes, dans lesquelles, les compositions florales dominent. Le thème des femmes nues nourrit également son travail. D’un trait sur et hardi, il esquisse des silhouettes cernées avec force. Sensuelles et solides, opulentes et vivantes, elles montrent dans ce thème bien plus qu’ailleurs, la puissance créatrice de Pisano.

Dans les années 1970, Pisano élabore une nouvelle technique qu’il appelle « monotype ». Elle lui permet d’évoluer vers l’abstraction où sa palette s’éclaircit et devient plus lisse. A la différence de ses oeuvres d’inspirations plus réalistes ou l’artiste commençait par le noir pour aller vers la couleur donnant ainsi une intensité dramatique à son travail, il crée autour du blanc qui devient alors, couleur et lumière. La couleur, disait Matisse, est une libération, Pisano, affranchi du poids de son passé, est-il en train de peindre avec plus de légèreté le retour de la démocratie dans son pays ?

Musée du Montparnasse
21, avenue du Maine 75015 Paris
Tél. : 01 42 22 05 64
 www.museedumontparnasse.net

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Rédigé par : admin

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