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L’égalité des femmes et des hommes dans la culture et la communication

David Millier / MCC.
© David Millier / MCC.

Première réunion du comité ministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le domaine de la culture et la communication, et lancement de la semaine « En avant toutes ! » sur France Télévisions

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication a réuni pour la première fois le comité ministériel pour l’égalité des femmes et des hommes dans le domaine de la culture et des médias. Composé d’une trentaine de personnes (élus, associations, dirigeants d’institutions culturelles et des médias, artistes, experts, administration du ministère), ce comité, dont l’objet est de suivre l’évolution de la place des femmes dans le champ culturel et médiatique, est un lieu de débat et de propositions pour faire bouger les choses.

Le comité s’appuie notamment sur l’Observatoire de l’égalité, qui rassemble et met à disposition du public des données actualisées. Le premier rapport de l’Observatoire fait apparaître une situation déséquilibrée, à la fois en termes d’accès aux postes à responsabilité, de place des femmes dans la programmation artistique ou encore d’écarts de rémunération.

Face à cette situation, des premières actions ont d’ores et déjà été entreprises. Une « Saison égalité » a été lancée, avec l’envoi d’une lettre à quelque 270 dirigeants d’institutions culturelles dans le domaine du spectacle vivant, les invitant à inverser la tendance tant dans les choix de programmation que dans l’accès aux moyens de production. Toutes les institutions de la culture et des médias sont invitées à s’y associer. La programmation sur les chaînes de France Télévisions, du 2 au 9 mars prochains, d’une semaine intitulée « En avant toutes ! », couvrant tous les genres habituellement proposés – magazines, cinéma, fiction, documentaire, information, sport, spectacle vivant ou jeux et divertissements – est inscrite dans le programme « le 8 mars c’est toute l’année » du ministère des Droits des femmes. C’est une belle illustration de cette démarche.

Mesures du ministère de la Culture et de la Communication en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes (Feuille de route) Voici les dix principales mesures qui vont être mises en oeuvre dans les semaines et les mois qui viennent.

Les mesures prisent le 3 novembre 2012

Première mesure : Rappeler sans attendre à l’ensemble des dirigeants des institutions de la Culture et de la Communication l’importance attachée par le Gouvernement à la politique d’égalité entre les hommes et les femmes ; faire systématiquement figurer l’obligation de mettre en oeuvre cette politique dans les lettres de mission qui leur sont adressées.

Deuxième mesure : Rendre visible l’invisible ; à cette fin, mettre en place un observatoire de l’égalité dans le champ de la Culture et de la Communication ; cet observatoire rassemblera les informations régulièrement actualisées sur les nominations et les programmations ; il sera autant que possible réalisé en concertation avec les collectivités locales et sera rendu public.

Troisième mesure : Concevoir une « saison égalité » dans les institutions culturelles nationales, en particulier dans le champ du spectacle vivant.

Quatrième mesure : Mener une politique incitative en définissant des clauses de promotion de l’égalité dans les différentes conventions conclues entre le ministère et les institutions culturelles, sur tous les plans : nominations, rémunérations, programmation, accès aux moyens de diffusion, lutte contre les discriminations et les représentations sexistes.

Cinquième mesure : Constituer un vivier ; repérer les talents qui n’osent pas forcément s’exprimer, et qui pourtant existent déjà ; et en amont, identifier les jeunes professionnelles, dans tout le champ du ministère.

– Sixième mesure : Dans le cadre de la réflexion sur l’évolution du CSA, proposer des améliorations au dispositif actuel de veille sur le sujet de l’égalité et de la place des femmes dans les médias.

Septième mesure : Respecter la parité dans la composition des jurys et des différentes commissions consultatives, au fur et à mesure des renouvellements.

Huitième mesure : Organiser des formations dans les établissements d’enseignement supérieur du ministère.

Neuvième mesure : Concernant les agents du ministère, aller au-delà des dispositions prévues par la loi dite « Sauvadet » à propos des nominations aux emplois de cadres dirigeants et au sein des conseils d’administration ; et veiller à l’égalité des rémunérations.

Dixième mesure : Création d’un comité ministériel des droits des femmes dans la Culture et la Communication, présidé par la ministre, qui se tiendra dès janvier ; mise en place d’un plan de communication.

Premiers constats Quel que soit le type de structure, un accès limité des femmes aux plus hautes responsabilités

– 24% des établissements publics sous tutelle du ministère sont dirigés(1) par une femme, cette part diminuant à 20% parmi les 10 établissements publics les plus importants (500 salariés ou plus) ;

– 26% des structures subventionnées(2) de la création artistique dirigées par une femme. Cette proportion est en deçà de 10% dans le cas des centres de création musicale (CCM), des opéras, des centres dramatiques ou des pôles cirques. Les structures dirigées par des femmes sont souvent les moins importantes (au regard des subventions accordées à ces structures) ;

– deux des cinq entreprises de l’audiovisuel public sont présidées par des femmes ; elles sont 36% dans les comités de direction.

(1) Il s’agit du président en cas d’existence d’un poste de président exécutif ou sinon du directeur général.

(2) Labels du programme 131 : CDN, SN, CCN, CDC, CCM, SMAC, opéras, orchestres, pôles cirque, CNAR, FRAC et centres d’art.

Programmation artistique : des femmes largement minoritaires

– 29% des spectacles diffusés durant la saison 2011-2012(3) ont été mis en scène ou chorégraphiés par des femmes ;

– en 2011, parmi les acquisitions des FRAC, 24% des oeuvres ont été réalisées par des femmes.

– dans les médias, la place des femmes reste également limitée. Ainsi, plusieurs indicateurs relatifs à la présence des femmes intervenant comme expertes dans les émissions ne dépassent pas 20%.

Des écarts de rémunération, même à caractéristiques d’emploi équivalentes

– en 2010, le salaire horaire moyen d’une femme travaillant dans la sphère culturelle est inférieur à celui d’un homme. L’écart atteint – 8% dans les établissements publics,

-15 % dans l’audiovisuel public et -20% dans les entreprises culturelles du privé(4) ;

– une partie seulement de cet écart de rémunération s’explique par un effet d’âge, de type d’emploi ou de profession exercée.

(3) Programmation des théâtres nationaux, centres dramatiques nationaux, scènes nationales, scènes conventionnées et théâtres de ville (source CNT/DGCA).

(4) C’est-à-dire l’ensemble des entreprises (y compris associations) ayant une activité culturelle (audiovisuel, presse, livre, architecture, patrimoine, arts visuels, édition, spectacle vivant, enseignement culturel) hors : ministère de la culture, services déconcentrés à compétence nationale, collectivités territoriales, audiovisuel public (soit 80 % des salariés de la sphère culturelle).

« En avant toutes ! » sur France Télévisions

Le 8 mars, la Journée internationale de la femme est l’occasion pour le service public de consacrer une semaine entière, à partir du 2 mars, à une programmation exceptionnelle couvrant tous les genres proposés habituellement aux téléspectateurs : les magazines, le cinéma et la fiction, le documentaire, l’information, sans oublier le sport, le spectacle vivant ou encore les jeux et les divertissements.

A cette occasion France Télévisions bouleversent ses grilles et va diffuser des programmes inédits, des plus courts et drôles – avec les vingt et une mini-comédies qu’a concoctées. Le Bureau des affaires sexistes pour toutes leurs chaînes – aux plus longs, avec une nuit documentaire Infrarouge XXL sur France 2, qui proposera des oeuvres inédites et marquantes. Sans oublier les écrans et applications mobiles du service public qui offrent notamment avec l’INSEE un « calculateur de disparités » en matière de rémunération.

(Source ministère de la Culture et de la Communication)

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