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Isabelle Wisniak ouvre en avril la FLAIR Galerie avec Salvatore Puglia

Nella selva antica 06

En installant sa galerie à Arles, Isabelle Wisniak n’a évidemment pas fait un choix lié au hasard ! Riche d’une histoire de près de 2800 ans, Arles a toujours été une ville de culture. De toutes les cultures. Culture commerciale sous l’Empire romain, culture religieuse à l’époque paléo chrétienne, culture provençale sous le Royaume de Provence, culture industrielle à la fin du XIXe siècle avec l’implantation d’ateliers gigantesques et d’usines liées à l’industrie ferroviaire, à la fabrication du papier ou à l’exploitation intensive des salins et de la riziculture. Le XXe siècle n’est pas moins fourni : capitale des Rencontres internationales de la photographie initiées par Lucien Clergue, capitale française de la production d’images numériques avec l’école Sup Infocom, lieu majeur d’hommage à la peinture moderne avec la Fondation Van Gogh et, demain, siège d’une prestigieuse fondation privée d’art contemporain, la Fondation Luma dont le bâtiment a été confié à l’architecte américano canadien Franck Gehry. C’est au cœur de cette diversité culturelle et foisonnante que FLAIR Galerie a choisi de poser ses valises.

FLAIR Galerie est consacrée aux animaux. Animaux sauvages et domestiques, animaux sublimés, animaux légendaires, animaux en voie de disparition, animaux aimés, animaux nécessaires, animaux enfouis… C’est un bestiaire imaginaire unique que FLAIR Galerie révèle : un monde de sensibilité, d’humour, de créativité, et, bien sûr d’art. Située en plein cœur historique de la ville d’Arles, FLAIR Galerie ouvrira le 3 avril 2015.

Isabelle Wisniak a commencé sa carrière au magazine Egoïste. Elle a été ensuite agent de photographes, attachée de presse des Galeries Photo de la Fnac, des expositions temporaires de la Conciergerie, de plusieurs galeries d’art et enfin chargée de la communication du Festival a-part, Festival international d’art contemporain dans les Alpilles.

Pour son ouverture, FLAIR Galerie propose une vingtaine d’œuvres formant une rétrospective de l’artiste romain Salvatore Puglia autour du thème de l’impossible dialogue contemporain entre l’homme, l’animal et la nature. Huit des œuvres présentées sont inédites.

A travers cette vingtaine d’œuvres, l’exposition permet de saisir le cheminement de l’artiste depuis ses premières compositions très documentaires de la fin des années 80 jusqu’à ses toutes dernières créations. Les huit œuvres nouvelles prennent assise sur huit animaux sauvages extraits des quelques deux cents planches zoologiques du naturaliste français Georges Louis Leclerc de Buffon (1707-1788), lequel avait pris l’habitude de classer les animaux selon leur degré d’empathie et/ou de ressemblance avec les êtres humains. Il fut ainsi le premier, près d’un siècle avant Darwin, à relever les similitudes entre l’homo sapiens et le singe. Mais alors que Buffon aimait mettre en scène ces animaux dans des décors mythologiques et des vestiges harmonieux de l’Histoire, renvoyant à un état d’innocence presque « Rousseauiste », Salvatore Puglia extrait ces planches de leur décor originel pour leur faire subir une confrontation de choc avec le monde contemporain. Il superpose ou brode même littéralement quelquefois ces animaux sur les photographies implacables de nos environnements dévastés, sur les ruines d’un genre nouveau, produits de l’exploitation industrielle intensive et d’une folie du profit jamais atteinte dans l’Histoire de l’humanité. Tous les animaux ne proviennent pas des planches de Buffon, certains sont beaucoup plus anciens comme ce bison inspiré de graffitis rupestres du Nevada datant de 11.000 ans avant J. C. ou ce rhinocéros issu des gravures préhistoriques de Valcamonica 1. Dans la présentation de son Eden tragique et narquois, en confondant ainsi les éléments les uns aux autres, les époques les unes avec les autres, Salvatore Puglia installe obstinément l’idée que plus rien ne peut être dissocié, que chaque élément est condamné à « contaminer » l’autre, que la décadence de notre civilisation (plus que celle de toute autre civilisation par la passé) ne peut plus, en aucun cas, ouvrir une voie rédemptrice du côté de la nature. Les jeux sont faits. Condamnés nous sommes au purgatoire terrestre, en compagnie de nos bêtes imaginaires.

1. Valcamonica, situé dans la province de Brescia dans le Nord de l’Italie est l’un des plus grands ensembles de pétroglyphes préhistoriques du monde. L’Unesco y a recensé plus de 140.000 œuvres mais de nouvelles découvertes ont progressivement porté le nombre total à 200.000 voire 300.000. Les incisions dans la pierre ont été réalisées sur une période de 8 000 ans, du Mésolithique jusqu’à l’âge de fer.

 

Salvatore Puglia est né à Rome en 1953. Salvatore Puglia est représenté par la Galerie SIT DOWN à Paris.

Photo : Nella selva antica 06, 2014 Tirage jet d’encre sur PVC, acrylique sur papier Ingres 40 X 60 cm © Salvatore Puglia

Informations pratiques

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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