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Détenues de Bettina Rheims interroge la représentation de la féminité dans les espaces de privation de liberté

Bettina Rheims : Détenues

« Détenues » de la photographe Bettina Rheims est une série de portraits de femmes incarcérées au sein d’établissements pénitentiaires français.

Ce projet, soutenu par l’administration pénitentiaire et encouragé par Robert Badinter confronte l’univers carcéral avec celui de la création artistique. Réalisée par Bettina Rheims « Détenues« , est une série de portraits de femmes incarcérées qui interroge la construction et la représentation de la féminité dans les espaces de privation de liberté et d’enfermement. C’est en 2014 que les établissements pénitentiaires de Lyon, de Poitiers, de Roanne et de Rennes, ont accueilli la photographe. 120 femmes ont posé pour elle et se sont cinquante photographies qui au final seront exposées d’abord au château de Vincennes, du 9 février au 30 avril 2018, puis au château de Cadillac, du 1er juin au 4 novembre 2018. Ces femmes qui représentent moins de 4% de la population carcérale en France, soit environ 2.400 détenues, ont pu le temps d’un moment dialoguer avec la photographe, et amorcer un travail de restauration de leur image et de leur identité féminine

« En 2014, pendant que nous rassemblions les éléments de la monographie de Taschen, je préparais une nouvelle série, sans doute la plus sensible, faire des portraits de femmes en détention. Depuis longtemps, cette idée m’obsédait. On parlait des hommes, de la radicalisation, de la violence en prison, mais trop peu des femmes. Qu’en était-il de leur vie quotidienne – Comment préservaient-elles leur féminité, loin des leurs, de leurs enfants – dans des conditions matérielles si difficiles.

Après avoir enfermé mes modèles, célèbres ou inconnues, dans des lieux clos, souvent exigus, il me fallait aller à la rencontre de femmes qui n’avaient pas fait le choix de vivre entre quatre murs. Nous avons beaucoup parlé. Elles se sont racontées, et j’ai tenté de leur offrir un moment hors de ce temps-là, une conversation de femmes à visage découvert. Chacune, avec l’autorisation préalable de l’administration pénitentiaire et celle du juge d’application des peines, s’est présentée dans ce studio improvisé. Nous les avons accueillies pour choisir une tenue, se faire coiffer et maquiller, si elles le désiraient. Une occasion à cet instant de retrouver un peu de cette estime de soi, bien souvent égarée dans ces lieux de détention où rien n’est fait pour elles.

L’administration pénitentiaire est une lourde machine, apparemment si éloignée de la création. J’y ai cependant croisé des hommes et des femmes attentifs et bienveillants qui ont soutenu ce projet. Je les en remercie. Que toutes celles qui m’ont fait confiance en posant pour moi sachent que je ne les oublierai jamais. » Bettina Rheims

« J’ai beaucoup insisté auprès de Bettina Rheims pour qu’elle réalise cet ouvrage composé de visages de détenues anonymes. A défaut de leur liberté, je souhaitais que, par la force de son talent, Bettina Rheims restitue à chacune sa personnalité que l’incarcération tend à effacer.

L’ouvrage est achevé. Grâce à Bettina Rheims, les détenues sont redevenues des femmes. Chacune a retrouvé sa singularité et brisé l’uniformité dans laquelle la vie carcérale plonge les détenues. Sous son regard, ces prisonnières se révèlent comme des êtres uniques, singuliers. La caméra devient baguette de fée et Bettina Rheims réussit une transformation magique. Par son talent, chacune de ces détenues retrouve son individualité dans un monde où l’uniformité prévaut. La dignité que tout être humain porte en lui – en elle –, l’objectif de Bettina Rheims nous la restitue sous nos yeux étonnés. » Robert Badinter

L’exposition sera sont accompagnée de quelques-uns des « fragments », fiction construite par Bettina Rheims et les détenues, le récit d’une attention davantage portée sur les émotions suscitées par ces femmes que sur des propos qui auraient été entendus. Tout au long des expositions, le Centre des monuments nationaux propose des visites guidées, notamment à destination du jeune public et du public scolaire. Un ouvrage regroupant les photographies accompagnées d’un avant-propos de Robert Badinter et d’un texte de Nadeije Laneyrie-Dagen est édité dans la prestigieuse collection Blanche – grand format – par les éditions Gallimard.

Pour la petite histoire :

Le donjon de Vincennes sert dès le XVe siècle de prison d’Etat, et reçoit notamment, jusqu’en 1784, des prisonnières politiques. A la Révolution française, le pavillon du Roi devient à son tour – brièvement – un lieu d’incarcération destiné aux femmes dites de mauvaise vie. Le château de Cadillac quant à lui, est converti en prison pour femmes en 1818. Des femmes condamnées à des peines diverses y sont incarcérées. De 1890 jusqu’en 1952 le château de Cadillac devient « école de préservation de jeunes filles » où sont placées de jeunes mineures considérées comme délinquantes

« Détenues » de Bettina Rheims
Exposition du 9 février au 30 avril 2018

Château de Vincennes
1, avenue de Paris
94300 Vincennes

www.chateau-de-vincennes.fr

« Détenues » de Bettina Rheims
Exposition du 1er juin au 4 novembre 2018

Château de Cadillac
Place de la Libération
33410 Cadillac

www.chateau-cadillac.fr

  • Broché: 180 pages
  • Editeur: Gallimard
  • Collection : Blanche
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2072763940
  • ISBN-13: 978-2072763946
  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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