Christian Lacroix « Mon île de Montmajour »

Christian Lacroix, costumes pour le choeur femme, Aïda de Verdi, 2010. Collection Opéra de Cologne.
Christian Lacroix, costumes pour le choeur femme, Aïda de Verdi,
2010. Collection Opéra de Cologne.

Le Centre des monuments nationaux propose, à l’abbaye de Montmajour, dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la Culture, l’exposition « Mon île de Montmajour« , une carte blanche offerte à Christian Lacroix, qui raconte et partage sa vision personnelle de l’abbaye, tour à tour « terrain de jeux et d’escapades, de rendez-vous d’amour et de travail, lieu de culture et de méditation ». Cette exposition est présenté du 5 mai au 3 novembre 2013. Dans ce site qui appartient depuis plus de mille ans au paysage d’Arles, l’exposition présentera une sélection d’oeuvres issues des collections du CIRVA (Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques) de Marseille — parmi lesquels Pierre Charpin, Jean-Michel Othoniel, Giuseppe Penone, Ettore Sottsass, Bob Wilson —, dans un parcours souligné par les oeuvres d’autres artistes — parmi lesquels Gérard Traquandi, Lang/Baumann, Vincent J. Stocker, Véronique Ellena et Olivier Roller, Bernard Quesniaux —, mais aussi par des vêtements et objets liturgiques provenant du Musée de la Visitation de Moulins et du Trésor de Saint-Trophime à Arles, ou encore par des costumes créés par Christian Lacroix en 2011 pour l’Opéra de Cologne.

Le souhait de Christian Lacroix : « montrer Montmajour sous un jour inattendu et authentique à la fois, faire découvrir les collections du CIRVA en leur faisant rencontrer et raconter en filigrane un des monuments les plus particuliers du pays d’Arles et de la région marseillaise. » Pour Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN), « cette initiative s’inscrit dans la volonté du Centre des monuments nationaux d’ouvrir les monuments qu’il gère, à la création contemporaine et de développer des partenariats culturels pour une meilleure contribution de son réseau à l’attractivité des territoires ».

« Je préfère les ambiances, dessiner un vêtement à partir d’atmosphères, et voir passer les images dans ma tête. » Christian Lacroix, in Qui est là ? Editions Mercure de France

L’abbaye de Montmajour

Montmajour se dresse sur la vaste plaine marécageuse de la vallée des Baux. A 5 kilomètres d’Arles, le glorieux Mons Major des chartes médiévales n’est qu’une modeste butte calcaire de 43 mètres d’altitude, qui jadis, formait une véritable île cernée par des eaux mortes, et dont l’accès ne se faisait qu’en barque. Autour du marais primitif qui fournissait poisson, gibier, pâturages et plantes d’oeuvre, s’était constitué un riche domaine foncier de terres à blé, vignes, oliviers, bois, cours d’eau, moulins, salines, pêcheries avec leurs serfs, leurs tenanciers et leurs dîmes. Des moines bénédictins y vécurent selon la règle de Saint-Benoît de Nurcie jusqu’en 1790. Ils édifièrent deux ensembles monastiques.

Le monastère Saint-Pierre (Xe-XVe siècles) : de ce premier lieu subsiste l’ermitage Saint- Pierre en partie aménagé dans le rocher sud. La nécropole rupestre fut aménagée au sommet de la colline et autour de la chapelle funéraire Sainte-Croix (XIIe siècle), véritable reliquaire architectural. La tour Pons de l’Orme (XIVe siècle) surplombe ce premier ensemble et offre à son sommet un panorama vers Arles, Tarascon, La Crau, Les Alpilles.

Le monastère Saint-Maur (XVIIIe siècle) : lieu de vie de la communauté réformée bénédictine de Saint-Maur installée à Montmajour en 1639, il fut édifié à partir de 1703 jusqu’en 1736. Il est actuellement en cours de restauration avant son ouverture à la visite. À l’origine de l’abbaye, étaient présents des hommes ayant choisi la solitude et la méditation sur le rocher de Montmajour. Jadis cerné par des eaux mortes, le but premier du site était d’accueillir les morts. En quelques décennies, ces hommes donnèrent naissance avant l’an mille, à une puissante abbaye bénédictine, avec au sommet du rocher une grandiose abbatiale consacrée à la Vierge. Les grandes familles firent preuve de générosité envers l’abbaye qui devint une sorte de sanctuaire dynastique. À la fin du XIIIe siècle, l’autorité de Montmajour également renforcée par la possession d’une relique – fragment du bois de la vraie croix – couvrait alors 56 prieurés. Ce fut dans le courant du XIVe siècle que la décadence de l’abbaye débuta, avec la terreur, la dévastation des terres et de la population par le passage des « Grandes Compagnies », les épidémies de peste, de famine… Au XVIIe siècle, Montmajour connut grâce à la congrégation de Saint-Maur, une restauration spirituelle et matérielle, ainsi que la construction de nouvelles bâtisses ; les marais furent asséchés permettant l’augmentation des terres cultivables. Après la Révolution, l’abbaye fut dépouillée de ses pierres de tailles, de ses charpentes… la réduisant à l’état de ruine. Il fallut attendre 1840 pour que Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, la fasse classer et la sauve.

Les artistes de l’exposition

LES ARTISTES DU CIRVA

  • Pascal Broccolichi
  • James Lee Byars
  • Pierre Charpin
  • Erik Dietman
  • Hreinn Fridfinnsson
  • Paul-Armand Gette
  • Jacqueline Matisse Monnier
  • Jean-Luc Moulène
  • Jean-Michel Othoniel
  • Giuseppe Penone
  • Javier Perez
  • Gaetano Pesce
  • Ettore Sottsass
  • Jana Sterbak
  • Robert Wilson
  • Terry Winters

AUTRES ARTISTES INVITÉS

  • Pilar Albarracin
  • Thorsten Brinkmann
  • Lucien Clergue
  • Johan Creten
  • Cesare Di Liborio
  • Véronique Ellena
  • Yann Gerstberger
  • Marcello Grassi
  • Christian Lacroix
  • Lang/Baumann
  • Lucien Lorelle
  • Anita Molinero
  • Bernard Plossu
  • Agnès Propeck
  • Bernard Quesniaux
  • Olivier Roller
  • Michael Roy
  • Vincent J. Stoker
  • Gérard Traquandi
  • Agnès Varda

Abbaye de Montmajour

Philippe Berthé, Centre des monuments nationaux
Photo Philippe Berthé, Centre des monuments nationaux
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