Antoine Platteau et le petit théâtre de la démesure

Antoine Platteau

Le petit théâtre de la démesure :  Exposition des vitrines d’Antoine Platteau pour la maison Hermès présentée par le Miroir de la Ville de Poitiers

Artiste décorateur passé par le stylisme et le cinéma, Antoine Platteau signe depuis deux ans les vitrines de la maison Hermès, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Les vitrines d’Hermès, rue du Faubourg Saint-Honoré, jouissent d’un statut particulier. Celui ou celle en charge de les décorer bénéficie d’une complète liberté de création. Animées par la magie d’Annie Beaumel puis par la fantaisie sans limites de Leïla Menchari, les vitrines du Faubourg Saint- Honoré ont transformé une simple promenade parisienne en étape incontournable d’une visite à Paris.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Antoine Platteau de réaliser chaque année quatre opus pour douze vitrines. Autant dire que son rythme de travail est soutenu. Explorant le thème annuel défini par Pierre-Alexis Dumas, directeur artistique d’Hermès, Antoine Platteau travaille avec son équipe au sein d’un studio qui ressemble à un cabinet de curiosités. Dessinateur compulsif, passionné de formes, de matières, de textures, de couleurs, le décorateur utilise peu l’outil numérique, préférant l’expérimentation grandeur nature.

Antoine Platteau perpétue une tradition chez Hermès en proposant à des artistes de travailler avec lui. Ces collaborations sont conçues non comme des commandes, mais comme des « conversations » qui se nouent au fil des projets. C’est là une dimension essentielle qui offre aux artistes un nouveau terrain d’expression. Dans le même temps, leurs démarches singulières viennent vitaliser le travail de l’atelier. C’est ainsi que Rémy Brière, Antoine Carbonne, Philippe Caron, Nigel Peake et Jean- Charles Pigeau ont été les invités d’Antoine Platteau ces dernières années.

Conçue comme un album des petits théâtres imaginaires que ce créateur sensible et inventif met en scène chaque saison, l’ exposition « Le petit théâtre de la démesure » raconte ce qu’est l’art de la scénographie tout en donnant à contempler des objets extraordinaires, dont la qualité d’exécution est la signature de cette maison française.

Le théâtre de la rue et les vitrines

La multiplication dans les villes des boutiques ouvertes sur la rue correspond au déclin des grandes foires et au développement du commerce en Italie et en Flandre à la fin du Moyen Âge. L’échoppe, dont le nom d’origine néerlandaise (schoppe) signifie « la petite boutique », possède en façade deux vantaux qui servent, l’un d’auvent, l’autre d’étal pour présenter la marchandise.

Mais la vitrine telle que nous la connaissons aujourd’hui naît véritablement au XIXe siècle, au coeur d’une ville qui se métamorphose et devient le lieu d’un spectacle ininterrompu, grand sujet de la littérature française, de Charles Baudelaire à Émile Zola ou encore Jules Laforgue. C’est particulièrement le cas à Paris entre 1880, période où Hermès s’installe Faubourg Saint-Honoré, et les années 1930. La vitrine happe le regard du passant et participe pleinement au théâtre de la rue.

Photo : Vitrine d’Antoine Platteau © Colombe Clier © Hermès Paris

le Miroir de la Ville de Poitiers

En 2016, la Ville de Poitiers lance le Miroir, un projet culturel unique en son genre. Véritable espace d’exposition offert à tous et donnant vie à des objets qui sont beaucoup plus que de simples « marchandises », la vitrine se trouve à la croisée de l’art et du savoir-faire, au coeur des arts décoratifs que le Miroir se donne pour ambition d’explorer et de mieux faire connaître. Du dessin d’observation à la bande dessinée ou au manga, de l’expérimentation plastique au design et à l’imagerie industrielle, de «l’art modeste» aux créations artisanales de la mode et du luxe, de l’archéologie au jeu vidéo et à la création numérique, le Miroir abolit les frontières entre les genres, les disciplines et les époques en créant un dialogue entre tous les modes d’expression visuelle. Le Miroir de la Ville de Poitiers a saisi l’opportunité de l’arrivée en 2014 d’un nouveau décorateur en charge des vitrines du siège historique de la Maison Hermès, Antoine Platteau, pour présenter le travail qu’il mène depuis deux ans et, dans le même temps, raconter la démarche qui est la sienne.

Cet été, Le Miroir présente aussi : 

  • Raphaël Zarka, une création. Manuel de sculpture instrumentale. du 21 mai au 28 août 2016 au Musée Sainte-Croix de Poitiers
  •  -12 000 > 2016 Promenade contemporaine dans l’archéologie du musée du 18 juin au 25 septembre au Musée Sainte-Croix de Poitiers

Antoine Platteau pour la Maison Hermès

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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