Amédée de La Patellière : Les éclats de l’ombre

Né à la fin du XIXème siècle dans la région nantaise, Amédée de La Patellière, malgré des études de droit et de commerce, a toujours voulu dessiner; c’est ainsi qu’en suivant les cours du peintre religieux, Alfred Girard-Leduc, il a réalisé de nombreuses copies du musée des beaux-arts. Afin de devenir artiste, il suit les cours à Paris de l’Académie Julian, fréquente le Louvre et découvre la peinture post-impressionniste.

Maisons dans le port d'Auray - LA PATELLIERE Amédée

Maisons dans le port d'Auray - LA PATELLIERE Amédée

De cette époque, on lui doit des compositions et des eaux-fortes de personnages, de paysages et de nus. Mais son élan artistique sera influencé par la Grande Guerre; il se retrouve dans les tranchées, blessé, et réalise un recueil de poèmes illustrés de ses dessins. Le Manuscrit, Le Silence de la guerre et le Calme des nuits ne sera jamais publié.

Au lendemain de la guerre, en 1918, a lieu sa première exposition à Paris à la galerie Sauvage, puis il expose au Salon d’Automne trois ans plus tard. Il y présente deux grands formats, Deux nus en plein air et Femme endormie.

Un cercle d’amis se forme alors, composé de Lhote, Moreau, Segonzac, Derain, Friesz, Alix et Dignimont.

La Patellière oriente sa peinture de « manière brune », sombre et épaisse, faite de tons de terre et d’ocre, faisant abstraction des détails et de tout artifice ; son style s’affirme, se démarque, il emprunte une voie personnelle basée sur un plan théorique :

« faire passer la nature sur un plan spirituel à l’aide des seuls moyens plastiques »

et pratique :

« Le noir et le blanc sont le propre d’une peinture spirituelle, qui unit les contraires, la dualité de l’esprit, le bien contre le mal, l’ange contre le démon, la lumière contre les ténèbres. »

Afin de « hausser la vie à la hauteur de la légende, à l’aide d’éléments plastiques », La Patellière va prendre pour modèle l’univers des paysans, principalement dans leurs moments de repos, qu’il adapte aux légendes et mythes.

« Il me faut du mystère, du tragique, des oppositions, des éclats. »

Mystique, évoluant entre ombre et lumière, la vision de la peinture de La Patellière est influencée par les écrits du théosophe allemand du XVIIè siècle, Böhme, pour lequel la Réalité a une structure ternaire, déterminée par l’action de trois principes : la source des ténèbres, la puissance de la lumière et l’extra-génération hors des ténèbres par la puissance de la lumière.

Les œuvres du peintre seront ainsi empreintes de réalité rustique et d’évocation irréelle, elles seront diverses et originales, et malgré certains rapprochements possibles avec les peintures de Derain, Dufresnes et Segonzac, La Patellière occupera une place bien à lui dans la peinture française de cette époque.

1926 est l’année de la signature d’un contrat avec la galerie Katia Granoff grâce auquel il s’achètera une maison à Machery ; il devient sociétaire du Salon d’Automne ce qui lui confère une notoriété artistique. Il expose également au Salon des Tuileries, des Indépendants, et, en 1928 le Musée du Luxembourg acquiert la Liseuse grise. Il expose également à Riga et vend une toile au Musée de Lettonie.

L’année suivante, il décore la salle à manger du restaurant de La Colombe d’Or, à Saint-Paul-de-
Vence. Mais son attirance pour le monumental se concrétise dans des fresques réalisées dans la demeure de Vaugrigneuse, qu’il acquiert en 1930. Il mourut en 1932, décoré de la Légion d’honneur.

L'éclipse - LA PATELLIERE Amédée

L'éclipse - LA PATELLIERE Amédée

L’exposition « Les Eclats de l’Ombre », véritable hommage à La Patellière, offrira un panorama complet de son œuvre. Les 35 tableaux possédés par le musée des beaux-arts de Nantes seront complétés par les œuvres des musées de Roubaix, de Bergues et de Beauvais, soit au total plus de quarante tableaux et dessins qui seront regroupés en plusieurs thèmes: l’atelier, les scènes paysannes, religion et mythologie, les femmes et les baigneuses.

L’exposition sera complétée par une série de conférences, d’ateliers et d’installations sonores.
« Les Eclats de l’Ombre », pour découvrir ou redécouvrir Amédée de La Patellière, en apprécier la peinture à la fois mystérieuse et mélancolique, et en comprendre la philosophie que l’artiste exprimait en ces mots :

« Si la peinture est bien une magie, c’est parce que la magie manifeste la force et l’existence de forces cachées, parce qu’elle ne se réduit pas à une explication, encore moins à un savoir-faire. »

Infos pratiques

Les éclats de l’ombre

Musée des beaux-arts de Nantes – Chapelle de l’Oratoire
24 octobre 2014 – 25 janvier 2015

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