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La violence des riches au théâtre des Carmes

violence des riches au Théâtre des Carmes

La compagnie Vaguement Compétitifs présente La violence des riches au Théâtre des Carmes d’Avignon. Pièce écrite par Stéphane Gornikowski et mise en scène par Guillaume Bailliart.

La violence des riches” est la toute première adaptation à la scène des travaux des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sur les “riches” et l’augmentation des inégalités dans les pays occidentaux. Il y est question de la violence sociale inouïe de ces inégalités, des risques pour l’humanité et la planète même, mais aussi de ce qui peut s’inventer face à cette violence des riches.

Critique, drôle et mordante, inscrite dans une démarche d’éducation populaire, la version présentée à Avignon en 2018 est inédite, enrichie des dernières recherches et enquêtes sur ces écarts croissants et leurs conséquences funestes pour la plupart d’entre nous. Conçue par Stéphane Gornikowski, l’adaptation scénique des travaux des sociologues existe également en version jeune public sous le titre “Pourquoi les riches” : une forme qui aborde avec succès auprès des ados et pré-ados des sujets tels que les inégalités, le service public ou les impôts.

A l’origine de la démarche – Stéphane Gornikowski

La violence des riches. Un titre coup-de-poing, presque incongru, qui me décide à aller écouter Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, deux anciens directeurs de recherche au CNRS dont je connais les grandes lignes des travaux sur la grande bourgeoisie, les nobles, les catégories très supérieures puisque le mot « classe » semble avoir disparu. Devant une salle bondée, les Pinçon-Charlot, gros vendeurs de livres, expliquent le choix du titre. En trente années de recherche, les « riches », les élites économiques et politiques, ont changé : ils ont fait sécession avec la société et les inégalités qui s’accroissent ne sont pas un problème mais un moyen pour préserver et accroître leurs propres intérêts, ceux de la seule classe encore organisée pour cela. Le propos est très documenté, grave même si les Pinçon-Charlot évoquent leurs travaux avec humour. Ces derniers résonnent très fortement avec les réalités sociales que je connais, celles des classes populaires et moyennes balancées entre déclassement, peur du déclassement, perte de perspectives positives, frustrations, colère et tentation de la radicalisation. Les réponses que le couple apporte à mes objections sont convaincantes. Je ressens l’urgence de faire entendre autrement ce qu’ils racontent. Je pense au théâtre, un théâtre documenté et joyeux. « Penser est un des plus grands divertissements de l’espèce humaine » disait Brecht : en adaptant La violence des riches, j’ai l’idée de reprendre à mon compte cette citation ». Le texte de la pièce est une libre adaptation de leur travaux dont le ton général prête à la fois à (sou)rire et à s’indigner. Si la matière principale est issue de La violence des riches, Stéphane Gornikowski l’a complétée de multiples sources : autres ouvrages des Pinçon-Charlot, dont Tentative d’évasion fiscale, travaux sociologiques et économiques, articles universitaires et d’actualité, rapports parlementaires de la dernière mandature. Une partie des travaux touche aussi à la question du/des commun.s, du renouvellement de la pensée critique du capitalisme et plus largement de la démocratie.

  • Conception : Stéphane Gornikowski
  • Mise en scène : Guillaume Bailliart
  • Texte : Stéphane Gornikowski, d’après les travaux de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
  • Interprétation : Louise Wailly – Grégory Cinus – Malkhior
La violence des riches. Chronique d’une immense casse sociale

Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont que les manifestations les plus visibles d’un phénomène dont il faut prendre toute la mesure : nous vivons une phase d’intensification multiforme de la violence sociale. Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’une grande agression sociale, d’un véritable pilonnage des classes populaires : un monde social fracassé, au bord de l’implosion. Loin d’être l’oeuvre d’un “adversaire sans visage”, cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. Les dirigeants politiques y ont une part écrasante de responsabilité. Les renoncements récents doivent ainsi être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons d’un socialisme de gouvernement qui a depuis longtemps choisi son camp. A ceux qui taxent indistinctement de “populisme” toute opposition à ces politiques qui creusent la misère sociale et font grossir les grandes fortunes, les auteurs renvoient le compliment : il est grand temps de faire la critique du “bourgeoisisme”.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, ont notamment publié Grandes Fortunes. Dynasties familiales et formes de richesse en France (Payot, 1996), Sociologie de la bourgeoisie (La Découverte, ” Repères “, 2000), Les Ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces (Seuil, 2007) et Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy (Zones, 2010).

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

La violence des riches
Jusqu’au 25 juillet 2018

Théâtre des Carmes
6 place des Carmes
84000 Avignon

http://www.theatredescarmes.com/

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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