Zoufris Maracas : Des rames de la ligne 2 à la scène de l’Alhambra

‘’ Il faut faire confiance, réveiller les gens. Et que chacun s’occupe de son cerveau.’’ . Voilà la mission que se dont donnés Vin’s et Micho, les deux fondateurs originaires du groupe « Zoufris Maracas ».

Alors déjà, pourquoi ce nom ? Parce que, comme les zoufris, ces ouvriers algériens venus travailler en France dans les années 50, ces deux trentenaires se sentent aussi exilés ; non pas géographiquement, mais socialement. Ce pays dirigé par ‘’ les dieux du pétrole et de l’emploi ‘’ n’est pas le leur. Et ils sont décidés de dénoncer le libéralisme à outrance et ses conséquences en chanson, et en rythme. D’où le ‘’ maracas ‘’.

Avant la chanson, c’est via les projets humanitaires qu’ils cherchent à mobiliser les consciences. Après s’être rencontrés à Sète à l’âge de quinze ans, ils décident de mettre leurs études entre parenthèses et de partir pour l’Afrique où ils montent une association de soutien au cinéma itinérant. Entre Niger, Burkina et Mali, ils sont confrontés à la triste réalité et apprennent à se méfier du ‘’paternalisme destructeur ‘’ des ONG occidentales. Ils s’essaient aussi à la musique, mais bricole oblige, c’est sur des guitares à quatre cordes qu’ils reprennent Brel ou Brassens … De retour en France, la vie sépare à nouveau les deux compères : Micho part vivre au Mexique, Vin’s enchaine les petits boulots et devient militant Greenpeace, avant de se retrouver au chômage à Toulouse … Cette période est pour lui l’occasion de se mettre vraiment à la musique, et de composer des ‘’ p’tites chansons’’, éloges de l’oisiveté et critiques de l’argent roi … « Sur les notes, je me suis mis à déblatérer des conneries, et je sentais l’adrénaline monter ; je me marrais tout seul devant mes bribes de chansons ‘’

Les finances au plus bas, mais bien décidés à faire de la musique et à partager leurs messages, les deux amis se rejoignent à Paris en 2007. Ils décident de faire la manche sur les terrasses et dans le métro, Micho à la guitare et Vin’s aux claviers, et découvrent le contact à chaud avec le public. Qu’importe les 5000 euros d’amende dont ils écopent en cinq ans (n’ayant pas les moyens de régler ces dettes, la RATP se voit contrainte de les échelonner jusqu’en 2029 !), ils continuent d’animer les lignes 2 et 13, et enchainent les rencontres probantes : en 2008, Titi, figure de l’underground parisien leur propose de participer à un festival dans les bars de la capitale ; c’est là qu’ils se font remarquer par Julio, producteur indépendant, qui les présente au réalisateur et batteur François Causse, lequel leur permet de faire leurs débuts en studio … L’équipe originelle est rejointe par le même François aux percussions, par Brice à la trompette et Mike à la guitare manouche. Parallèlement, en 2010, La Rue Kétanou les invite pour la première fois à monter sur scène. De festival en festival, le public plébiscite cette « poésie de l’insoumission », emmenée par des rythmes à mi-chemin entre la chanson française, la samba, le zouk ou encore la rumba congolaise.

En juillet 2011, le label Chapter Two signe leur premier single, ‘’Et ta mère’’, qui passe en boucle sur Nova et France Inter, avant la sortie d’un EP à l’automne et de l’album « Prison dorée » en mars dernier ; 14 titres qui raillent avec humour la monotonie des vies bien rangées (Les Cons), les sexualités (Bahia), la consommation outrancière d’énérgie (La fée electricité) ou encore la politique d’immigration (Un gamin) … L’ancien président en prend aussi pour son grade (Le peuple à l’œil) mais Vin’s reconnaît malheureusement sa déception quant à la continuité de la politique menée par le nouveau …

‘’ Sans tirer de conclusion à la place des gens, il s’agit de les pousser à avoir une réflexion sur la question. On a trop souvent tendance à faire l’autruche parce qu’il est douloureux d’ouvrir les yeux sur la réalité. ‘’. Grâce à leur musique festive, portée par des musiciens géniaux et infatigables, ils ont réussi à faire sauter en l’air la salle pleine à craquer (le concert affichait complet) de l’Alhambra ce 20 novembre, et a nous faire entrer dans leur monde anarco-écolo à l’hymne quelque peu atypique : ‘’ Travailler plus pour gagner plus, vous aurez moins de temps, le temps c’est de l’argent, vous aurez moins d’argent !’’. Marion Philippe pour artsixmic

Zoufris Maracas – Un Gamin

Prochains concerts

  • 30 novembre 2012
  • Le Poste a Galene, Marseille
  • 01 décembre 2012
  • Rockstore, Montpellier
  • 03 décembre 2012
  • La Cigale, Paris
  • 15 fevrier 2013
  • FESTIVAL POLY’SONS – THEATRE DES PENITENTS, Montbrison
  • 09 mars 2013
  • Festival a Travers Chants, St.-Saulve
  • 22 mars 2013
  • THEATRE JEAN MARAIS, Saint-Gratien
  • 23 mars 2013
  • PRINTEMPS DE LA CHANSON, Tourouvre
  • 29 mars 2013
  • PLACE DES ARTS – THEATRE RENOIR, Cran-Gevrier
  • 06 avril 2013
  • Le Silo, Tigery
  • 19 avril 2013
  • Cabaret Sauvage, Paris
  • 03 mai 2013
  • Théâtre d’Arras, Arras
  • 31 mai 2013
  • Le Scarabee, La Verrière
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