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Voyage Sans Retour de François GERARD

voyage sans retour

L’histoire : Kad, jeune caïd d’une banlieue toulousaine, se voit dans l’obligation de partir au vert après avoir arnaqué des dealers. Il est envoyé par des amis à l’étranger dans une association humanitaire. Mais l’association est un réseau de recrutement terroriste. Kad, sans repère, est transporté de Londres à Bombay, au Pakistan en Afghanistan où il sera formé dans les camps djihadistes.

Interview de François Gérard ( réalisateur et scénariste )

Q : Comment est né Voyage Sans Retour?

La genèse est l’article d’un sociologue allemand paru dans le journal Le Monde. Au coeur des Minguettes il interrogeait les jeunes issus de l’immigration sur leur devenir, leurs rêves ; beaucoup de réponses étaient proches de mon vécu : le sentiment d’être exclu et de ne pas se sentir accepté. Par cet aspect, le film se veut aussi un hommage à ces universitaires, ces chercheurs qui font un travail de fond souvent ignoré, qui, si on y prête attention permet de percevoir les prémisses de ce qui est à venir. J’ai écrit le scénario il y a dix ans. A cette époque se posait la crédibilité d’une telle histoire. Pourtant, je me suis inspirée de faits réels auxquels j’ai été confronté, et de personnes que j’ai connu. J’ai soumis mon scénario à Christophe de Ponfilly, journaliste spécialiste de l’Afghanistan et auteur notamment du documentaire « Massoud, l’Afghan ». Il a trouvé l’histoire crédible et m’a dit : « Je ne sais pas si les spectateurs vont l’accepter mais vas-y ». Aujourd’hui le réflexe de chacun est de penser que j’ai puisé mon inspiration dans l’actualité récente. Cela n’est pas le cas, je ne suis pas un opportuniste qui profiterai de l’émotion commune. Le paradoxe c’est que l’Histoire a rejoint la fiction. Je ne me suis absolument pas inspiré de l’actualité récente. Le tournage a pris fin bien avant l’affaire Merah.

Q : Vous abordez un sujet assez sensible en France, notamment depuis l’affaire Mérah…

Même si un sujet est considéré sensible, on doit pouvoir l’aborder. Toute la différence, c’est le traitement. Au-delà des similitudes avec l’affaire Mérah, qui sont au choix, soit une prémonition soit un hasard, mon travail est de traiter une fiction du réel. Un réel vécu et un réel romancé. C’est vrai j’ai tourné à Toulouse, dans le quartier du Mirail, où ont vécu les protagonistes qui ont inspiré mon histoire. Mais je ne suis pas un porte voix. J’expose une violence pour mieux la dénoncer. J’essaye de la comprendre, je recherche ses germes. La violence est inexcusable. Le langage cinématographique me permet de traiter avec acuité une problématique aigue sans donner de leçon ni être manichéen. Ce qui prime dans mon approche, c’est le cinéma. Communier avec le spectateur autour de décors somptueux avec une musique symphonique sur un rythme effréné. Je suis un cinéaste, pas un père la morale. Je travaille pour le plaisir du spectateur. Q : Ce film signe le retour de Samy Naceri devant la caméra. Comment s’est passée la rencontre entre l’acteur et le film. C’est Emmanuel Prévost, producteur notamment du film « GO FAST » qui a fait le lien avec Samy. Il lui a parlé du projet et Samy m’a appelé pour en savoir plus. On s’est rencontré pour parler du film, et il a souhaité lire le scénario. Très vite il a voulu participer. Les choses se sont passées très simplement. Samy est un comédien très disponible, à l’écoute et charismatique ; sur un plateau c’est un vrai professionnel.

Q : Vous avez décidé de tourner les scène extérieures dans les pays concernés…

Je suis un spectateur, ce qui m’intéresse dans le cinéma, c’est sa dimension « biger than life ». Tourner un « fake » pour des raison de budget dans le sud Marocain pour moi ça ne fonctionne pas. Ou alors on fait un autre cinéma et on convoque les westerns spaghettis. Bien sûr ça peut être juste sublime, mais c’est un autre style. Le cinéma est déjà « l’art du mensonge ». Si en plus on tourne ce film sur un sujet aussi sensible au Maroc alors qu’il est sensé se dérouler en Afghanistan, ce n’est pas la même chose et le spectateur le ressent. Les chefs décorateur font toujours des miracles, mais l’atmosphère n’est pas la même. J’ai donc choisi de tourner à Milan, mais aussi à Londres à la mosquée de Finsbury Park là où historiquement tout a commencé. C’est par là que les jihadistes passaient avant de rejoindre les camps. Aller là où les choses se passent, cela donne un cachet, une authenticité, qui me semble très importante. Quand je vais au cinéma, j’ai envie de voyager, de rêver et c’est ce que j’ai voulu communiquer au spectateur.

Q : Parlez-nous de la musique qui tient une place très importante dans le film.

Faire le choix de tourner dans des décors magnifiques en 35mm, au format scope, répond à une volonté comme je l’ai exprimé de faire un cinéma spectacle. Il fallait donc une musique qui soit à la hauteur. Dès le départ la musique symphonique s’est imposée. Seul un orchestre pouvait reproduire ce que j’avais en tête. J’ai travaillé avec des débutants, comme moi dans ce domaine, et ensuite je me suis entouré de grands talents indiens pour l’interprétation. J’ai fait des choix techniques radicaux pour obtenir un cachet particulier. Nous avons enregistré en decca tree, les percussions et les vents à Bombay et les cordes avec l’orchestre Symphonique de Szeged en Hongrie. La musique donne une dimension épique au film. Pour moi, c’est une question de cohérence. Je voulais que le spectateur en prenne plein les yeux mais aussi plein les oreilles.

Interprètes : 

  • François Gérard, Samy Naceri, Samuel Lebihan, Serge Riaboukine, Marie Vincent, Olivier Rabourdin, Julien Courbey.
  • Réalisateur : François Gérard
  • Distribution : Oreo Distribution
  • Sortie en salle le 11 septembre 2013

Interview de Samy Naceri : Voyage Sans retour

Voyage Sans Retour : Bande Annonce

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