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Suite à l’arrivée d’Audrey Pulvar, Thomas Legrand quitte les « Inrocks »

Thomas Legrand –  Kenzo Tribouillard/AFP

Passé un peu inaperçu, cette nouvelle qui annonce le départ de Thomas Legrand des « Inrocks » suite à l’arrivée d’Audrey Pulvar comme directrice de l’éditorial montre et démontre encore une fois que le monde du journalisme est vraiment un monde de privilégiés. Audrey Pulvar contre qui en particulier je n’ai rien à reprocher, à tout de même pourrait on dire un sacré carnet d’adresse pour trouver des postes aussi facilement, dès qu’elle en a perdu un. Thomas Legrand, dont j’aime beaucoup le travail, qui peut lui se permettre de quitter les Inrocks parce qu’il n’est plus d’accord avec le choix des embauches.«Je crois qu’il ne peut plus y avoir de traitement crédible de la politique aux Inrocks» a déclaré Thomas Legrand à TéléramaMais en quittant les Inrocks, ce qui est tout à son honneur, car la raison de son départ est loin d’être mauvaise, prouve aussi que pour avoir des c… il faut tout de même avoir un nom bien établi et du travail. Tout cela fait quand même un peu désordre dans un monde où tant de journalisme sont en recherche d’emploi. Il est vrai que rien n’interdit à un/une journaliste de se marier avec un politique, mais de fait on s’aperçoit que cela est loin d’être aussi simple et qu’à priori c’est souvent le politique qui l’emporte. François Hollande en fait lui aussi actuellement l’expérience avec sa compagne Valérie Trierweiler qui elle aussi réclame son droit à sa liberté d’expression. Audrey Pulvar a tout de même préciser dans une déclaration à l’AFP que Les Inrocks ne seront pas un organe de propagande, ni « une annexe » du gouvernement. Ouah ! c’est sur, on se sent déjà beaucoup mieux ! En fait le problème de fond qui se pose et je dirais malheureusement pour Audrey Pulvar c’est sa qualité de journaliste, car aujourd’hui on ne sait plus pourquoi dorénavant elle est  recrutée. Matthieu Pigasse l’heureux propriétaire des Inrocks n’a quand même pas du faire ce choix sans en mesurer les conséquences, mais à certainement du le faire en sachant ouvertement qu’une bonne campagne de communication qui plus est gratuite, ne fait jamais de mal. Dans un communiqué, les Inrocks soulignent que la nomination de ce tandem a été décidée par Matthieu Pigasse, en concertation avec le directeur de la rédaction, Bernard Zekri, qui actuellement dirige l’équipe du magazine. Audrey Pulvar partagera la direction générale des Inrock avec Arnaud Aubron, qui occupait les fonctions de rédacteur en chef de l’hebdomadaire et du site du journal. A noter, que Audrey Pulvar et Arnaud Aubron succèdent à David Kessler, qui a quitté la direction de l’hebdomadaire pour rejoindre le cabinet du président de la République, François Hollande ! A que la vie est belle dans certaine sphère du journalisme ! Jean Marc Lebeaupin

Source AFP

Le journaliste Thomas Legrand a annoncé à Télérama qu’il quittait Les Inrocks en réaction à l’arrivée d’Audrey Pulvar comme directrice de l’éditorial, jugeant « impossible » de rester, car le « journalisme politique est avant tout une lutte contre la communication politique ». « Dès que j’ai su qu’Audrey Pulvar arrivait. Je n’y ai pas cru au début, ça me semblait impossible ! » a expliqué le journaliste politique, qui signe également des chroniques politiques sur France Inter et sur le site internet Slate. « Je n’ai rien contre elle. Je ne crains pas la censure, ni ses relectures orientées. Je sais qu’elle me laisserait libre. Je ne mets pas en cause sa capacité de schizophrénie… », a-t-il ajouté. ()

Vu sur Rue 89

Cher Luc Chatel,

Réponse à une tribune polémique

Dans une tribune titrée « Audrey Pulvar et Thomas Legrand, rebelles en caoutchouc », Luc Chatel, coauteur de « Médias : la faillite d’un contre-pouvoir » (Fayard), s’en est pris à Thomas Legrand, chroniqueur à France Inter et aux Inrocks. Ce dernier a démissionné de l’hebdo lorsque Audrey Pulvar, compagne d’Arnaud Montebourg, a été nommée à sa tête.

Luc Chatel s’étonnait que Legrand ne voit pas d’inconvénient à travailler pour un groupe de radio dont le président, Jean-Luc Hess, avait été nommé par Nicolas Sarkozy. Et pour une station de radio, France inter, dirigée par un ami de Carla Bruni-Sarkozy (Philippe Val).

(L’intertitre est de Rue89.) P.R.

La réponse de Thomas Legrand

Malgré l’avatar que vous vous êtes choisi sur Twitter (Lucky Luke), vous visez bien mal !

D’abord, je ne prétends pas être un rebelle… Ensuite, votre parallèle entre la situation d’Audrey Pulvar à la tête des Inrocks et celle de Hees et Val à la tête de Radio France et de France Inter démontre une méconnaissance du fonctionnement de ces médias.

J’ai dénoncé dans plusieurs chroniques sur l’antenne de France Inter le mode de nomination des présidents de l’audiovisuel public instauré par Nicolas Sarkozy. Ce mode de nomination anachronique jette la suspicion sur les rédactions de Radio France et sur ses choix.

Mais ces rédactions avaient et ont la capacité, quotidiennement, de démontrer que la politique éditoriale, le choix des sujets traités dans les journaux, restent de la responsabilité et du ressort des journalistes qui la composent.

Il suffit d’écouter France Inter, Infos, Culture, Le Mouv’ et les France Bleu pour se convaincre que Radio France n’est pas inféodée à la présidence de la République. Ni l’ancienne, ni la nouvelle. L’inféodation serait notre perte. Même si la direction le voulait, elle ne le pourrait pas.

Hees et Val ne sont pas présents aux conférences de rédaction et découvrent tous les matins les sujets et la teneur des éditos. S’ils reçoivent des coups de fils d’en haut, ils se gardent bien de nous le dire. S’ils nous le disaient, les auditeurs en seraient informés par nos soins…

L’application de la clause de conscience

Dans le cas de la direction d’un hebdo, c’est différent. Audrey Pulvar écrira dans le journal, sera en charge de la politique éditoriale, du choix des sujets à traiter, des enquêtes à mener, des titres et de la une. Elle sera à toutes les conférences de rédaction.

Ce n’est tout simplement pas praticable pour moi qui étais en charge des pages politiques des Inrocks.

Je n’ai absolument rien contre Audrey Pulvar mais franchement, je ne me vois pas discuter avec la compagne d’un ministre de la prochaine enquête sur l’action du gouvernement, du choix du prochain membre du gouvernement à interviewer ou du bien fondé de telle ou telle contribution du prochain congrès du PS.

Mon départ n’est en rien un acte de rébellion. C’est le fruit du constat d’une impossibilité de travailler normalement… C’est l’application toute simple de la clause de conscience prévue dans ce genre de cas.

Bien à vous,

Thomas Legrand

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