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Stopper le trafic d’antiquités, source de financement pour Daech

le trafic d'antiquités

Outre la destruction de la célèbre cité antique de Palmyre, les jihadistes de l’Etat islamique multiplie les pillages,  plusieurs sites historiques ayant  déjà été massacrés en Irak, dont les cités antiques de Nimrud et Hatra, joyaux de l’art assyrien, et le musée de Mossoul,  Daesh faisant du trafic d’oeuvres l’un de ses principaux moyens de financement.  De nombreux spécialistes redoutent que les pièces arrachées à la cité antique de Palmyre, doublement millénaire, se retrouvent dans l’effroyable trafic d’œuvres d’art.

Si les jihadistes ont fait de la destruction d’oeuvres d’art une de leurs spécialités, soi-disant pour nettoyer le paysage culturel de tous les vestiges rappelant des civilisations antérieures à l’islam, il n’empêche que le trafic d’œuvres représente la seconde source de financement de l’EI ! Tout comme le pétrole, le trafic d’antiquités éparpillées et revendues aux quatre coins du monde au prix fort au marché noir, est devenu un mode de financement pour Daesh.

Bien que totalement illicite, cette activité lui assurerait d’empocher de 6 à 8 milliards de dollars par an, selon la CIA, et en retour, de financer ses activités de guerre, et c’est ainsi que sur les 12.000 sites archéologiques décomptés sur le territoire irakien, plus de 2000 se trouvent d’ores et déjà dans les zones contrôlées par l’EI.

« On sait que cela passe essentiellement par la Turquie, avant d’arriver en Occident, sur les marchés européen et américain« , explique ainsi l’avocat et spécialiste du marché de l’art Jean-Jacques Neuer qui ajoute : « Les objets auront été absorbés par des collectionneurs, au travers de circuits complexes ».  Trafic portuaire, faux certificats de vente, c’est en Europe, en Allemagne, au Royaume-Uni et en France que les oeuvres pillées ont le plus de « chances » d’atterrir.

Si sur le terrain, en Irak et en Syrie, la lutte commence à s’organiser, notamment grâce à une résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en février dernier,  prévoyant de couper le financement de l’EI par le trafic d’antiquités et interdisant le commerce d’antiquités de Syrie, tandis qu’une interdiction de dix ans perdure pour celles d’Irak,   il y a toujours urgence, et en ce début décembre 2015, les ministres allemand, français et italien de la Culture viennent de  réclamer à la Commission européenne des mesures « efficaces » de lutte contre le trafic d’objets culturels afin de tarir cette source de financement pour les groupes « terroristes » comme l’Etat islamique.

« Avec les destructions cruelles des lieux historiques de Nimrud en Irak (nord), de Palmyre en Syrie (centre) et de plusieurs autres lieux au Proche-Orient, les terroristes de l’EI attaquent l’âme de cette région, le berceau de notre civilisation », écrivent l’Allemande Monika Grütters et ses homologues français, Fleur Pellerin, et italien, Dario Franceschini, dans une lettre commune.

« Il est grand temps pour l’Europe, au nom de ses valeurs et de sa sécurité, d’agir de façon plus efficace (…) contre le commerce des biens culturels », poursuivent-ils. « L’Europe doit déterminer une base juridique adéquate pour combattre le commerce illégal de ces biens afin de mettre un terme au financement du terrorisme », comme l’agenda sécuritaire de la Commission européenne du 28 avril le préconisait déjà, insistent-ils.

Mmes Grütters et Pellerin ainsi que M. Franceschini déplorent l’absence d’instruments juridiques spécifiques pour combattre le transfert illégal d’objets culturels au sein de l’UE et appellent à « présenter dès que possible une réglementation européenne visant à interdire avec toute l’efficacité requise l’importation de biens culturels illégaux ».

Commandé en juin par François Hollande, le rapport du président directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, «Cinquante propositions françaises pour protéger le patrimoine de l’humanité», a été remis au Président de la République à la fin du mois de novembre dernier.

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