Après ses plus beaux temples de Bêl et Baalshamin et ses tours funéraires aussi célèbres qu’uniques, c’est l’Arc de triomphe, vieux de 2.000 ans, situé à l’entrée de la célèbre rue à colonnades du site historique, qui est tombé hier sous les explosifs du groupe extrémiste Etat islamique.
« Nous avons reçu des informations sur le terrain selon lesquelles l’Arc de triomphe a été détruit hier (dimanche). L’EI l’a piégé il y a quelques semaines« , a affirmé M. Abdelkarim, chef des antiquités en Syrie.
« C’est une destruction méthodique de la cité. Ils veulent la raser, la faire disparaître complètement. Nous risquons de la perdre en entier. On sait que l’EI a encore piégé d’autres monuments. Ils veulent détruire l’amphithéâtre, la colonnade. Nous avons désormais peur pour toute la cité antique », a encore ajouté M. Abdelkarim. « Il faut que la communauté internationale trouve le moyen de sauver Palmyre« , ville qui recèle les plus beaux trésors de Syrie, a-t-il supplié. »Nous sommes en train de vivre une catastrophe. Depuis la capture de la cité (par les jihadistes), c’est un choc après l’autre« , a ajouté le responsable, joint par téléphone par l’AFP.
Icône de Palmyre, cité antique classée au patrimoine mondial, la destruction totale de la cité historique est à redouter alors que le conflit a pris un nouveau tournant, devenant plus complexe suite à l’ intervention militaire de la Russie qui dit frapper l’EI, mais qui est soupçonnée par les Occidentaux d’apporter surtout son soutien aux troupes du régime de Bachar al-Assad, en difficulté face aux rebelles depuis plusieurs mois.
Les jihadistes détruisent les statues ou fresques représentant des hommes ou des animaux, les interprétant comme de « l’idolâtrie », mais selon le chef des Antiquités, « l’EI détruit désormais par vengeance, même pas pour des raisons idéologiques car l’Arc de triomphe n’était pas un monument religieux mais civil« . En quatre ans et demi de guerre, outre le terrible bilan humain qui fait état de plus de 240.000 morts et de millions de personnes contraintes à l’exil, le patrimoine syrien a été dévasté, 900 monuments ou sites archéologiques ont été touchés, abîmés ou détruits, preuves satellitaires à l’appui. Ce monde qui ne crée que des désastres, n’en finit plus de nous faire rugir de colère.


















