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Servane Mary à la galerie Triple V avec Babyliss

Servane Mary, Untitled (Property), 2016 - Impression jet d’encre sur cuivre, 122 x 165 x 23 cm - Photo : Raphaël Fanelli : Courtesy Triple

Dans ses oeuvres, Servane Mary se penche sur l’image de la représentation de la femme dans l’Histoire. L’une de ses techniques privilégiées est l’impression sur mylar, contre-collées dernièrement sur plexiglas, vinyle, acetate ou verre.

‘‘Babyliss’’, la deuxième exposition personnelle de Servane Mary à la galerie Triple V, sera l’occasion pour l’artiste de présenter un ensemble de pièces nouvelles : des photographies de femmes conduisant des motos, imprimées sur du métal puis mises en volume – ou mises en plis, d’où le titre.

Les structures ondulantes en acier ou en cuivre qui servent de support aux photos, par ce passage aux trois dimensions, suggèrent un « dos » de l’image, et la possibilité d’accéder à son envers ou à sa profondeur.

Ces nouvelles oeuvres s’inscrivent dans la continuité des travaux récents de Servane Mary, dans lesquels l’artiste, en transférant des photos trouvées (principalement des portraits de femmes des années 1940 à 1970) sur des supports inattendus ou avec des techniques d’impression inhabituelles, éprouvait la signification originelle de cette imagerie – et notre propre réception de ces images aujourd’hui.

Servane Mary travaille avec des images de presse appropriées représentant des femmes allant des années 40 jusqu’au années 70. Certaines d’entre elles font partie de ses héroïnes, certaines peuvent être vues comme des antihéroïnes, souvent incomprises, dont l’image publique a été faussée, ou qui sont des figures tragiques.

Cet acte de « refiguration », par lequel elle traite les photographies comme des entités physiques, explore les connexions entre la représentation, l’identité, l’histoire et la mémoire. Les photographies portent les traces du passage du temps, l’effacement et la détérioration, une surface analogue à l’esprit et au souvenir. Les photographies, par leurs matériaux et supports, suggèrent une réévaluation de leurs sujets, permettent l’inclusion du regardeur, et déstabilisent l’idée d’une position fixe vis-à-vis de notre place dans le monde.

Photo : Servane Mary, Untitled (Property), 2016 – Impression jet d’encre sur cuivre, 122 x 165 x 23 cm – Photo : Raphaël Fanelli : Courtesy Triple V

Servane Mary

Quelles oeuvres allez-vous exposer pour « Babyliss » ?

Servane Mary : Des pièces en métal: cuivre, acier peint de façon similaire à une carrosserie de voiture, aluminium. Les plaques ont été imprimées inkjet à plat et ont été ensuite envoyées dans un atelier de métal pour y être courbées. Elles sont imprimées avec des images récupérées des années 50 de femmes motocyclistes.

Le titre de l’exposition se réfère au nom donné au fer à friser qui s’est popularisé dans les années 60 et que les femmes utilisaient pour boucler leurs cheveux. C’est une référence aux reliefs en forme de vague des pièces qui vont être présentées dans l’exposition de septembre à la galerie Triple V. J’ai empreinté le titre à Olivier Mosset qui, voyant les pièces à l’atelier à New-York, m’a indiqué avoir fait une toile de forme similaire (les courbes étaient dans le sens horizontal contrairement au miennes qui sont verticales) et que Sylvie Fleury avait nommée Babyliss.

Vous avez longtemps travaillé avec des supports légers : soie, mylar… Comment envisagez-vous le déplacement vers des supports rigides comme ceux présentés pour « Babyliss » : cuivre, métal ? Y-a-t-il un lien entre le support et le sujet ?

Servane Mary : Il s’opère toujours un rapport entre le choix de l’image et le matériau sur lequel je la transfère. Précédemment l’utilisation de la soie, des couvertures de survie ou encore du verre sur lesquelles les images de femmes, travaillant dans des usines d’armement lors de la Seconde Guerre Mondiale, d’activistes ou encore de « cowgirls » sont transférées, reflète une force et une fragilité à la fois. La temporalité de la position de la femme quand un certain pouvoir lui est donné est une question que j’interroge souvent dans mon travail. L’utilisation de matériaux plus solides me donne une plus grande satisfaction en terme de préservation et de durabilité et implique une relation plus forte à l’histoire collective et à la préservation de celle-ci.

Vous avez commencé en tant que peintre et vous travaillez aujourd’hui les techniques d’impression. Quelle continuité exprimez-vous entre la peinture et le médium pratiqué aujourd’hui ?

Servane Mary : Mes premières peintures, au sortir de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, étaient de larges formats à l’huile, peints d’après mes propres photos. J’ai ensuite abandonné l’usage de photos privées pour passer à l’usage de photos de presse. Je travaille toujours avec l’image, c’est seulement le médium qui a changé. Au départ, peindre était une extension naturelle de ce que j’avais appris à l’école. Cela m’a pris un certain temps de l’abandonner. Mais 6 mois après avoir déménagé à New-York, je me suis rendue compte que peindre n’avait plus de sens pour moi car je n’étais plus intéressée par le médium. Mon intérêt était porté sur l’image. J’ai donc commencé à travailler avec l’image imprimée et j’ai continué à mettre en place cette sorte d’archive sur laquelle je travaille encore aujourd’hui, dans un acte de « refiguration ».

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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