L’Inca et le Conquistador s’installent pour l’été au Musée du Quai Branly

L'Inca et le Conquistador - Musée du Quai Branly

Les deux principaux protagonistes de la conquête du Pérou , le souverain inca Atahualpa et le conquistador Francisco Pizarro font l’objet de l’exposition estivale du musée du Quai Branly. Deux personnages illustres, deux personnalités que tout opposait, la confrontation de deux univers qui allaient faire face, tout en s’affrontant, à une révolution tant politique, économique, et culturelle que religieuse.

Le Tahuantinsuyo inca (v. 1450-1532), plus grand empire jamais connu dans les Amériques, et l’empire espagnol alors en pleine expansion sous le règne de Charles Quint, furent tous deux profondément marqués par la rencontre et l’affrontement de ces deux hommes.

L’exposition relate les moments forts de l’histoire du continent sud -américain des années 1520 jusqu’à 1541, date de l’assassinat de Pizarro par les siens. Des récits espagnols et andins de la Conquête, aux visions bien différentes, des objets incas et hispaniques d’une grande rareté et diversité, témoins de cette époque, illustrent cette page importante de l’histoire dont les versions sont multiples, tout en mettant l’accent sur la rencontre avec l’Autre. Armures, cartes géographiques du début du 16e siècle, chroniques espagnoles et gravures évoquent les premiers temps de la conquête espagnole du Nouveau Monde et l’arrivée de Pizarro sur le continent américain.

Les deux protagonistes de l’exposition sont présentés en vis à vis, et à travers Pizarro et Atahualpa, ce sont les deux empires dont les destins vont se croiser qui sont présentés. Tout en prenant conscience du contexte historique et politique du Nouveau Monde à cette époque, on y découvre quelles étaient les ambitions espagnoles en Amérique du Sud et les expéditions que menaient Pizarro pour conquérir le riche royaume du Pérou. Parallèlement, le visiteur découvre le Tahuantinsuyoinca, son mode de gouvernance et la rivalité fratricide qui existait entre les princes Atahualpa et Huáscar, rivalité qui déboucha sur une guerre civile et la prise de pouvoir d’Atahualpa. Au premier temps de leur rencontre, ces deux empires rentrent dans une période d’observation, échangeant et tentant d’instaurer un dialogue.

Armes et armures, incas et espagnoles, peintures, textiles, pièces d’orfèvrerie et céramiques illustrent cette mise en scène du pouvoir, avant l’affrontement. Le destin de ces deux peuples, inca et espagnol, se rejoindra à Cajamarca le 16 novembre 1532. Ce jour là, les Espagnols entrent dans la ville, et le dialogue est rompu ; ils enlèvent Atahualpa, demandent une rançon qui est versée par les incas et font l’impensable: l’exécution du fils du Soleil le 26 juillet 1533.

Pizarro mènera la conquête de l’Empire inca, les troupes espagnoles prenant  la capitale impériale de Cuzco qui marque une étape historique tant le symbole est fort et les trésors nombreux. Les expéditions espagnoles se poursuivent dans tout l’empire, au Nord comme au Sud fondant des villes, telle Lima qui devient la capitale des Espagnols sur l’Océan Pacifique.

Mais les tensions sont vives et  montent dans les deux camps. Les espagnols sont assiégés à Cuzco par le nouvel inca qu’ils avaient eux-mêmes nommés :  Manco Inca qui attaque Lima. Au sein du camps espagnol, de grandes rivalités entre conquistadors provoquent une guerre civile, qui aboutit à l’assassinat de Diego de Almagro, associé de Pizarro, ainsi qu’à l’exécution de ce dernier en 1541.

L’année suivante, les Nouvelles lois des Indes provoqueront le soulèvement des conquistadors au Pérou, contre la couronne espagnole, avec à leur tête le frère de Pizarro dont la défaite marquera le terme de la conquête du Pérou. La société deviendra alors multiculturelle, l’héritage ibérique fusionnant avec les legs indigènes et servant encore aujourd’hui de bases à l’identité collective du Pérou du XXIè siècle. L’exposition permet d’admirer des éléments témoignant des soins  apportés par les indigènes au  corps sacré de l’inca défunt, Atahualpa, qui fut enterré à Cajamarca, et dont la momie fut emportée dans un lieu resté secret tandis que se mettait en place un culte autour de sa personne.

Une bien belle page d’histoire présentée de manière ludique et approfondie.

Commissaire : Paz Núñez-Regueiro, responsable de collections Amériques au musée du quai Branly

Photo by Jean Marc Lebeaupin pour artsixMic

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