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La Maison de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye

Colette

La Maison de Colette située à à Saint-Sauveur-en-Puisaye a ré-ouvert ses portes au public

Cinq ans après son rachat par l’Association « La Maison de Colette » et à l’issue d’un lourd chantier de réhabilitation et de restitution, la demeure natale de l’écrivaine, à Saint-Sauveur-en-Puisaye dans l’Yonne, a ré-ouvert ses portes au public le 25 mai dernier.

C’est dans « La grande maison grave et revêche » que Colette passa les 18 premières années de sa vie, y vivant les moments heureux de son enfance et de son adolescence entourée de parents aimants, s’y est frottée à la nature domestiquée du jardin de sa mère et au-delà de ses murs, à celle de sa Puisaye natale. Elle y mena sa vie d’écolière, fut reçue en juin 1885 aux épreuves du certificat d’études et, en Juillet 1889, au brevet élémentaire. Ce sera la fin de ses études. Colette l’a souvent évoquée, cette maison, nous permettant d’imaginer le cadre et l’ambiance bienveillante du paradis de sa jeunesse.

« Ma maison …/… reste pour moi ce qu’elle fut toujours: une relique, un terrier, une citadelle, le musée de ma jeunesse… Colette, La retraite sentimentale, 1907. » Cette maison bourgeoise, située au 8 rue de l’Hospice (actuellement rue Colette), à Saint-Sauveur-en-Puisaye, n’est pas une demeure d’écrivain comme une autre. Elle tient une place très forte, centrifuge dans ses romans ; tel un personnage, elle tient un rôle à part entière et c’est cette relation privilégiée qui fut à l’origine du projet.

Colette quittera à jamais sa maison en 1891, en raison des difficultés financières de la famille ; celle-ci fut louée puis vendue. Si Colette eut de nombreux détracteurs, ses passionnés furent fidèles, notamment les membres de la Société des amis de Colette créée en 1956, deux ans après sa mort. Ses descendants se sont employés à sauvegarder son héritage, notamment sa fille, Colette de Jouvenel qui souhaitait créer un musée consacré à sa mère; elle avait songé à l’appartement du Palais-Royal qui finalement sera vendu mais dont elle récupérera les meubles aujourd’hui visibles dans le château de Saint-Sauveur qui abrite le Musée Colette. L’ouverture de la maison de Saint-Sauveur marque une étape essentielle pour la transmission de ce patrimoine architectural et littéraire.

La maison fut sauvée au terme d’un bien long combat, et sept ans s’écoulèrent entre l’annonce de la vente de la maison et le début des travaux de restitution ! 7 ans de mobilisation pour trouver les financements nécessaires, et comme le précise Frédéric Maget « Nous avons très vite compris que l’initiative ne viendrait pas des pouvoirs publics et qu’il fallait ouvrir la voie… »…En 2015 fut ainsi lancé une souscription nationale par la Fondation du patrimoine qui permit de récolter 150.000 euros dont 100.000 euros de la fondation Total.

Le projet consista à restaurer et à restituer la maison telle que Colette l’avait connue et décrite dans son œuvre, et cela a nécessité la mobilisation des connaissances littéraires et des savoir-faire d’entrepreneurs, peintres et décorateurs. « Tout est encore devant mes yeux, le jardin aux murs chauds, les dernières cerises sombres pendues à l’arbre, le ciel palmé de longues nuées roses, tout est sous mes doigts : révolte vigoureuse de la chenille, cuir épais et mouillé des feuilles d’hortensias, et la petite main durcie de ma mère… » Colette, La Maison de Claudine, 1922.

La maison est ainsi devenue le plus important centre d’archives Colette au monde avec des lettres, manuscrits, livres, objets et photographies. Le Centre d’archives regroupe les fonds gérés par le Centre d’études Colette et est complété par le dépôt des archives de la Société des amis de Colette et par des legs de collectionneurs privés. D’autres collectionneurs ont d’ores et déjà manifesté l’intention d’y remettre des documents inédits, des correspondances, des photographies, des éditions originales.

Le fonds sera mis en valeur par le biais d’expositions dans la maison ou au musée. L’accès aux archives se fait sur demande motivée. Afin de faciliter des travaux universitaires ou éditoriaux, un studio pour un auteur ou un chercheur en résidence, est aménagé dans ce qui était la chambre de Mélie, la nourrice de Colette et sera ouvert dès l’automne prochain.

De nombreuses festivités y sont d’ores et déjà programmées :

– « les rencontres Colette » Quatre festivals ponctuent l’année, en lien avec un aspect de la vie ou de l’œuvre de Colette. Deux rencontres sont déjà bien installées en accompagnement du projet: le Festival international des écrits des Femmes et le Festival « Comme ça me chante ». Deux nouvelles rencontres seront initiées : « Les Journées du goût » en 2017 et le Festival « Corps en scène » en 2018.

– Le festival international des écrits de femmes, 2e week-end d’octobre Consacré à la valorisation de la place des femmes par leurs écrits dans les grands mouvements de la littérature, des idées ou de l’histoire. L’organisation de ce festival est présidée par un comité d’honneur prestigieux (Élisabeth Badinter, Julia Kristeva, Laure Adler, Benoîte Groult, Annie Ernaux…) et un comité scientifique. Le Festival se déroule durant un week-end, il est consacré à un auteur, un thème ou une période. Présidé par une personnalité en relation avec le thème choisi, il réunit des spécialistes français et étrangers autour d’une programmation associant rencontres, lectures, débats, projections. La première édition a eu lieu en octobre 2012, sur le thème « Femmes et journalisme », la cinquième édition aura pour thème « Les Féminismes », les 8 et 9 octobre 2016.

– Festival « Comme ça me chante ! », dernière semaine de juillet Colette fut toute sa vie musicienne (elle apprit notamment le piano) et fut également témoin de la naissance de la musique moderne au début du XXe siècle. Habituée des salons de la princesse de Polignac et de Madame de Saint-Marceaux, elle lia des amitiés durables avec de nombreux musiciens : Fauré, Chausson, Debussy, Saint-Saëns, Hahn, Ravel, Poulenc… Elle consacra de nombreux textes à la musique et à ses amis musiciens, écrivit le livret de l’Enfant et les Sortilèges de Ravel et de mélodies signées Poulenc, Damase, Wolff… « Comme ça me chante » fait une large place à la mélodie française, dont elle célèbre les charmes et propose des master-class, des ateliers jeune public et des concerts faisant intervenir des artistes de renom: Felicity Lott, Stéphanie d’Oustrac, Alexandre Tharaud, Lambert Wilson, Juliette… et de jeunes talents.

– Dès 2017, les journées du goût (rendez-vous en 2017) Présidée par Bernard Pivot, cette manifestation célèbre la gourmandise et la littérature. Un mariage si bien scellé par Colette dans son œuvre. L’objectif est double : associer le développement du goût à l’acquisition du vocabulaire pour restituer la diversité des saveurs. Organisée autour d’un thème emprunté à l’œuvre de Colette, la manifestation, ouverte aux parents comme aux enfants, propose des ateliers culinaires et littéraires, des lectures et des tables rondes.

– En 2018, Festival « Corps en scène » Colette fut pendant six années mime et comédienne, à ce titre, le travail sur le corps fit partie de ses apprentissages. Dans son appartement de la rue de Courcelles, elle disposait d’un petit gymnase avec barres parallèles et agrès. La danse, le mime, la comédie et même le cirque, Colette explorera divers modes d’expression corporelle. Elle laisse par ailleurs de nombreux écrits sur le monde du théâtre. Le Festival « Corps en scène » sera l’occasion d’illustrer la dimension contemporaine de l’œuvre de Colette en donnant à voir de jeunes metteurs en scène et interprètes (mimes, danseurs, acteurs) qui ont placé le corps au centre de leur travail et de leur réflexion. Une programmation annuelle pour rendre Colette accessible à tous.

– Écouter, voir et participer Conférences, lectures, projections… offrent aux visiteurs des compléments, des angles de vue sur l’œuvre de Colette et son époque ; des ateliers proposent des approches participatives par le biais de la photographie et de l’écriture. Des ateliers d’écriture gratuits ont été initiés à destination du public local.

– Projets éducatifs pour les scolaires Le jeune public fait l’objet d’une attention toute particulière. Localement, les élèves de l’école primaire et des collèges de Saint-Sauveur, Bléneau et Saint-Fargeau sont associés au projet de façon pérenne avec notamment la charge du potager (sous la direction d’un jardinier), des ateliers culinaires à partir des récoltes du potager et la mise en place du sentier Colette dans la campagne environnante. Tout au long de l’année, dans le cadre d’un projet éducatif, les scolaires peuvent participer à une classe patrimoine avec 5 jours et 4 nuits sur place. Des activités spécifiques leur sont proposées (ateliers, visites thématiques etc.) ainsi que des outils médias propres à fac faciliter leur accès aux messages de la vie et de l’œuvre de Colette

– Randonnée à thème « Sur les pas de Colette » :Parcours ombragé en Puisaye. Agréable par tous temps. Tous les Mercredis de Mai à Septembre sur Inscription à l’Office de Tourisme (hors période sur demande). Avec guide et lecture des textes de Colette sur les sites décrits.  Possibilité d’accompagnement de la randonnée en Anglais.

Musée d’un nouveau genre où impressions et sensations s’emplissent d’émotion, la maison de Colette, baignée d’une lumière bleue, couleur chère à l’artiste, est à découvrir pour revivre à l’heure de cette femme de lettres française, connue surtout comme romancière, mais qui fut aussi mime, actrice et journaliste.

Photo : DR

Colette

Informations pratiques

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