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La Fondation MAPFRE présente une rétrospective du photographe Emmet Gowin

Emmet Gowin
Edith, ile de Chincoteague (Virginie), 1967 – Tirage gélatino-argentique
© Emmet Gowin, courtesy galerie Pace/MacGill, New York

La Fondation MAPFRE présente du 29 mai au 1er septembre une exposition rétrospective du travail du photographe américain Emmet Gowin. Cette présentation, comprenant environ 200 oeuvres constituera la plus grande exposition monographique du photographe à ce jour, et la première en Espagne de l’un des photographes les plus originaux et influents des cinquante dernières années.

La recherche artistique d’Emmet Gowin est clairement influencée par son éducation et ses origines. Gowin nait à Danville (Etat de Virginie) il y a soixante-douze ans, d’un père pasteur méthodiste et d’une mère descendante d’une communauté de Quakers. Dans cette famille profondément religieuse cohabitent cependant deux conceptions théologiques bien distinctes. Face au caractère autoritaire et exigeant de son père, le jeune Emmet s’identifie rapidement à une vision douce et compatissante de la foi incarnée par sa mère. En 1955, la famille déménage sur l’ile de Chincoteague, ou il passe son temps libre à développer un goût spontané pour le dessin, inspiré par la beauté de la faune et la flore des environs. En 1961, il commence une licence en Arts Graphiques à Richmond. Il se passionne pour l’actualité artistique et pratique avec enthousiasme le dessin et la peinture. Il se rend cependant compte rapidement que la photographie est le medium lui permettant de traduire le mieux le hasard et l’inattendu, et les horizons créatifs illimités qui en découlent.

Ses premières influences viennent la consultation de livres et catalogues de grandes signatures telles que Robert Frank, Henri Cartier-Bresson, Eugène Atget ou Walker Evans. Deux ans après avoir commencé à pratiquer la photographie, avec un appareil Leica de 35 mm acquis en 1962, Gowin ressent cependant le besoin de créer son propre style.

Les premiers portfolios qu’il élabore en 1965, juste avant d’intégrer l’école de design de Rhode Island (RISD), et un an après son mariage avec Edith Morris, sont composés d’images à la technique simple, et de thèmes variés issus du quotidien : enfants, jeunes et adultes dans la vie de tous les jours, voitures, vieilles églises, paysages ou portraits de son épouse. Edith est également originaire de Danville, d’une famille plus nombreuse et plus unie que le clan Gowin. La famille Morris jouera un rôle très particulier dans l’oeuvre de Gowin, et fut photographiée de manière très régulière entre l’été 1965 et le printemps 1967. C’est durant cette période que Gowin troque son appareil format 35 mm pour une chambre à soufflet de 4X5 pouces, qui apporte un point de vue différent, un traitement plus précis de l’objet, et une vision plus patiente et concernée. Il convient de noter l’influence importante qu’a jouée l’oeuvre d’Harry Callahan sur cette évolution de son travail. Callahan dirigeait alors le troisième cycle de Gowin à la RISD.

Une nouvelle étape s’ouvre pour le couple en 1967. Gowin se voit proposer un poste de professeur à l’Institut d’Art de Dayton. Edith et Emmet s’installent dans l’Ohio juste avant la naissance de leur premier fils Elijah. Les quatre années passées à Dayton correspondent à une évolution conceptuelle intuitive et introspective de son travail d’artiste. La simplification des sujets est radicale, et se réduit progressivement à un modèle principal, Edith, sujet principal de cette nouvelle partie de son oeuvre. Les images de cette période montrent une vision artistique propre et personnelle, dont la force réside dans le lien de respect et d’amour profond entre l’artiste et son sujet.

Au début des années 1970, un hasard pousse Gowin à utiliser une lentille de 4X5 pouces montée sur un appareil de format 8X10. Le résultat donne des images fortement vignettées, circulaires, qui transmettent la sensation d’accéder à un espace interdit, à une réalité mystérieuse et secrète. Derrière la lentille, il continue de placer son épouse et sa famille, avec un nouveau protagoniste : son second fils, Isaac, à la fois durant la grossesse d’Edith, et après sa naissance.

Emmet Gowin ressent à nouveau le besoin de renouer avec la nature et les paysages. Il s’intéresse alors aux effets de l’activité humaine sur son environnement. Il voyage en Europe et en Asie, ou il réalise certaines des séries qui sont présentées dans l’exposition (photographies de Matera, en Italie, ou de Pétra en Jordanie). Il renoue avec le format rectangulaire traditionnel. Mais rapidement il continue à avancer dans sa recherche documentaire sur les paysages, en s’initiant à la photographie aérienne.

Il s’intéresse particulièrement aux conséquences dévastatrices de l’éruption du volcan St Helens, et à la destruction des territoires sous l’action humaine dans le Middle West et le Far West américains, ainsi que dans d’autres pays tels que la Tchécoslovaquie. Ce travail est à l’origine d’un catalogue complet de l’exploitation humaine du territoire : les systèmes d’irrigation du Kansas, qui consomment des millions de mètres-cube d’eau, alors qu’elle y est absente naturellement, les déserts du Nevada transformés en un paysage lunaire à la suite d’essais nucléaires, ou encore les mines de charbon à ciel ouvert et les centrales thermiques tchéquo-slovaques qui contaminent un immense territoire autour d’elles.

Ces dernières années, Gowin a traduit également dans son oeuvre la fascination qu’il a toujours eue pour les insectes. Il voyage en Amérique Latine, avec l’objectif d’acquérir des connaissances en biologie tropicale et de réaliser un travail scientifique de catalogage. Il y photographie des milliers de papillons de nuit. Tout au long de ce processus, et de manière apparemment fortuite, il récupère un portrait d’Edith qu’il garde dans son portefeuille, et décide de nouveau de faire de sa femme le sujet central de ses créations. La fusion de ces deux passions nait la série Papillons de nuit : Edith au Panama.

Enfin, il y a à peine quelques mois, Emmet Gowin a souhaité pointer son objectif sur les terres andalouses, produisant certaines des photographies aériennes de l’exposition, produites exclusivement pour l’occasion.

Afin d’étoffer les contenus de l’exposition et de la rendre accessible au grand public, un site web lui est spécifiquement consacré : http://www.exposicionesmapfrearte.com/emmetgowin

  • Commissaire : Carlos Gollonet

FUNDACIÓN MAPFRE, Institut culturel
Salle AZCA, av. General Perón nº 40, Madrid-Espagne

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