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Kristján Gudmundsson « Dessins et Dessins Olympiques »

Kristján Gudmundsson
Kristján Gudmundsson

C’est à travers le dessin que Kristján Gudmundsson s’exprime le mieux. Pendant son séjour à Amsterdam (1970-­79 ) il réalise ses premiers dessins, Supersonic Drawings en tirant une balle de fusil le long d’une feuille de papier de telle façon que la balle touche légèrement le papier et la poudre brûlée laisse une trace linéaire ». Un geste qui provoque à la fois admiration et peur et rend le pouvoir du Chronos visible. Avec Equal -­ Time -­ Lines ( 1974 – 1975 ) et Faster and Slower Lines (1975 – 1976 ) il écrit littéralement le temps en tirant des lignes sur un papier buvard blanc à l’aide d’une règle, un chronomètre et un stylo à encres noire, rouge ou bleu.. C’est à travers de ce laboratoire de la création qu’est le dessin que Gudmundsson découvre une infinité de possibilités spatiales et temporeles, qui l’emmène à s’intéresser aux outils même de base, le papier, l’encre, le crayon, le pinceau, et le graphite, la recherche de l’essence même du dessin semble être au centre de ses préoccupations.

En évoquant le mot dessin on pense aussi à l’écriture, tant ces deux mots sont liés à une étymologie grecque commune, graphein, qui signifie « écrire » et d’où sont issus « graphisme » et « graphie », des mots intimement liés au tracé de la ligne, et à une matière chère à Gudmundsson : le graphite. Ses Dessins Olympiques sont composés de 4 lignes horizontales en graphite de 130 cm de longueur et accompagné d’un objet d’athlétisme, faisant ainsi référence aux Jeux Olympiques. Plutôt que d’utiliser le graphite pour dessiner les lignes à la main Gudmundsson fait de chaque dessin un reliefs sculptural et lui attribue un genre en posant des instruments d’athlétisme à côté, tel que le poids féminin ou le poids masculin. Fervent amateur de Dürer, ce n’est pas par hasard si Gudmundsson achète le graphite qu’il utilise à Nuremberg, ville natale du maître. En dehors des liens esthétiques entre les lignes en graphite, les objets d’athlétisme et l’énergie qu’ils dégagent, n’y aurait-­‐il pas une volonté de nous amener à réfléchir sur un éventuel rapport entre le dessin et la compétition physique dès l’origine ? Deux champs apparemment fort éloignés l’un de l’autre, mais qui pourtant se croisent, s’interrogent, se nourrissent et qui ont des liens qui les unissent par exemple au travers des classements, concours, compétitions, trophées et prix.

Kristján Guðmundsson a représenté l’Islande à la Biennale de Venise en 1984 et en 2010 il reçoit un des plus prestigieux des prix nordique, Carnegie Art Award pour ses Sound-­‐absorbing paintings. En dehors de nombreuses expositions monographiques et collectives à travers le monde, Gudmundsson a participé récemment à des expositions tel que Ends of the Earth : Land Art to 1974 au Musée d´Art contemporain de Los Angeles ( MOCA) et Haus der Kunst à Munich et Explorateurs au Musée de l’Abbaye Sainte-­‐Croix, Ville des Sables d’Olonne en 2012. L’exposition Dessins et Dessins Olympiques à la Galerie Martine et Thibault de la Châtre est la première exposition à Paris de Kristján Gudmundsson depuis sa participation à l’exposition inaugurale du Centre Pompidou en 1977 Ça va, ça va, où il avait exposé à côté de son frère Sigurdur Gudmundsson et de leurs amis Hreinn Fridfinnsson et Thordur Ben Sveinsson.

  • Exposition du 5 octobre au 2 novembre 2013

galerie martine thibault de la châtre

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