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Hommage à Will Eisner l’un des géants de la bande dessinée du XXe siècle

Will Eisner

Présentée sur 400 m2 dans une scénographie monumentale signée par l’atelier Lucie Lom, l’exposition « Hommage à Will Eisner » comprend plus de 120 planches originales, imprimés, croquis, esquisses, photos, lettres manuscrites… Une occasion unique de découvrir le travail de ce génie de la bande dessinée américaine.

L’américain Will Eisner est sans aucun doute l’une des figures majeures de la bande dessinée du XXème et l’un de ses plus grands auteurs. Il connaît un premier grand succès avec Le Spirit, bande dessinée de détective qu’il crée en 1940 et anime jusqu’en 1952. The Spirit, lancée dans les pages du dimanche, devient vite une bande quotidienne qui a droit à son propre comic book dès 1942. Cette année-là, Eisner, mobilisé, doit cependant abandonner le personnage, et se concentre alors sur le moral des troupes, dessinant des posters ainsi que des bandes dessinées destinées à lutter contre les négligences des soldats.

Après guerre, Eisner reprend les aventures du Spirit, utilisant son personnage pour explorer des genres très diversifiés, de la science-fiction à l’exploration de la vie quotidienne américaine, mais, sans succès, il abandonne la série et se consacre surtout à l’illustration éducative ou publicitaire, ainsi qu’à la pédagogie en tant que professeur à l’école des Arts visuels de New York et à la rédaction de guides humoristiques. C’est justement à ce moment-là que les critiques et historiens de la bande dessinée se mettent à découvrir Spirit. Le public redemande de nouvelles aventures du héros et Eisner reprend la bande dessinée dans les années 80, après avoir reçu quelques années plus tôt le grand prix de la ville d’Angoulême.

En 1978, Un pacte avec Dieu marque la naissance américaine du « graphic novel » (roman graphique) selon l’expression qu’Eisner forge lui-même. Il déploie cette veine dans ses ouvrages suivants, parmi lesquels L’Appel de l’espace (1978-1980), Big City (1985-1992) ou Fagin le Juif (2003). Sa dernière œuvre, Le Complot, consacrée au Protocole des Sages de Sion, est publiée peu de temps après sa mort, en 2005. Il s’intéresse dans ses ouvrages à la vie urbaine, à la judéité et plus généralement aux relations entre les hommes. Il profite de cette deuxième carrière pour publier deux importants ouvrages consacrés aux techniques et à la théorie de la bande dessinée, La Bande dessinée, art séquentiel (1985) et Le Récit graphique. Narration et bande dessinée (1995). Il a aussi eu l’occasion d’expliquer son travail au travers de nombreuses conférences.

L’influence de Will Eisner a été considérable dans l’histoire de la bande dessinée, à tel point que les prix décernés chaque année aux meilleurs auteurs de bande dessinée portent son nom, les « Eisner Awards », et c’est la richesse de cette œuvre que l’exposition souhaite rendre présente et accessible à une diversité de publics.

La scénographie de l’exposition, qui s’étend sur 400 m2, suit un déroulé chronologique permettant de découvrir tous les aspects de l’œuvre du grand Will. La première section, à l’aide de dessins, photos et publications d’époque, traite de l’enfance de Will Eisner, de sa naissance à ses premières publications. La section 2 raconte comment Will Eisner a croisé en 1936 la route de Jerry Iger, éditeur du magazine Wow et comment les deux hommes s’associent bientôt et montent l’Eisner & Iger Studio.

La troisième partie de l’exposition, et de loin l’une des plus conséquentes, est consacrée au personnage emblématique d’Eisner ; The Spirit. La section suivante couvre la période débutant en 1946 durant laquelle Eisner se lance pour son propre compte dans l’édition de comics et crée pour cela un label et un nouveau héros, John Law, qui ressemble de façon troublante au Spirit. L’aventure tourne court et Eisner, dans la foulée, fonde en 1948 American Visuals Corporation, entreprise pionnière dans ce qu’on appelle la « communication visuelle »

La section finale est consacrée aux 35 dernières années de la vie de l’auteur et traite, en 5 sous chapitres, des questions d’autobiographie, de grammaire narrative et de vocabulaire graphique, du tropisme littéraire d’Eisner professeur et professionnel et enfin de la judéité et du racisme.

Dans chacune des sections de l’exposition, des interviews données par Eisner, ses assistants, les éditeurs et spécialistes qui l’ont côtoyé seront consultables sur écran. Des extraits de Will Eisner, Portrait of a sequential artist seront diffusés dans l’exposition. L’exposition comprendra plus de 120 planches originales, imprimés, croquis, esquisses, photos, lettres manuscrites…

De nombreuses activités ont été organisées par les équipes de la Cité autour de l’exposition afin accompagner petits et grands. Parcours jeu, ateliers graphiques, jeux de rôles, expériences scientifiques, stages, visites accompagnées seront autant de façons de découvrir l’univers de Will Eisner en s’amusant.

Enfin, le cinéma de la Cité et l’association Hidden Circle saluent le créateur du Spirit et proposent tout au long de la présentation de l’exposition de (re)découvrir sur grand écran des pépites de l’âge d’or du film noir, en version originale sous-titrée. Une première soirée à ne pas manquer le mardi 31 janvier : En quatrième vitesse de Robert Aldrich (1955), suivi de La soif du mal, chef-d’œuvre d’Orson Welles (1958) avec Charlton Heston et Janet Leigh.

Grand Prix du Festival d’Angoulême dès 1975, Eisner aimait Angoulême et la bande dessinée européenne. Il était normal que la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image et le Festival unissent leur efforts pour rendre hommage à l’un des géants de la bande dessinée du XXe siècle.

Commissariat : Jean-Pierre Mercier – Stéphane Beaujean

© Will Eisner Studios, Inc.

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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