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Anton Hirschig : On a retrouvé le voisin de palier de Vincent van Gogh

Anton Hirschig - Vincent van Gogh

Anton Hirschig (1867-1939), le dernier messager pour Van Gogh ! L’Institut Van Gogh expose deux toiles d’Anton Hirschig à l’Auberge Ravoux d’Auvers-sur-Oise.

L’Institut Van Gogh rendra hommage le 16 juin prochain, jour anniversaire de son arrivée à Auvers-sur-Oise, au Néerlandais Anton Hirschig, en exposant deux de ses toiles dans la chambre mansardée N°6 qu’il occupait à l’Auberge Ravoux. Cette chambre qu’il occupa en 1890, jouxtait celle de Vincent van Gogh, faisant de lui le témoin de l’agonie et de la mort du célèbre peintre.

Quelques semaines plus tôt, Anton Hirschig, alors âgé de 23 ans, s’était présenté à la galerie Goupil à Paris pour y rencontrer Theo van Gogh. Il décida aussitôt après de prendre la route pour se rendre au village d’artistes d’Auvers-sur-Oise, où résidait le frère de Theo, Vincent. Théo lui annonça, le 15 juin, la venue du jeune peintre en ces termes : « Il y a un Hollandais qui viendra te voir, il était recommandé par de Bock qui lui avait recommandé Fontainebleau, mais il le trouve pas à son gout. Je ne sais pas s’il a du talent, il n’avait rien à montrer »

C’est ainsi que, le 16 juin, Anton Hirschig, devient le voisin de palier de Vincent à l’Auberge Ravoux. Dans les jours qui suivirent, Vincent communiqua sa première impression à Theo : « C’est avec plaisir que j’ai fait connaissance avec le Hollandais qui est venu hier. Il a l’air bien trop gentil pour faire de la peinture dans les conditions actuelles. Si néanmoins il persiste à vouloir en faire je lui ai dit qu’il ferait bien d’aller en Bretagne avec Gauguin et Haan parce qu’il vivra là-bas de 3 francs par jour au lieu de 5 francs et aura de la bonne compagnie. »

Puis il ajouta quelques jours plus tard : « Le Hollandais travaille assez assidûment mais se fait encore illusion sur l’originalité de sa manière de voir, considérablement. Il fait des études à peu près comme en faisait Koning. Un peu de gris, un peu de vert avec un toit rouge, une route blanchissante. Que faut-il dire dans un cas comme cela, s’il a de l’argent alors certes il fait bien de faire de la peinture. Mais s’il faut qu’il intrigue beaucoup pour en vendre je le plains d’en faire, de la peinture, comme d’autres d’en acheter à un prix relativement trop élevé. Là, si pourtant il travaille seulement bien assidûment tous les jours, il arriverait. Mais seul ou avec des peintres qui travaillent peu il ne ferait pas grand-chose je crois. »

Quant à Adeline Ravoux, la fille des aubergistes, elle compléta ce portrait en ajoutant : « Tommy Hirschig […] était un joyeux garçon, pas un travailleur acharné, plus préoccupé par les jolies filles que par la peinture.» La jeune femme, qui pensait que Vincent ne le prenait pas très au sérieux, mentionna plus tard que Anton parlait très mal français, obligeant les deux hommes à converser en hollandais.

Anton laissa derrière lui le souvenir d’un jeune homme au caractère enjoué, peignant plus par amusement que par véritable passion. L’analyse de Vincent van Gogh se confirma d’ailleurs bien vite : Hirschig ne laissera guère de trace dans l’histoire de l’art !

Par contre, son nom est à jamais lié à celui de l’illustre peintre, ayant été chargé par le Dr Gachet d’apporter à Theo un message expliquant le drame qui se jouait à Auvers-sur-Oise, ce qui permettra aux deux frères d’être réunis pour la dernière fois. Vincent décéda dans la nuit du 28 au 29 juillet dans les bras de Théo.

Malgré le fait que seul cet événement lui conféra une place dans l’Histoire de l’Art, c’est la première fois qu’une exposition est consacrée à Hirschig. Trente ans auront été nécessaires pour retrouver des tableaux de cet artiste et, c’est au final, grâce à Me William Le Calvez de l’Hôtel des Ventes Drouot, que Dominique-Charles, président de l’Institut Van Gogh, a pu acquérir, lors d’une vente aux enchères, 3 toiles d’Anton Hirschig. Mme France de Viguerie les a magnifiquement restaurées et elles seront ainsi exposées à partir du 16 juin, encadrées d’un cadre en « bois blanc », en vérité un bois brut non peint, comme les aimait Van Gogh.

Photo : Anton Hirschig  (1867-1939) – Paysannes se reposant dans les champs © Institut Van Gogh

Anton Hirschig (1867-1939) - Sous Bois © Institut Van Gogh

Anton Hirschig à l'Auberge Ravoux

Auberge Ravoux dite « Maison de Van Gogh »
Place de la Mairie
52-56 rue du Général de Gaulle
95430 Auvers-sur-Oise

http://www.maisondevangogh.fr/

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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