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A l’occasion de sa Présidence de l’Union européenne La République de Chypre propose de nombreuses expositions

Saint Démétrios, fresque provenant de l’église de Saint-Antoine de Kellia, XIIIe siècle. Chypre, Musée du monastère de Kykkos. © Kykkos, Musée du monastère.

A compter du 1er juillet 2012, la République de Chypre assumera la Présidence de l’Union européenne pour le second semestre. A cette occasion, de nombreuses expositions mettant en lumière l’histoire et le patrimoine culturel de l’île sont organisées :

Le Musée du Louvre, Espace Richelieu à Paris accueillera l’exposition « Chypre au Moyen Âge : entre Byzance, Orient et Occident » du 28 octobre 2012 au 28 janvier 2013. L’objectif est de retracer l’histoire artistique contrastée de l’île depuis le IVe siècle, qui voit triompher la nouvelle religion chrétienne dans tout l’empire romain, jusqu’à la conquête ottomane de l’île en 1571. Seront présentés 120 objets majeurs provenant de nombreux musées de l’île. (Voir ci-dessous)

Une exposition intitulée “Dialogues dans la culture : Chypre dans la Méditerranée antique” se tiendra du 30 Octobre 2012 au 17 Février 2013 aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Celle-ci mettra l’accent sur la culture antique de Chypre (le commerce, les relations internationales, la religion etc.) de la période néolithique à la fin de la période romaine. 200 objets provenant des musées de Chypre, de Belgique mais aussi du British Museum et de l’Ashmolean Museum à Oxford seront ainsi exposés.

Au Palazzo Quirinale à Rome, c’est “Aphrodite, Déesse de la Méditerranée” qui sera à l’honneur. L’exposition débutera le 17 octobre 2012 pour s’achever le 7 janvier 2013 et présentera le développement du culte d’Aphrodite de la Préhistoire à la période romaine.

Aux Etats-Unis, à l’Université Princeton, du 20 Octobre 2012 au 20 Janvier 2013, lumière sur  “Cité de l’Or : l’Archéologie de Polis Chrysochous à Chypre” autour des fouilles du royaume antique de Marion Arsinoe.

L’exposition “Anthropos : Visages de la Population Chypriote de la Préhistoire au 20ème siècle” se tiendra dans le Hall d’exposition du Musée de Chypre pour célébrer la Journée Internationale des Musées, la Nuit Européenne des Musées et la Présidence Chypriote de l’Union Européenne. Elle se concentrera en grande partie sur la représentation du visage humain tel qu’il est dépeint depuis le néolithique (7ème millénaire avant JC) jusqu’à l’époque romaine.

Chypre au Moyen Âge.
Entre Byzance, Orient et Occident

Le musée du Louvre propose de découvrir la chypre médiévale. Icones, enluminures, sculptures, fragments d’architecture, pièces d’orfèvreries et de céramique, 180 objets retracent l’histoire artistique contrastée de l’île. Depuis le IVe siècle, premier siècle byzantin, qui voit triompher la nouvelle religion chrétienne dans tout l’empire romain, jusqu’à la conquête de l’île par les Turcs en 1570, se développe dans Chypre un art qui témoigne de sa magnificence.

Étape incontournable des routes commerciales vers le Proche-Orient et la Palestine, l’île constitue d’abord une province prospère de l’Empire romain d’Orient qui commence à devenir « byzantin », où s’élèvent d’immenses basiliques. Sa richesse se mesure également à la splendeur du trésor dit de « Chypre » ou de Lamboussa-Lapithos, retrouvé au début du XXe siècle, aujourd’hui principalement partagé entre Nicosie, Londres et New York. Il fut enfoui lors de la conquête de l’île par les Arabes au milieu du VIIe siècle. Chypre est dès lors soumise à un étrange partage entre Arabes et Byzantins, qui ménage aux deux rivaux un accès égal à ses ports. L’île redevient byzantine au Xe siècle avec la reconquête de l’empereur Nicéphore Phocas. Elle offre jusqu’au XIIe siècle les contours d’une province prospère, qui se couvre d’églises aux décors de fresques remarquables, tandis que l’ermite saint Néophyte est la plus grande figure religieuse de la seconde moitié du XIIe siècle.

Cependant, avec les croisades, l’île devient au XIIe siècle un enjeu stratégique entre Orient et Occident pour le contrôle de la Terre sainte. À l’issue de la troisième croisade, en 1191, Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, parvient à s’emparer de l’île, avant de la céder aux chevaliers du Temple, puis au roi déchu de Jérusalem, Guy de Lusignan, issu d’une lignée aristocratique poitevine. Saint Louis lui-même, dans son rêve de reconquérir Jérusalem, vient séjourner dans l’île en 1248-1249. Chypre occupe alors une place singulière dans l’épanouissement d’une peinture d’icônes dite « des croisades » ou maniera cypria, qui opèrent une synthèse originale entre traditions grecques et latines tout autour de la Méditerranée orientale. En 1291, avec la chute d’Acre et des dernières possessions de Terre sainte, Chypre, devient l’avant-poste de l’Occident chrétien pour tout espoir de reconquête. Au milieu du XIVe siècle, Pierre Ier de Lusignan, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem, accepte même la couronne de Petite Arménie et rêve à son tour de croisade.

Sous le règne des Lusignan, se développe aux XIIIe et XIVe siècles un art de cour essentiellement gothique dont témoignent les chantiers des grandes cathédrales de l’île, mais qui ne s’interdit pas des apports byzantins, voire d’autres, issus des arts de l’islam. Toutefois, l’héritage byzantin orthodoxe subsiste très profondément et s’observe en particulier dans une série d’icônes de dévotion aux accents vernaculaires, parfois même populaires, où s’introduisent à la manière d’Occident des donateurs, tandis que la céramique profane à décor courtois ou animalier connaît un essor spectaculaire. Néanmoins, depuis le XIIIe siècle et la chute de Constantinople aux mains de la quatrième croisade en 1204, la montée en puissance des Vénitiens en Méditerranée est inexorable. En 1467, Catherine Cornaro, fille de patriciens de Venise, épouse le roi Jacques II dont elle hérite en 1474 de la couronne de Chypre, qu’elle cède sous la contrainte en 1489 au Doge de Venise. L’île commence à s’ouvrir alors à l’art de la Renaissance, tandis que la peinture d’icônes hésite entre innovation à l’italienne et tradition orthodoxe. En 1571, avec la chute de Famagouste, Chypre tombe aux mains des Turcs, victime de la lutte implacable entre Turcs et Vénitiens.

Rappels chronologiques :
I. Les premier siècles chrétiens (IVe -VIIIe siècles)
II. Entre Byzance et les arabes (VIIIe – Xe siècles)
III. Chypre : une nouvelle province byzantine (965-1191)
IV. Le règne des Lusignan (1192-1489)
V. Chypre bastion vénitien (1489-1570)

Commissaire général de l’exposition : Jannic Durand, conservateur général, adjoint au directeur du département des Objets d’art du musée du Louvre.

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