
Surnommé «l’œil de Bamako», Malick Sidibé (1935-2016) a façonné notre vision du Mali postcolonial. Loin des reportages journalistiques, son œuvre saisit un vaste autoportrait collectif, celui d’une jeunesse qui danse, s’invente et s’affirme dans l’euphorie des années de l’Indépendance. Sidibé raconte le Mali qu’il aime, heureux, fier et tourné vers son avenir.
“Les journalistes, en 2025, ne meurent pas, ils sont tués. Le nombre de journalistes tués est reparti à la hausse, du fait des pratiques criminelles de forces armées régulières ou non et du crime organisé.“RSF
Malick Sidibé raconte le Mali qu’il aime, heureux, fier et tourné vers son avenir.
Surnommé “l’oeil de Bamako”, Malick Sidibé (1935-2016) a façonné notre vision du Mali postcolonial. Loin des reportages journalistiques, son oeuvre saisit un vaste autoportrait collectif, celui d’une jeunesse qui danse, s’invente et s’affirme dans l’euphorie des années de l’Indépendance.
Malick Sidibé naît en 1935 à Soloba, un village situé au sud de Bamako, près de la frontière guinéenne. Très tôt remarqué pour ses qualités de dessinateur, il obtient un diplôme de joaillerie en 1955. Il se forme ensuite à la photographie auprès de Gérard Guillat, surnommé « Gégé la Pellicule ». Au début des années 1960, il ouvre son studio dans le quartier de Bagadadji, au cœur de la capitale malienne. Les portraits qu’il y réalise se distinguent . Parallèlement à son travail en studio, Malick Sidibé sillonne la ville en pleine transformation, porté par l’élan de l’indépendance récente du pays. Très vite, il devient une figure emblématique de Bamako, particulièrement appréciée de la jeunesse. Au début des années 1960, il ouvre son studio dans le quartier de Bagadadji, au cœur de la capitale malienne. Les portraits qu’il y réalise se distinguent par leur spontanéité et la proximité qu’il instaure naturellement avec ses modèles.
Parallèlement à son travail en studio, Malick Sidibé sillonne la ville en pleine transformation, porté par l’élan de l’indépendance récente du pays. Très vite, il devient une figure emblématique de Bamako, particulièrement appréciée de la jeunesse. Témoin et complice, il est de tous les bals clandestins et « surprises-parties », où les jeunes s’approprient de nouvelles influences venues d’Europe, des États Unis et de Cuba, adoptent la mode occidentale et rivalisent d’élégance. Durant les week-ends et les vacances, ces célébrations se prolongent jusqu’à l’aube, souvent sur les rives du fleuve Niger, qui traverse la ville de Bamako. De cette immersion au plus près de la jeunesse, Malick Sidibé rapporte des images vibrantes, traversées par la musique, l’énergie et la joie collective : autant de témoignages précieux d’une époque marquée par l’enthousiasme et l’espoir. Sidibé devient le chroniqueur sensible d’un moment historique, où l’intime rejoint le politique : la construction d’une identité collective et la conquête d’une modernité malienne.
Star au Mali, Malick Sidibé connaît une reconnaissance internationale à partir des années 1990, notamment grâce au travail de diffusion de la photographe Françoise Huguier.
Le public occidental découvre une photographie profondément moderne, capable de saisir l’intimité d’une génération tout en racontant l’histoire d’un pays en mutation. Sa reconnaissance mondiale grandit et culmine en2007, lorsqu’il reçoit le Lion d’or de la Biennale de Venise pour l’ensemble de son œuvre. Malick Sidibé meurt en 2016 à Bamako, laissant une œuvre immense, populaire et profondément humaniste, qui continue d’influencer la photographie contemporaine. Ses clichés sont devenus des icônes: ils célèbrent la jeunesse, la liberté d’être soi, et le portrait comme outil de passation et de mémoire.
Le portfolio de 120 pages propose une déambulation dans l’œuvre de Malick Sidibé, éclairé par les textes de Manthia Diawara, écrivain qui a bien connu Sidibé ; André Magnin, qui raconte leur rencontre dans les années 1990 ; Laura Serani, proche ami de l’artiste; et Omar Victor Diop, photographe sénégalais qui reprend à son compte les codes de la photographie de studio et rend un vibrant hommage à son aîné. Le portfolio s’ouvre sur un avant-propos de Françoise Huguier, qui a créé, en1994,les Rencontres de la photographie de Bamako.
RSF, 100 photos pour la liberté de la presse : Sortie le 5 mars 2026

1 Mademoiselle Kadiatou Touré avec mes verres fumés, Studio Malick, Bamako, 1969.
2 Toute la famille à moto, Studio Malick, Bamako, 1962
3 Yokoro, Studio Malick, Bamako, 1970.
4 Amis des Espagnols, Studio Malick, Bamako,1968.
5 Combat des amis avec pierres,1976 6 Un yéyé en position, Studio Malick, Bamako, 1963.
7 Regardez-moi !, 1962.
8 Django tire le premier, Studio Malick, Bamako,1971.
9 Un jeune gentleman, Studio Malick, Bamako,1978.
10 Les deux coépouses, Studio Malick, Bamako,1972.
11 Entraînement de boxe, Studio Malick, Bamako,1975.
© MALICK SIDIBÉ / STUDIO MALICK SIDIBÉ.
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